3 min de lecture

Que se passe-t-il dans le cerveau d'un supporter de foot pendant un match ? Jimmy Mohamed explique pourquoi c'est "une véritable tempête chimique"

Ils sont passés par toutes les émotions samedi 30 mai 2026 lors de la finale de Ligue des champions entre le PSG et Arsenal, et devraient continuer à vibrer lors de la Coupe du monde. Les supporters sont connus pour être pleinement engagés aux côtés de leur équipe de cœur.

Les supporters du PSG célèbrent la victoire du PSG au stade Parc des Princes, à Paris, le 30 mai 2026.

Crédit : Kenzo TRIBOUILLARD / AFP

Que se passe-t-il dans le cerveau d'un supporter ?

00:03:37

Que se passe-t-il dans le cerveau d'un supporter ?

00:03:37

Jimmy Mohamed - édité par Ennio Aparicio-Szkudlarek

Je m'abonne à la newsletter « Infos »

Ils étaient nombreux à trembler, pleurer, s'indigner et exulter ce samedi 30 mai lors de la rencontre victorieuse du PSG en Ligue des champions. Les supporters ont l'habitude de passer par toutes les émotions lorsque leur équipe favorite concoure. Mais que se passe-t-il réellement dans leur tête au moment d'un match ?

Une véritable tempête chimique se déroule dans le cerveau d'un fan. Elle commence avant même le coup d'envoi. L'excitation va libérer de la dopamine, liée à l'anticipation de la récompense. La joie et les émotions sont très intenses alors que le match n'a pas encore commencé. 

Le supporter s'identifie à un groupe. Vous ne supportez pas une équipe, mais vous appartenez à un clan. Avec cela, des zones dans le cerveau impliquées dans la définition du soi vont s'activer. Cela signifie que votre cortex intègre littéralement votre équipe comme une extension de votre propre identité. 

Le cerveau se croit sur le terrain

En réalité, un supporter ne regarde pas un match de foot, il fusionne avec son équipe. Et ce n'est pas une vue de l'esprit. Lorsque vous regardez un joueur frapper au but, vous allez activer ce qu'on appelle des neurones miroirs. Ceux-ci s'activent en voyant quelqu'un faire quelque chose. 

À écouter aussi

Quand un attaquant tire et marque, votre cortex moteur s'active et vous avez l'impression que c'est vous qui avez tiré et que c'est vous qui avez marqué. Raison pour laquelle la joie est extrêmement intense et la testostérone varie au cours d'un match. 

Les femmes produisent également de la testostérone, mais l'étude utilisée pour parvenir à cette analyse a été réalisée chez des hommes. Cette étude de chercheurs de l'Université de Géorgie publiée en 1995 s'est concentrée sur la finale de la Coupe du Monde 1994 entre le Brésil et l'Italie. 

Un pic de cortisol en cas de match serré

Les scientifiques, qui ont dosé la testostérone chez les Brésiliens et les Italiens, ont réalisé qu'en cas de victoire des Brésiliens, les supporters produisent 20% de testostérone en plus, et 20% en moins en cas de défaite. Vous avez donc une variation chimique et hormonale. 

Plus le match est à suspense, plus votre corps produit du cortisol, l'hormone du stress. Cela explique pourquoi à la fin d'un match, on est tous au bout de notre vie, parce que notre organisme est véritablement en état de stress, d'où les sentiments de joie ou de tristesse souvent très intenses en cas de victoire ou défaite. 

Certaines fois, les personnes extérieures au football ne comprennent pas. Sauf que c'est un phénomène chimique : la joie est immense puisque vous allez produire une très grande quantité de dopamine, qui est d'autant plus importante que l'incertitude a été immense. 

Votre cortex réagit brutalement à une défaite

En cas de défaite, votre amygdale cérébrale va s'activer. Cette zone du cerveau est responsable de la douleur sociale, du rejet et de la perte. Lorsque votre équipe perd, c'est comme si vous avez échoué à quelque chose de très important, et vous avez une baisse brutale de la dopamine. Cela explique pourquoi on a presque la gueule de bois après une défaite. 

Paradoxalement, on ne comprend pas pourquoi certains supporters continuent d'encourager une équipe qui perd. Il existe certainement de l'attachement et des valeurs, mais on a également montré que plus l'incertitude d'une victoire est importante, plus elle va produire de la dopamine en cas de succès. 

Il peut aussi avoir des conjonctions de facteurs, notamment en cas de consommation d'alcool. Celle-ci anesthésie la première zone du cerveau, le cortex frontal, responsable des décisions logiques. Et lorsque vous consommez de l'alcool, ce cortex s'éteint et vous vous mettez à faire des choses déraisonnables. Ce n'est pas pour trouver une excuse aux casseurs, mais plutôt pour pourquoi pas interdire l'alcool dans les stades de foot.

La rédaction vous recommande

L’actualité par la rédaction de RTL dans votre boîte mail.

Grâce à votre compte RTL abonnez-vous à la newsletter RTL info pour suivre toute l'actualité au quotidien

S’abonner à la Newsletter RTL Info

Ne laissez pas Google décider de vos sources.

Ajouter RTL comme source préférée