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"Sans la vidéo, vous ne me croyez pas" : Michel Zecler se confie sur RTL avant le procès des policiers qui l'ont "tabassé sans raison" en 2020

La cour criminelle de Paris va juger, à partir du 9 novembre, trois policiers accusés d'avoir violenté le producteur de musique en fin d'année 2020 à Paris, lors du confinement causé par la pandémie de Covid.

Michel Zecler, producteur de musique parisien, va retrouver les policiers accusés de l'avoir agressé lors du confinement à Paris en 2020.

Crédit : Joel Saget / AFP

"Sans la vidéo, vous ne me croyez pas" : Michel Zecler se confie sur RTL avant le procès des policiers qui l'ont "tabassé sans raison" en 2020

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Plana Radenovic & AFP - édité par La rédaction numérique de RTL

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C'est l'une des affaires de violences policières les plus emblématiques de ces dernières années en France. Celle de Michel Zecler, producteur de musique, agressé par trois policiers en novembre 2020. A la veille du procès des agents qui s'ouvre ce lundi 9 novembre devant la cour criminelle de Paris, l'homme aujourd'hui âgé de 47 ans a accepté de s'exprimer sur RTL. 

Alors que la France est confinée pour la deuxième fois, Michel Zecler est interpellé devant son studio parisien pour non-port du masque et suspicion de consommation de cannabis.

"On était en pleine période de Covid. Je n'avais pas de masque. Je m'apprêtais à retourner dans mes studios d'enregistrement. J'ai aperçu une voiture de police. J'étais à 50 mètres de mes studios. Je me suis dit que j'allais vite rentrer pour éviter de me prendre une amende parce que c'était le tarif à l'époque de ne pas porter de masque", relate le producteur. 

"Lorsque je suis rentré dans mon studio d'enregistrement, un policier en civil est entré derrière moi et il a été virulent tout de suite dans la mesure où il m'a agrippé, m'a demandé de manière très violente de sortir et ensuite il me traite de 'sale nègre'", continue Michel Zecler.

Une vidéosurveillance sans audio

Il subit alors un passage à tabac d'une rare violence, une trentaine de coups en l'espace de quatre minutes. "Ils ont été obligés de reconnaître tout ce qu'on voyait sur la vidéo. Ils ont reconnu que les coups étaient injustifiés, ils ont reconnu quand même pas mal de choses", précise tout de même la victime. 

À écouter aussi

Les images de vidéosurveillance montrent que Michel Zecler est victime de violences de la part des policiers et non l'inverse. En revanche, les vidéos du studio d'enregistrement sont dépourvues de sons, impossible donc de prouver l'existence d'insultes racistes. 

Les policiers sont accusés d'avoir consigné de fausses déclarations sur PV. L'un d'eux se défend en niant toute volonté de travestir la vérité, assurant avoir écrit "sa vision des faits". Enfin, les policiers reconnaissent les violences en réunion, mais pas les insultes racistes.

"Sans vidéo, je vous raconte la même histoire, vous ne me croyez pas"

Peu de temps après les faits, les images de vidéosurveillance du studio de Michel Zecler avaient été rendues publiques et avaient ainsi provoqué une véritable onde choc dans le pays, invalidant au passage les déclarations des policiers qui évoquaient des faits d'"outrage" et de "rébellion".

"Sans cette vidéo, moi je suis incarcéré et c'est d'ailleurs la chose qui nous amène devant la cour criminelle parce que c'est quand même extrêmement grave que des policiers qui sont censés nous protéger se mettent à tabasser une personne comme ça, sans raison. Et c'est vrai que sans vidéo, je vous raconte la même histoire, vous ne me croyez pas", assure Michel Zecler.

L'affaire, qui avait suscité la "honte" d'Emmanuel Macron, avait relancé le débat sur les violences et le racisme dans la police en France, jugés systémiques par des victimes et chercheurs, mais relevant d'actes isolés selon l'institution et les syndicats de police. 

Aujourd'hui, Michel Zecler reste bouleversé et affirme que "le fait d'avoir croisé ces policiers-là a eu des répercussions très graves". Le procès doit s'étendre jusqu'au 20 novembre prochain. 

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