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Une tumeur de 8 cm détectée in utero : comment un bébé a été soigné dans le ventre de sa mère avant sa naissance

Diagnostiquée au septième mois de grossesse, cette malformation vasculaire menaçait la vie d’un bébé à naître. Grâce à une prise en charge coordonnée entre les CHU de Strasbourg, Mulhouse et Lyon, un traitement inédit administré à la mère a permis de stopper l’évolution de la tumeur. Trois mois après sa naissance, le petit Issa se porte bien.

Un bébé (illustration).

Crédit : Aline Morcillo / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Une tumeur de 8 cm détectée in utero : un bébé soigné dans le ventre de sa mère avant sa naissance

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Agathe Landais

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La prouesse sanitaire a pu être réalisée grâce au travail de trois hôpitaux français, ceux de Strasbourg, Mulhouse et Lyon, qui ont tenté une approche innovante. Tout commence à la fin du septième mois de grossesse. Lors d’une échographie de contrôle, les médecins ont détecté l'anomalie.

Le docteur Chris Minella, gynécologue au CHU de Strasbourg, s'est souvenu de la gravité de la situation. "Au troisième trimestre a été découvert une malformation vasculaire au niveau du cou de 8 centimètres [de l'enfant]. La tumeur aurait pu grandir davantage. Je pense que sans ce traitement, les parents n’auraient probablement pas pu accueillir leur bébé", a-t-il expliqué au micro de RTL.

La masse, déjà volumineuse, évolue rapidement. Les médecins redoutent qu’elle ne comprime les voies respiratoires du bébé, compromettant sa survie à la naissance.

Un traitement administré via la mère

Face à l’urgence, les équipes des hôpitaux ont décidé de tenter une approche innovante. Plutôt que d’intervenir directement sur le fœtus, ils ont administré chaque jour un médicament à la mère, dans l’espoir qu’il traverse le placenta pour atteindre le bébé et freiner la progression de la tumeur.

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Le pari était risqué, mais il a fonctionné. Progressivement, l’évolution de la malformation a pu être maîtrisée, permettant de prolonger la grossesse dans de meilleures conditions. Cinq semaines après le début du traitement, l’enfant est né par césarienne. 

Le 14 novembre dernier, l’accouchement s'est déroulé sans complication respiratoire. "Ça s’est bien passé et l’enfant s’est immédiatement adapté, a immédiatement crié et n’a pas eu besoin d’être intubé. Il a de bonnes adaptations pour un enfant de son âge qui se développe bien", a précisé le docteur Chris Minella. Un soulagement immense pour les parents comme pour les équipes médicales.

Aujourd’hui, le petit Issa a fêté ses trois mois chez lui, entouré de ses parents. Il poursuit néanmoins un traitement destiné à stabiliser l’évolution de sa tumeur. 

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