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Les quatre bébés "reborn" de Xaline dans la banlieue d'Angers, le 4 février 2026.
Crédit : Vincent Serrano / RTL
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"Je suis maman reborn." Dans la banlieue d’Angers, Xaline, 28 ans, s'occupe au quotidien de quatre bébés "reborn", des poupées ultra réalistes d'enfants vendues, entre autres, sur Amazon, Temu ou bien Shein. On les découvre l'un après l'autre lorsqu'on entre dans son salon : le premier est assis dans le canapé, deux autres sont entourés de jouets dans un parc… et dans ses bras, Gaïa, un bébé de silicone "d'un mois" aux yeux fermés, avec une petite moue boudeuse et un bandeau rose autour d'une chevelure faite de vrais cheveux.
"50 cm pour 3,8 kg d'amour", décrit la jeune femme au moment de lui donner le biberon. "On peut vor les petites bulles qui se forment, il faut l'aider et appuyer sur la tétine. Elle a un système urinaire, elle déglutit et ça coule dans la couche", précise-t-elle, en tapotant le dos de Gaïa pour faire son rot.
"Cela m'apaise, j'ai la petite dans les bras et je ne suis plus du tout angoissée… C'est mon bébé, c'est mon enfant je l'ai adoptée", explique Xaline. Un bébé reborn est d'ailleurs toujours vendu avec un certificat de naissance, comme elle en a obtenu pour Saïno ("neuf mois"), Gabriel ("un mois") et Chloé ("un an").
"Beaucoup de personne me disent d'aller en hôpital psychiatrique, que c'est morbide… Mais quand j'explique mon vécu, que je n'ai pas d'ovaires… Les miens sont plats au lieu d'être ronds donc je ne peux pas avoir de bébé. Ces reborn, cela comble un manque. Cela me rappelle que je suis capable de materner", justifie cette maman, précisant savoir que ses enfants "ne sont pas vivants".
Son compagnon valide lui "totalement" cette pratique, d'après Xaline. "Je ne fais de mal à personne, c'est un chasseur d'anxiété", argumente-t-elle. Avoir des enfants "reborn" lui coûte toutefois cher : table à langer, lit parapluie, vêtements, arche de jeux, chaise haute à près de 4000 euros, poussette… Elle a tout acheté pour qu'ils se sentent bien.
Suivie par plus de 4.700 personnes sur les réseaux sociaux, elle partage son quotidien et échange régulièrement avec d'autres femmes : des mères qui ont perdu un enfant très tôt ou des grands-mères nostalgiques qui ont fait le choix, comme elle, d'adopter une poupée réaliste.
Preuve de l'ampleur du phénomène, certaines créatrices ont vu leurs commandes multipliées par cinq, voire dix, alors que ces poupées valent en moyenne plusieurs milliers d’euros. La marque Joué Club, qui en commercialise, en a vendu plus de 40.000 en sept ans en France.
Reste que certaines personnes vont trop loin pour faire le buzz, quitte à indirectement ternir l’image de ces bébés reborn et faire passer ces femmes pour des malades mentales. Thérèse Dune, une ancienne actrice X, a ainsi fait croire le mois dernier qu'elle avait ouvert une crèche spécialisée, ce qui s'est avéré totalement faux.
De leurs côtés, les psychologues sont de plus en plus nombreux à alerter sur les dangers de ces bébés "reborn". "Les gens ne font jamais les choses bêtement et j'ai beaucoup de respect pour les personnes qui ont recours à ces bébés", confie Valérie Denis, spécialiste dans le deuil périnatal. Et de nuancer : "C'est un moyen d'apaiser la souffrance, mais pas un moyen de traiter la souffrance".
Xaline, elle, n'exclut pas d'aller voir un psychologue si elle en ressent le besoin. Pour autant, sa priorité est d'adopter le mois prochain un cinquième bébé en silicone
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