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"Je suis essoufflé pour un rien" : yeux qui piquent, mal de tête, difficultés respiratoires… À cause du chlore, ces maîtres-nageurs ont des problèmes de santé

Aux abords des piscines, un risque invisible menace les maîtres-nageurs. Quand il y a trop de chlore dans les piscines, la chloramine, une molécule toxique, s'attaque à leurs poumons. Certains racontent avoir perdu 10% de leur capacité respiratoire à RTL.

Les maîtres-nageurs sauveteurs travaillent dans la piscine municipale de Bellevue à Toulouse, 27 juillet 2022.

Crédit : Frederic Scheiber / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

"Je suis essoufflé pour un rien" : yeux qui piquent, mal de tête, difficultés respiratoires... à cause du chlore, ces maîtres-nageurs ont des problèmes de santé

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Sarah Khelifi & Chloé Berry

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Alerte sur la santé des maîtres-nageurs. À cause de l'air qu'il respire au quotidien aux abords des piscines, le corps de métier est en proie à des maladies respiratoires. Le principal accusé : le chlore. Quand il y en a trop dans l'eau, cela peut créer de la chloramine, une molécule toxique qui s'évapore… et peut s'attaquer aux poumons des individus qui respirent l'air des bassins.

Résultat, entre 75 et 85% des maîtres-nageurs évoquent des difficultés respiratoires, des irritations aux yeux et des toux. C'est ce que révèle une enquête menée par le principal syndicat du secteur. 

"Ça finit par nous attaquer"

"Je sens une charge, comme si j'avais un sac à dos rempli de cailloux." C'est la réflexion que se fait Stéphane, employé depuis 30 ans par la ville de Paris, à chaque fois qu'il monte un escalier. La vie de ce maître-nageur a basculé il y a 15 ans. "Je me suis mis à tousser, j'avais les yeux qui brûlent… ça finit par nous attaquer", décrit-il auprès de RTL.

"On ne respire pas jusqu'au bout, on est essoufflé pour un rien", poursuit-il. Ces difficultés ont atteint un tel point que Stéphane nous explique avoir développé un "masque à la chloramine" pour se protéger. Cette maladie professionnelle lui a fait perdre 10% de sa capacité pulmonaire

"J'avais toujours mal à la tête"

Le cas de Stéphane est loin d'être isolé. Des dizaines de maîtres-nageurs parisiens ont partagé à RTL des histoires similaires, comme Lucie. "Je sentais que, sur le bassin, ça n'allait pas. J'avais toujours mal à la tête, je parlais tout le temps du nez", confie la jeune femme à notre micro. 

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On lui a diagnostiqué la même maladie que Stéphane il y a trois semaines. "Il me reste encore la moitié de ma carrière. Si j'ai déjà perdu 10% de capacité respiratoire, ça va continuer en ce sens. Et ça, c'est difficile à accepter." En attendant des mesures concrètes, Lucie ouvre les fenêtres de sa piscine pour aérer comme elle peut. Mais elle le concède, c'est une goutte d'eau dans un océan d'air vicié.

Les scientifiques préconisent de faire baisser le taux de chloramine dans l'air. Contactée par RTL, la ville de Paris n'a pas répondu à nos sollicitations.

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