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Un panneau "Perpignan" dans les Pyrénées-Orientales le 25 octobre 2017.
Crédit : RAYMOND ROIG / AFP
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Un projet qui fait grincer des dents. La mairie de Perpignan, dirigée par le vice-président du Rassemblement national (RN) Louis Aliot, projette d'exposer sur la voie publique des statues géantes de l'enfant-Jésus accompagné de ses parents Marie et Joseph, après s'être vue interdire l'installation d'une crèche dans l'hôtel de ville.
Ce serait la plus grande crèche jamais réalisée en France, avec des santons de 18 mètres de haut. Mais à 120.000 euros le projet, dans un contexte de crise économique, les habitants sont partagés. "Quand on voit l'état de la population à Perpignan, je pense qu'il y a mieux à faire", regrette l'une d'elle au micro de RTL.
"Le montant est peut-être important, après à voir ce que ça apporte en termes de tourisme", modère une autre. Le tourisme, c'est ce qui est mis en avant par la mairie. Farid Belacel, directeur de cabinet du maire, veut jouer "la carte du tourisme, de l'évènementiel, de l'innovation, de la sensation". Sur notre antenne, il précise : "Créer la sensation de dire aux visiteurs 'venez vivre l'expérience des fêtes de fin d'année à Perpignan."
C'est de la poudre aux yeux pour Henri Saurine, président de la Ligue des droits de l'Homme dans les Pyrénées-Orientales, qui rappelle le principe de laïcité. "C'est une atteinte au principe de la loi de 1905. L'État et les collectivités territoriales se doivent d'être neutres par rapport aux religions et ne doivent pas prendre de partie pris", affirme-t-il au micro de RTL.
En février 2025, le tribunal administratif de Montpellier a interdit l'installation d'une crèche dans le patio de l'hôtel de ville car cela ne pouvait "être regardé comme conforme aux exigences qui découlent du principe de neutralité des personnes publiques".
Dans sa décision, la juridiction relevait cependant que "dans les autres emplacements publics, eu égard au caractère festif des installations liées aux fêtes de fin d'année notamment sur la voie publique, l'installation à cette occasion et durant cette période d'une crèche de Noël par une personne publique est possible, dès lors qu'elle ne constitue pas un acte de prosélytisme ou de revendication d'une opinion religieuse". "On est dans un cadre légal admis", estime donc le directeur de cabinet de Louis Aliot.
Un point de vue que ne partage pas Agnès Langevine, vice-présidente de la région Occitanie et conseillère municipale d'opposition (Place publique) qui voit dans cette "dépense buzz", "un acte idéologique affirmé, contraire à l'universalisme laïc". "Dans un contexte très sombre pour le pouvoir d'achat des Perpignanais, Louis Aliot se paie une fois encore une crèche géante (120.000 euros !) comme décor identitaire revendiqué par l'extrême droite", déplore l'élue de gauche à l'Agence France-Presse (AFP).
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