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Raoult, Philippot, Dupont-Aignan, Perronne... : quand l'hantavirus réveille les infox et la sphère complotiste de l'ère covid-19

Alors que les autorités multiplient les prises de parole sur l'hantavirus, une vague de désinformation portée par des figures déjà actives pendant le Covid-19 gagne du terrain sur les réseaux sociaux.

Nicolas Dupont-Aignan, Didier Raoult et Florian Philippot.

Crédit : AFP

Raoult Philippot, Dupont-Aignan, Perronne... : quand l'hantavirus réveille la sphère complotiste et les infox de l'ère covid-19

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Raoult Philippot, Dupont-Aignan, Perronne... : quand l'hantavirus réveille la sphère complotiste et les infox de l'ère covid-19

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Diane Berger - édité par Jérémy Descours

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Ils sont de retour. Depuis deux semaines, les autorités françaises et les médias surveillent de près l'hantavirus. Ce virus, largement commentée sur les réseaux sociaux, s'accompagne d'une vague de fausses informations et de discours complotistes. En effet, plus le gouvernement communique, plus certains internautes se disent persuadés qu'on leur cache quelque chose.

Avec cette nouvelle crise sanitaire, plusieurs figures déjà très présentes pendant la pandémie de Covid-19 refont notamment surface. Parmi les 400.000 messages publiés chaque jour sur les réseaux sociaux au sujet de l'hantavirus, beaucoup reprennent des codes et des théories déjà observés pendant le Covid.

Florian Philippot ironise ainsi dans une vidéo : "Hantivirus, un H comme Hollywood. Et oui, c'est très cinématographique".

"Les gens qui financent l'OMS le tiennent"

D'autres insinuent une implication des laboratoires pharmaceutiques. Nicolas Dupont-Aignan s'interroge : "Pourquoi Moderna nous annonce préparer déjà un vaccin ?"

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Christian Perronne, médecin exclu des hôpitaux parisiens et devenu une figure du complotisme depuis la pandémie, voit lui aussi des coïncidences troublantes dans l'apparition du virus : "Ça démarre comme par hasard en Argentine, juste au moment où l'Argentine suit les États-Unis pour quitter l'OMS".

L'Organisation mondiale de la santé est également prise pour cible par Didier Raoult, l'infectiologue marseillais controversé, qui affirme : "Les gens qui financent l'OMS le tiennent. C'est l'industrie pharmaceutique et Bill Gates".

Le milliardaire américain, régulièrement au cœur de théories complotistes depuis le Covid-19, apparaît d'ailleurs dans plusieurs montages relayés actuellement sur les réseaux sociaux. Sur certaines images, il est représenté sous la forme d'un rat, une seringue à la main.

"On a tous peur pour notre santé"

Mais alors pourquoi ces discours reviennent-ils aussi vite et rencontrent-ils autant d'écho ? Pour Thomas Huchon, journaliste spécialiste du complotisme, ces personnalités n'ont eu qu'à reprendre les théories qu'elles développaient déjà pendant la crise sanitaire.

"Ces gens qui nous disaient n'importe quoi pendant le Covid, qui avaient gagné beaucoup d'audience, beaucoup d'influence, nous avaient expliqué qu'il y aurait des millions de morts à cause des vaccins. Il n'y en a pas eu. Donc, ils sont un peu obligés de retrouver un moyen de se médiatiser. Là, ils ont gagné. Ils ont l'hantavirus", explique-t-il sur RTL.

Selon lui, ces récits fonctionnent parce qu'ils touchent à une peur universelle : celle de la santé. "On a tous peur pour notre santé. Et donc, la peur, c'est le meilleur déclencheur de croyances", ajoute-t-il.

Résultat : encore aujourd'hui, une fausse information diffusée en ligne sur trois concerne le Covid.

"Une forme de coordination des messages"

Reste une autre question : ces campagnes de désinformation peuvent-elles être coordonnées depuis l'étranger ? À ce stade, rien ne permet de l'affirmer. Mais Visibrain, une plateforme spécialisée dans l'analyse des réseaux sociaux, observe des comportements suspects. Sur X, certains comptes publient plus de 500 tweets par jour sur l'hantavirus.

Pour Thomas Huchon, ce rythme de publication est révélateur : "Il y a un moment où le nombre de messages publiés par une personne sur une période de 24 heures dépasse ce qui est faisable par un être humain normalement constitué. C'est donc un indice qu'il existe une forme de coordination des messages, peut-être même d'amplification de leur audience". 

Selon lui, cette amplification pourrait être pilotée par un pays étranger.

Face à cette montée de la désinformation, les pouvoirs publics tentent de réagir. En janvier, le ministère de la Santé a annoncé la création d'un Observatoire de la désinformation consacré aux questions médicales, ainsi qu'une plateforme réunissant des experts chargés de détecter rapidement les fausses informations et d'y répondre.

Le lancement de cet outil était prévu pour la fin du mois de janvier, mais le projet a pris du retard.

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