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Apple, Samsung, Sony et consorts accusés d'exploiter des enfants par Amnesty International

Amnesty International reproche aux grands groupes de fermer les yeux sur l'origine du cobalt utilisé dans la fabrication des batteries de leurs produits.

Un homme porte un sac de minerais entre Lubumbashi et Kolwezi, en RDC
Un homme porte un sac de minerais entre Lubumbashi et Kolwezi, en RDC
Crédit : AFP
Benjamin Hue & AFP

Amnesty International dénonce le coût humain des nouvelles technologies. L'organisation de défense des droits de l'Homme appelle l'industrie électronique et automobile à faire preuve de davantage de vigilance dans la traçabilité de ses approvisionnement en cobalt pour s'assurer que ce composant essentiel à la fabrication des batteries n'est pas produit par des enfants en République démocratique du Congo. Dans un rapportintitulé "Voila comment on meurt" publié mardi 19 janvier, Amnesty International interpelle les grands noms du secteur, qui se cachent derrière la difficulté d'effectuer eux-même la traçabilité de leurs chaînes de production.

Les chercheurs d'Amnesty International ont mené une enquête auprès de 16 multinationales, parmi lesquelles des grands noms comme Apple, Daimler, Lenovo, Microsoft ou Samsung, pour remonter toute la chaîne de production, de l'extraction du minerai à la fabrication des produits finis, en République démocratique du Congo. L'organisation de défense des droits de l'Homme affirme que ces sociétés sont dans l'ensemble incapables de déterminer l'origine du cobalt utilisé dans les batteries en lithium-ion fabriquées par des fournisseurs chinois qu'elles utilisent pour leurs produits.

Amnesty dénonce un manque de volonté

Le document met en cause la volonté de ces grands groupes. "Les entreprises disent qu'elles ne peuvent pas vérifier d'où proviennent les minerais et la façon de les extraire. Mais nous avons prouvé que c'est possible de reconstituer la chaîne. Nous demandons aux entreprises de donner ces informations", affirme à RFI Lauren Dean Amistead, chercheuse à Amnesty International. L'organisation appelle "les sociétés multinationales qui utilisent des batteries lithium-ion dans leurs produits à procéder à des contrôles en matière de droits de l'Homme en enquêtant pour savoir si le cobalt utilisé dans ces batteries est extrait dans des conditions dangereuses ou par des enfants, et à être plus transparents  sur leurs fournisseurs". 

Le rapport rappelle que la République démocratique du Congo assure à elle seule plus de la moitié de la production mondiale de cobalt. À côté de quelques grands groupes qui assurent l'essentiel de la production du pays, concentrée au Katanga, au sud-est de la RDC, des dizaines de milliers de mineurs clandestins, dont beaucoup d'enfants, travaillent dans des conditions d'hygiène et de sécurité déplorables, souvent au risque de leur vie pour une rémunération dérisoire dans des galeries souterraines creusées avec des outils rudimentaires.

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La République démocratique du Congo regorge de ressources minières mais reste l'un des pays les moins développés au monde. La richesse du sous-sol contribue à alimenter les conflits armés qui déchirent depuis plus de vingt ans l'est du pays, en particulier les provinces du Nord et du Sud-Kivu, grosses productrices d'or, d'étain, de coltan, et de tungstène.

Les entreprises américaines déjà accusées l'an dernier

Pour éviter que des entreprises ne financent indirectement les conflits en RDC, une loi américaine sur ces minerais dits "du sang" entrée en vigueur en 2014 impose aux sociétés cotées aux États-Unis de divulguer aux autorités de régulation boursière américaines si elles emploient ces matières premières, et, le cas échéant, de leur notifier si elles ont utilisé de tels matériaux extraits de la RDC ou de ses neuf pays voisins. Dans un rapport publié en avril 2015 avec l'ONG Global Witness, Amnesty International accusait les grandes entreprises américaines de négliger leurs obligations découlant de cette loi. 

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