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Un camion-poubelle est visible dans une décharge municipale où se nourrissent des charognards, à Ushuaia, dans la province de la Terre de Feu, en Argentine, le 14 mai 2026.
Crédit : CRISTIAN URRUTIA / AFP
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Une mission scientifique argentine se rendra la semaine prochaine à Ushuaïa, d’où est parti le navire de croisière MV Hondius, après la mort de trois passagers, dont deux avaient été testés positifs à l’hantavirus des Andes, une souche transmise par les rongeurs, la seule susceptible aussi de se transmettre entre humains. Les scientifiques doivent établir si des rongeurs pouvant transmettre l’hantavirus sont présents dans la région, avec des conclusions attendues d’ici un mois si les recherches se déroulent comme prévu.
Un touriste néerlandais, identifié comme le patient zéro sur le bateau, aurait visité avec son épouse, une zone proche d'une décharge d'Ushuaïa durant les 48 heures précédant son embarquement sur le MV Hondius, le 1ᵉʳ avril, selon des informations qui n'ont pas été confirmées officiellement.
Plusieurs médias anglo-saxons ont alors avancé l'idée qu'il aurait pu être contaminé sur place après avoir inhalé des particules infectées provenant d'excréments de rongeurs porteurs du virus des Andes. Mais cette piste apparaît de plus en plus fragile.
Cette théorie est entrée en collision avec les données connues sur la région. Les autorités sanitaires locales rappellent qu'aucun cas autochtone d'hantavirus n'a été enregistré dans la province depuis une trentaine d'années.
Elles affirment même que le rat à longue queue, principal vecteur de la souche Andes, n'est pas présent dans cette partie australe de l'Argentine. Ushuaïa se situe très au sud de la zone habituellement associée à ce rongeur, ce qui rendrait exceptionnelle, voire inédite, une circulation du virus.
Selon Juan Petrina, le directeur épidémiologie de la province de la Terre de Feu, a indiqué à la presse que les prélèvements ne seraient probablement pas effectués directement dans le site d'enfouissement lui-même. "Parce que ça n'a pas de sens, les rongeurs qui s'y trouvent sont des rongeurs urbains, pas susceptibles d'hantavirus", explique-t-il. Les recherches devraient donc plutôt se concentrer dans les zones naturelles alentour.
Le parcours précis du couple néerlandais reste flou, mais il voyageait en Argentine depuis plusieurs mois. Le journal britannique The Times a tenté de retracer le parcours de ce couple. Arrivés le 27 novembre, les deux Néerlandais ont sillonné le pays en voiture avant de passer au Chili début janvier.
Fin février, ils ont retraversé les Andes pour un périple de vingt jours jusqu’à la province de Misiones, dans le nord du pays, puis ont poursuivi vers l’Uruguay à la mi-mars. De retour en Argentine le 27 mars, le couple a ensuite pris l’avion pour Ushuaïa, quatre jours avant d’embarquer sur le MV Hondius.
Certaines zones traversées sont connues pour être endémiques à l’hantavirus Andes. Les spécialistes soulignent également que la période d’incubation de la maladie peut durer plusieurs semaines, ce qui rend parfaitement plausible une infection contractée bien avant leur arrivée à Ushuaïa.
Les autorités provinciales s’appuient aussi sur l’absence totale de nouveaux cas locaux depuis le départ du navire. Plus de quarante-cinq jours après l’embarquement des passagers du Hondius, aucun signalement inhabituel n’a été recensé dans la région. Pour les responsables sanitaires, cet élément pèse lourd : si un foyer actif existait réellement autour de la décharge ou dans l’environnement proche, il serait probable que d’autres contaminations aient déjà été détectées parmi les habitants, les travailleurs ou les visiteurs.
Déterminer le lieu de contamination représente un enjeu économique majeur pour la région. Ushuaïa dépend fortement du tourisme antarctique et des croisières polaires. Être désignée comme origine probable d’un cluster international d’hantavirus représenterait un coup sévère pour son image et pour une industrie touristique déjà fragile. Les autorités locales accusent ainsi certains médias étrangers d’avoir transformé une hypothèse encore spéculative en quasi-certitude médiatique. La mission scientifique attendue la semaine prochaine pourrait permettre d’apporter des réponses plus claires.
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