4 min de lecture Téléphonie

Zones blanches : où en est la promesse d'Emmanuel Macron ?

ÉCLAIRAGE - En juillet dernier, le président de la République annonçait que d'ici la fin de l'année 2020 les accès à Internet et au réseau mobile seraient en place dans toute la France.

Emmanuel Macron au téléphone, le 3 octobre 2014 à Paris
Emmanuel Macron au téléphone, le 3 octobre 2014 à Paris Crédit : AFP / Archives, Miguel Medina
Marie-Pierre Haddad
Marie-Pierre Haddad
Journaliste RTL

La fin des zones blanches, ces endroits en France où l'accès à Internet et le réseau téléphonique est quasi inexistant, est prévue d'ici "à la fin de l'année 2020". Cette date butoir est une promesse d'Emmanuel Macron, faite le 17 juillet dernier lors de la conférence nationale des territoires au Sénat. Le président de la République affirmait qu'il souhaitait "encore accélérer le calendrier afin de parvenir à une couverture en haut et très haut débit d'ici la fin de l'année 2020" et "non plus 2022", comme Édouard Philippe l'avait annoncé lors de son discours de politique générale. 

Emmanuel Macron ajoutait : "Si je vous dis 2022, je ne suis pas sûr d'être en situation parfaite d'en répondre. Si je vous dis fin 2020, je sais que j'aurai encore l'année 2021 pour pouvoir rattraper les retards". Selon un arrêté, en 2017, environ 500 petites communes françaises sont considérées comme des "zones blanches". Cette nouvelle liste vient compléter celle que le gouvernement avait établie en novembre 2015. Cette dernière recensait 238 communes non couvertes.

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Si vous n'êtes pas dans une ville dense, vous n'avez pas une 4G de qualité, ni de données de qualité

Mounir Mahjoubi, secrétaire d'État chargé du Numérique
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Au micro de RTL le 13 octobre dernier, Mounir Mahjoubi, le secrétaire d'État chargé du Numérique, a déclaré que "les Français n'en peuvent plus. Si vous n'êtes pas dans une ville dense, vous n'avez pas les quatre barres de réseau en permanence, vous n'avez pas une 4G de qualité, ni de données de qualité. Si vous êtes en dehors des métropoles, ça ne fonctionne pas". Afin de réaliser l'engagement pris par Emmanuel Macron, "l'État peut donner les conditions dans lesquelles il attribuera les fréquences dans quelques années, et il peut dire ce que les Français attendent dans le cadre de ces attributions".

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Le secrétaire d'État a également expliqué que "quand on reçoit le droit d'exploiter les ondes, il y a des obligations qui n'étaient pas au niveau des usages d'aujourd'hui. À l'époque, on ne s'était pas dit que 100% des Français allaient utiliser leur mobile pour aller sur Internet tous les jours. Aujourd'hui c'est une réalité".

Un "effort d'investissement" du côté des opérateurs

Cependant, la promesse du président de la République semble difficile à mettre en oeuvre. Le Journal du Dimanche rappelle que "l'Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (Arcep), le 'gendarme des télécoms', envisage de renforcer les obligations des opérateurs téléphoniques, notamment en revoyant les conditions d'attribution du marché des bandes fréquences, dont les premières arrivent à terme en 2021". 

L'agence précise que "les opérateurs sont tenus d’apporter, grâce à un réseau mutualisé et moyennant un financement public, une couverture de base (voix et Internet mobile) dans un certain nombre de centres-bourgs qui ont été identifiés par l’État comme absolument non couverts (...) Le nombre de centres-bourgs à couvrir a ainsi été porté à près de 4.000, ce qui représente environ 1% de la population. Les opérateurs étaient tenus d'apporter un service voix/sms sur ces centres-bourgs avant le 31 décembre 2016 et un service haut débit d’ici le 30 juin 2017, et dans tous les cas au plus tard 6 mois après la mise à disposition du pylône par les pouvoirs publics".

Mais un "effort d'investissement des opérateurs" a été observé par l'Arcep. Michel Combot, le directeur général de la Fédération française des télécom, indique au journal qu'au 30 juin, "sur un dispositif de 3.855 communes, 3.288 sont désormais couvertes en 3G" portable. "Tant que ces communes ne disposent pas de pylône, nous ne pourrons y implanter d'antenne-relais", ajoute-t-il.

Des chantiers amorcés depuis 2016

Dans la presse quotidienne régionale, le sujet revient de façon récurrente. Ainsi, Le Dauphiné a rapporté en octobre, que "l’infrastructure est financée par l’État ou les collectivités, les opérateurs amenant le signal. 'Or, 55 communes n’ont pas encore eu les financements de l’État. Et les autorisations mettent deux ans là où il faut 2 mois à l’étranger'".

La Tribune cite de son côté la Fédération française des télécoms (FFT) qui assure qu'"Orange, SFR, Bouygues Telecom et Free ont couvert 673 communes supplémentaires en 3G entre octobre 2016 et juin dernier. Une 'accélération significative', estime le lobby, soucieux de montrer sa bonne volonté, alors que ses membres négocient une accélération de la couverture mobile du territoire avec le gouvernement".

Dans Le Lot-et-Garonne, France 3 raconte que "s'il peut rester difficile de téléphoner dans le département, les grands moyens sont déployés concernant la connexion internet très haut débit, et notamment la fibre optique". Jacques Broyer, directeur Orange chargé des relations avec les collectivités locales, indique à la chaîne avoir "démarré en 2016 le déploiement de la fibre optique sur 14 communes, nous poursuivrons jusqu'en 2020". Le coût total de l'opération est estimé à 130 millions d'euros. "Ainsi 36.000 foyers sur 14 communes, soit 35% de la population du département, devraient être équipés de fibre optique d'ici cinq ans. Les autres communes, plus rurales, devront attendre cinq années supplémentaires", ajoute France 3.

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