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Canicule : dans les SAMU, une hausse d'activité "très importante" de 20 à 40% selon les territoires

La canicule provoque un recours aux soins d'urgence rarement observé à ce niveau. Invitée de RTL Petit Matin, la médecin urgentiste Agnès Ricard-Hibon décrit une forte hausse des appels au 15 et alerte sur le risque principal : l'insuffisance de lits pour hospitaliser les patients.

Un véhicule du SAMU

Crédit : Nicolas Lepagnot / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Canicule : Agnès Ricard-Hibon, médecin urgentiste, est l'invitée de Jérôme Florin

00:05:44

Jérôme Florin & Jérémy Descours

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La canicule met sous tension le système de soins. Invitée de RTL Petit Matin ce jeudi 25 juin, Agnès Ricard-Hibon, médecin urgentiste et porte-parole de Samu-Urgences de France, décrit une hausse d'activité "très importante" dans les SAMU, de l'ordre de 20 à 40% selon les territoires.

"On préfère que les gens appellent le 15 pour être bien orientés dans le système de soins plutôt qu'ils se présentent aux urgences", explique-t-elle. Dans les services d'urgence, la hausse est pour l'instant plus limitée, autour de 10 à 15%. Pour la médecin, cela montre que les patients utilisent mieux le système : les cas graves sont pris en charge immédiatement, tandis que les autres sont conseillés ou réorientés.

Selon elle, ce niveau de recours est "pire que les autres canicules", même s'il n'est pas comparable en tous points à la période du Covid. Elle souligne que toutes les classes d'âge sont désormais concernées. Aux côtés des publics fragiles, des patients plus jeunes arrivent aussi aux urgences pour des malaises, des vertiges ou des déshydratations.
Agnès Ricard-Hibon met notamment en garde contre certaines idées reçues. "La bière désaltère, mais elle majore la déshydratation", rappelle-t-elle, en expliquant que l'alcool favorise les pertes d’eau. Résultat : même des personnes jeunes peuvent se retrouver en difficulté en période de fortes chaleurs.

La crainte du "manque de lits d'hospitalisation"

Agnès Ricard-Hibon précise par ailleurs que certaines régions sont déjà davantage touchées, comme Rennes, où l'activité a fortement augmenté. À Paris, la situation est pour l'instant moins tendue, mais la médecin urgentiste appelle à la prudence. Les complications liées aux maladies chroniques, rappelle-t-elle, apparaissent souvent avec quelques jours de décalage.

Pour l'heure, il n'y a "pas de saturation aujourd'hui des services d'urgence dans la majorité des territoires". Mais le principal sujet d'inquiétude porte sur l'aval hospitalier. "Ce que l'on craint, nous, c'est le manque de lits d'hospitalisation", insiste Agnès Ricard-Hibon. Car lorsque les patients ne peuvent pas être transférés dans les services adaptés, ils restent aux urgences et finissent par bloquer la prise en charge des nouveaux arrivants.

Si suffisamment de lits sont ouverts, notamment grâce au plan Orsan de niveau 2, les soignants estiment pouvoir faire face. Dans le cas contraire, certains établissements pourraient être contraints, comme à Rennes, de déclencher un plan blanc pour absorber le choc.

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