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"Flying doctors" : des médecins acheminés par avion entre Dijon et Nevers pour lutter contre les déserts médicaux

Depuis trois ans, un pont aérien médical est mis en place depuis le CHU de Dijon pour pallier le manque de médecins de l'hôpital de Nevers (Nièvre).

Un avion transportant huit médecins en provenance de Dijon atterrit à l'aéroport de Nevers, le 26 janvier 2023

Crédit : Thierry ZOCCOLAN / AFP

Comment fonctionne le système de "médecins volants" à l'hôpital de Nevers

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Arthur Pereira - édité par Juliette Vignaud

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Un pont aérien en blouse blanche. Pour lutter contre les déserts médicaux, la municipalité de Nevers, dans la Nièvre, a fait le choix de transférer des médecins par avion. Il y a trois ans, une liaison a été créée depuis Dijon. Le principe est simple, une journée par semaine, des spécialistes arrivent depuis les airs directement au centre hospitalier Pierre-Bérégovoy. Il s'agit des "flying doctors".

Depuis le 1ᵉʳ janvier 2026, ce n'est plus un mais deux vols par semaine qui permettent d'acheminer ces médecins. RTL a assisté à une rotation, où le petit avion a déposé deux gynécologues et un anesthésiste sur le tarmac, après 55 minutes de trajet. Au pas de course, leurs sacs sous le bras, les médecins s'engouffrent ensuite dans une camionnette blanche, en direction l'hôpital de Nevers.

Un transfert de médecins par les airs

Yves Langlais, 78 ans, a ressorti sa blouse blanche il y a deux ans pour participer à ce projet. "Je suis anesthésiste retraité. Je travaillais dans une clinique à Dijon et là je viens donner un coup de main aux hôpitaux", explique-t-il au micro de RTL. "Il y a une dizaine de patients ce matin et dix cet après-midi." 

Parmi ses patients, Jocelyne, 69 ans, qui a eu un rendez-vous en moins de deux semaines, grâce à ce transfert de médecins par les airs. "Je trouve ça formidable car sans ça, c'est nous qui serions obligés d'aller à Dijon. Je suis bien contente qu'il vienne pour me faire opérer ici", explique la retraitée qui habite Nevers. Une prise en charge à Orléans lui a également été proposée, à deux heures de route.

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Ce pont aérien médical n'est toutefois pas suffisant pour pallier la pénurie de médecins à Nevers, selon des patientes assises dans la salle d'attente de l'hôpital. "Il me faut un rhumatologue que je ne trouve pas, un gastroentérologue aussi. S'il faut aller sur Dijon, ça fait un peu loin", déplore l'une d'elle. 

"Je n'arrive même pas à trouver un médecin traitant sur Nevers car ils ne prennent pas de nouveaux patients", déplore une mère de famille, qui a déménagé dans la Nièvre. La jeune maman n'a pas d'autre choix que d'appeler régulièrement SOS Médecins pour faire soigner ses deux enfants.

Des "recettes" pour l'hôpital, défend le maire sortant

Ce système de navette aérienne coûte 115.000 euros par an. Derrière cette initiative, Denis Thuriot, le maire macroniste de Nevers et candidat à sa réélection (Renaissance) et président du Centre hospitalier de Nevers. "On fait plus de consultations, donc ce sont des recettes pour l'hôpital", souligne-t-il. "J'ai obtenu le financement de l'Agence régionale de santé sur trois ans : 50.000 euros par an. Sur 2025, on a dégagé une somme de l'ordre de 23.000 euros", précise-t-il. Et d'assurer : "On n'est pas sur un trou, ni sur un caprice démesuré." 

Pour Wilfried Séjeau, candidat à gauche et tête de liste de Demain Nevers, ce n'est pas suffisant. "On voit que l'hôpital peine toujours à attirer les professionnels de santé. Il y a la question du suivi des patients et de la prise en charge complète, notamment des soins post-opératoires par exemple. Ce n'est pas une mauvaise solution mais les flying doctors n'apportent pas une solution durable et pérenne à ce problème", explique-t-il. 

En cas de victoire, Wilfried Séjeau ne compte pas supprimer ce dispositif. Il propose de renforcer l'attractivité de Nevers pour accueillir de nouvelles blouses blanches de manière définitive dans sa ville.

Les candidats déclarés aux élections municipales à Nevers : Xavier Morel (sans étiquette), Amandine Boujlilat (sans étiquette), Denis Thuriot (Renaissance), Wilfrid Séjeau (Les Écologistes), Dominique Dupuis (Lutte ouvrière), Baptiste Dubost (Les Républicains).

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