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Marine Le Pen prononce un discours lors d'un meeting de rentrée politique à Hénin-Beaumont, le 13 septembre 2026.
Crédit : Thomas SAMSON / AFP
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Marine Le Pen est-elle le cheval de Troie de la Russie ? Le débat est relancé après les propos de la candidate du Rassemblement national (RN) qui estime que la France doit cesser ses aides financières à l'Ukraine, en raison de l'état dégradé des finances publiques. "À proportion de ce que nous faisons jusqu'à présent, qui est considérable, nous disons nous ne pouvons pas le faire" (aider l'Ukraine), a affirmé sur LCI la leader du parti à la flamme, mercredi 16 septembre au soir.
"Ça n'est pas un acte d'hostilité à l'égard de l'Ukraine. On peut continuer à former leurs soldats, leurs armées, on peut continuer à leur apporter du matériel pour pouvoir se défendre. Mais financièrement, nous ne pouvons plus. Nous ne pouvons plus", a-t-elle ajouté. "Parce qu'on ne peut pas dire d'un côté il n'y a pas un euro [...] pour indexer les retraites mais, en revanche, il y a des milliards pour la contribution nette à l'Union européenne", a-t-elle complété.
Une prise de position vivement critiquée par le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot, invité de la même chaîne ce jeudi. Selon lui, le Rassemblement national "fait le jeu" du Kremlin. "Les relations entre Vladimir Poutine, Marine Le Pen et le RN sont étroites. Les déclarations récentes sur le soutien à l’Ukraine font tomber les masques", a-t-il déclaré.
Pour le ministre, mettre Kiev et Moscou à "équidistance" est "irresponsable". "C'est méconnaître ce qui a garanti à l'Europe huit décennies de paix et de prospérité depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, c'est-à-dire la construction d'une Europe unie, souveraine et démocratique."
La semaine passée déjà, le vice-président du RN Louis Aliot avait suggéré de "couper le robinet" à Kiev, générant un feu nourri de critiques de candidats au centre et à gauche. L'ancien Premier ministre Gabriel Attal (Renaissance) a qualifié le RN de "parti de l'étranger" et l'a accusé de "soumission à la Russie". "La France ne se soumet pas aux dictateurs. Elle leur résiste", a aussi cinglé Raphaël Glucksmann (Place publique).
Une passe d'armes avait également éclaté entre le candidat Horizons Édouard Philippe et Marine Le Pen, qui avait accusé le RN de "servir la Russie". "Votre bilan international est aussi piteux que vos résultats en matière économique et budgétaire", a répondu la cheffe de file des députés RN, considérant que le maire du Havre "colporte des calomnies qui avilissent le débat public".
Ses adversaires épinglent régulièrement Marine Le Pen pour avoir été reçue au Kremlin pendant sa campagne présidentielle en 2017, pour des positions jugées conciliantes avec la Russie, ainsi que pour un prêt contracté auprès d'une banque russe dans les années 2010. La leader du RN, favorite des sondages pour la présidentielle de l'an prochain, plaide "depuis l'agression russe contre l'Ukraine" pour "une grande conférence pour la paix" afin d'aboutir à "un règlement diplomatique" du conflit.
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