1. Accueil
  2. Actu
  3. Politique
  4. VIDÉO - Nouvelle-Calédonie : 6 questions concernant le référendum sur l’indépendance
3 min de lecture

VIDÉO - Nouvelle-Calédonie : 6 questions concernant le référendum sur l’indépendance

ÉCLAIRAGE - Après 30 ans de débats, près de 175.000 personnes sont appelées à voter sur la question de l'indépendance de la Nouvelle-Calédonie dimanche 4 novembre.

Des habitants portent le drapeau "Kanaky", symbole des indépendantistes calédoniens
Des habitants portent le drapeau "Kanaky", symbole des indépendantistes calédoniens
Crédit : Ludovic MARIN / AFP
Ce qu'il faut savoir avant le référendum sur l'indépendance de la Nouvelle-Calédonie
00:04:18
Claire Gaveau
Claire Gaveau

À regarder

Indépendance : la Nouvelle-Calédonie s'apprête à voter
00:01:29

Que va-t-il se passer sur le "Caillou" ? Après trente ans d'attente et de discussions, le référendum sur l'indépendance de la Nouvelle-Calédonie est organisé dimanche 4 novembre.

Une partie des habitants sont appelés au vote afin de répondre, par "oui" ou par "non" à la question : "Voulez-vous que la Nouvelle-Calédonie accède à la pleine souveraineté et devienne indépendante ?". Une formulation proposée par Édouard Philippe et adoptée en mars dernier.

Ce référendum est un moment déterminant pour cette collectivité française de 269.000 habitants, selon le recensement de 2014, située à quelque 18.000 km de la métropole et à 2.000 km de l'Australie. Le chef de l'État Emmanuel Macron s'exprimera à l'issue du référendum, à 13 heures - heure de Paris -, 23 heures à Nouméa.

1. Quel est le statut actuel ?

Terre française depuis 1853, lieu de bagne et d'exil politique de 1864 à 1896, la Nouvelle-Calédonie est devenue un Territoire d'Outre-mer (TOM) en 1946, puis une Collectivité sui generis en 1999, c'est-à-dire avec un statut particulier. 

À lire aussi

Les années 1980 ont été marquées par des violences entre Kanak et Caldoches dont le point culminant a été la prise d'otage et l'assaut de la grotte d'Ouvéa en mai 1988, au cours desquels 19 militants kanak et six militaires français ont été tués. Un mois plus tard, les accords de Matignon scellaient la réconciliation entre les communautés, au travers d'un rééquilibrage économique et d'un partage du pouvoir politique.

Ils ont été suivis en 1998 par l'accord de Nouméa signé entre l'État, les anti-indépendantistes (RPCR) et les indépendantistes (FLNKS). Cet accord, dont le préambule reconnaît "les ombres et les lumières" de la colonisation, a doté l'archipel d'un statut unique dans la République française reposant sur une autonomie progressive. C'est dans ce cadre qu'un référendum sur l'accès à la pleine souveraineté est prévu en 2018.

2. Qui peut voter ?

Les Kanak ont longtemps considéré qu’ils étaient les seuls à pouvoir se prononcer sur l’indépendance de l’île avant d'admettre, en 1983, que les autres communautés ont une légitimité à participer au vote.

Cependant, certaines règles précises régissent ce référendum alors que d'intenses négociations ont accompagné les discussions. Ainsi, toutes les personnes arrivées après le 1er janvier 1994 ne pourront se rendre aux bureaux de vote. Au total, près de 175.000 personnes sont appelées à voter.

3. Que disent les sondages ?

Selon les derniers sondages publiés, le "non" semble en tête à l'heure actuelle alors que se profile le référendum du 4 novembre. Selon un nouveau sondage, réalisé par l'Institut Harris interactive pour France télévisions le 3 octobre dernier, 66% des personnes ont exprimé leur intention de glisser un bulletin "non" dans l'urne, quand 34% privilégient un vote "oui".

Les électeurs du "non" justifient leur choix en argumentant que la Nouvelle-Calédonie est dépendante de la France pour sa sécurité (95%), son économie (94%) ou en ce qui concerne les subventions publiques nécessaires selon eux pour maintenir le niveau de vie en Nouvelle-Calédonie (92%). 

Les partisans du "oui" évoquent à 97% la reconnaissance de l'identité kanak pour expliquer leur choix, à 94% une façon de renforcer le vivre-ensemble en Nouvelle-Calédonie et à 93% l'occasion pour l'archipel de commencer une nouvelle phase dans son développement. 

4. Que se passera-t-il en cas de "non" ?

Si les anti-indépendance sont en position de force avant ce référendum, leur victoire ne serait pas encore acquise. En effet, l'accord de Nouméa prévoit la possibilité d'organiser deux autres référendums en 2020 et 2022. Et l'actuel président d'UC-FLNKS, principal groupe indépendantiste au Congrès, réaffirme qu'il ira "jusqu'au bout". 

5. Que se passera-t-il en cas de "oui" ?

En cas de surprise, et donc de victoire du "oui" au référendum, le "Caillou" passera donc de l'autonomie à la pleine souveraineté. Indépendant, le pays prendrait alors le nom de "Kanaky-Nouvelle-Calédonie".

Après une période de transition, les habitants devront alors sortir du giron français et ainsi construire leur pays. Si la métropole restera très certainement un allié particulier, les voisins comme l'Australie et la Nouvelle-Zélande pourraient nouer des liens particuliers. 

6. Quelle est la position de Paris ?

La France n'a pas pris de position ferme dans ce vaste débat. À tour de rôle, Édouard Philippe et Emmanuel Macron ont refusé de s'exprimer en faveur du "non" affirmant que c'était "aux Calédoniens qu'il revenait de prendre position". En visite en mai dernier, le chef de l'État avait malgré tout déclaré que "la France ne serait pas la même sans la Nouvelle-Calédonie". 

Si Emmanuel Macron s'exprimera dès les résultats du référendum officiels, Édouard Philippe est attendu sur place le lundi 6 novembre. Il sera accompagné de la ministre des Outre-mer, Annick Girardin, afin de "rencontrer l'ensemble des forces politiques" et "discuter" de l'après-référendum. 

La rédaction vous recommande

L’actualité par la rédaction de RTL dans votre boîte mail.

Grâce à votre compte RTL abonnez-vous à la newsletter RTL info pour suivre toute l'actualité au quotidien

S’abonner à la Newsletter RTL Info

Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires.
Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Signaler un commentaire

En Direct
/