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Une cellule de prison
Crédit : RTL
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Les mots employés dans la plainte que RTL a pu consulter sont extrêmement forts et témoignent d'une réelle situation d'urgence : "L'état médical de Sarah B. fait aujourd'hui courir un risque de décès à la mère comme à l'enfant à naître", écrit son avocate Menya-Arab-Tigrine.
En effet, le terme prévu de la grossesse de Sarah B. est le 24 août prochain et, dans la nuit du 19 au 20 juin dernier, a été constatée une "rupture de la poche des eaux", partielle, comme le mentionne la plainte. Cette rupture a d'abord causé le départ de Sarah B., sous escorte, pour l'hôpital d'Orléans. Les soignants, seuls compétents pour décider de l'hospitalisation d'une détenue, ont décidé d'une hospitalisation immédiate au CHU d'Orléans.
Une escorte partie avec "un retard important", dénonce la plainte. De source pénitentiaire, on explique que le profil de la détenue justifie une escorte de niveau 4, avec le concours des forces de l'ordre, il a donc fallu attendre que ces dernières arrivent pour prêter main forte aux personnels pénitentiaires et la conduire à l'hôpital. La détenue est en effet un profil jugé "sensible", en lien avec la criminalité organisée.
Sur place, toujours selon le récit énoncé dans la plainte au procureur, Sarah B. n'est pas dans une chambre d'hôpital, mais dans une pièce qu'elle décrit comme insalubre, six heures durant, sans soins. Cette pièce est, d'après l'administration pénitentiaire, une chambre sécurisée au sein du CHU. La détenue voulait aller dans un espace maternité.
L'hôpital finit par lui faire signer une décharge afin qu'elle puisse regagner sa cellule, contre l'avis des soignants. Une cellule dans laquelle Sarah B, déjà mère de trois enfants avec trois grossesses compliquées, "subit de plein fouet l'épisode de canicule". La chaleur dans sa cellule est "accablante" et "dangereuse".
"À l'heure d'une canicule dont chacun peut sentir les effets, régit Me Arab-Tigrine auprès de RTL, il faut imaginer la température qu'il fait dans 9 mètres carrés, sans climatisation, et les problèmes sanitaires que cela entraîne, notamment l'augmentation dramatique des risques d'infection. Les vies de ma cliente et de son bébé, depuis la fissure de sa poche des eaux, sont en danger immédiat. Il y a urgence à la remettre en liberté. Ce n'est pas une mesure de confort ; c'est simplement leur permettre d'échapper à la mort." Et l'avocate, très remontée, d'ajouter : "Quelle indignité pour le pays de la déclaration des droits de l'Homme !"
L'avocate, qui a également écrit à la Contrôleuse générale des lieux de privation de liberté, à la Défenseure des droits, et à tous les échelons de la direction pénitentiaire, demande la mise en liberté de sa cliente avant son accouchement, ainsi qu'une expertise médicale conduite en urgence. Et, en attendant qu'elle puisse être hospitalisée, que sa cellule soit "correctement ventilée, avec un accès permanent à l'eau fraîche et une surveillance médicale accrue".
Par ailleurs, l'avocate dénonce des "pressions psychologiques" de la part du personnel pénitentiaire qui, d'après ce que les propos rapportés par sa cliente, prononce des phrases telles que : "Tu accoucheras seule dans ta cellule, le bébé sortira tout seul." Ou encore : "Tu n'auras pas de visites à l'hôpital". Alors que, c'est la loi, les permis de visites au parloir dont la détenue bénéficie seront transposés au cadre de l'hospitalisation.
Sur le suivi médical, l'administration pénitentiaire explique "la prise en charge sanitaire des personnes détenues est une compétence exclusive des soignants. Mme B. bénéficie à un suivi médical adapté à son état de grossesse". Le centre pénitentiaire d'Orléans-Saran est d'ailleurs équipé d'un quartier "nursery" permettant de prendre en charge les personnes détenues avec leur bébé, jusqu'aux 18 mois de l'enfant. Encore une fois, ce placement est décidé par l'autorité judiciaire.
Contactée par RTL, l'administration pénitentiaire explique que c'est un juge des libertés et de la détention, qui au stade de la mise en examen, donc avant un éventuel procès, a décidé de placer Sarah B. en détention provisoire, alors qu'elle est enceinte de son quatrième enfant. C'est la justice également, par l'étude de sa demande de mise en liberté, qui va décider de la laisser libre pour la fin de sa grossesse.
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