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Trump et Macron, sourires de façade, mais poignées de mains fermes

DÉCRYPTAGE - Un an après l'investiture de Donald Trump, les deux présidents ont déjà eu l'occasion de s'accrocher sur de nombreux sujets. Mais sans jamais montrer d’animosité entre eux.

Emmanuel Macron et Donald Trump à New York aux États-Unis, le 18 septembre 2017
Emmanuel Macron et Donald Trump à New York aux États-Unis, le 18 septembre 2017 Crédit : ludovic MARIN / AFP
Marie-Pierre Haddad
Marie-Pierre Haddad
Journaliste RTL

Si l'on regarde les photos, Emmanuel Macron et Donald Trump semblent s'entendre à merveille. Leur première rencontre remonte au 25 mai dernier, puis le président américain était en France à l'occasion du 14 juillet. D'ailleurs, le président de la République, son homologue américain, Brigitte Macron et Melania Trump avaient dîné ensemble "entre amis" au deuxième étage de la Tour Eiffel, au restaurant Jules-Verne. 

Sur le plan de la politique internationale, Emmanuel Macron et Donald Trump s'affrontent sur de nombreux sujets. Entre déclarations par médias interposés et photos officielles, le chef de l'État et le pensionnaire de la Maison Blanche cultivent néanmoins une bonne entente... de façade. 

"Make Our Planet Great Again"

Le premier bras de fer entre les deux dirigeants concerne le climat. Le 1er juin dernier, Donald Trump avait annoncé le retrait des États-Unis de l'accord de Paris sur le climat. "J'ai été élu pour représenter les habitants de Pittsburgh, pas de Paris. Il est temps de mettre Youngstown (Ohio), Detroit, le Michigan et Pittsburgh (Pennsylvanie), qui compte parmi les meilleurs endroits de ce pays devant Paris, France".

Face à cette déclaration, Emmanuel Macron a engagé une réplique en 3 actes. Dans une déclaration officielle, le président de la République déclarait : "L'heure est grave". Il a mis en garde les États-Unis en dénonçant une "erreur" commise par son homologue américain "pour les intérêts de son pays et de son peuple".

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Le président de la République avait tenu tête au président américain en insistant sur le leadership de la France. "La France jouera donc son rôle dans le monde car c'est ce qui est attendu d'elle. Dès ce soir, avec l'Allemagne et l'Italie, nous avons tenu à réaffirmer notre engagement pour l'Accord de Paris (...) La France ne fera pas que tenir son engagement passé. Dès ce soir, la France se doit d'être plus ambitieuse encore pour notre avenir", déclarait-t-il.

En ponctuant sa prise de parole du slogan "Make Our Planet Great Again" (Rendre sa grandeur à la planète, ndlr), Emmanuel Macron a attaqué Donald Trump directement sur son terrain en détournant le slogan de campagne de ce dernier.

Tensions sur le nucléaire iranien

Sur le nucléaire iranien, Emmanuel Macron défend le "nécessaire respect par toutes les parties" de l'accord sur le nucléaire iranien, dans un entretien téléphonique avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu qui l'exhortait à "revoir" cet accord

Dans un communiqué de l'Élysée, "le président de la République a rappelé l'importance de préserver l'accord nucléaire iranien, et le nécessaire respect par toutes les parties de leurs engagements dans le cadre de cet accord", en ajoutant que les deux hommes avaient également "indiqué la nécessité de travailler sur le volet balistique et sur les activités régionales de l'Iran, comme la France l'a proposé depuis septembre 2017". 

Lors d'un entretien téléphonique avec Donald Trump, le président de la République a souligné "l'importance" du "respect par l'ensemble de ses signataires" de l'accord nucléaire avec l'Iran. "La bonne mise en oeuvre de l'accord devait être accompagnée d'un dialogue renforcé avec l'Iran sur son programme balistique et sa politique régionale, afin de garantir une meilleure stabilité au Moyen Orient", indique l'Élysée. Comme le rappelle l'AFP, Donald Trump est un "détracteur farouche de cet accord". Téhéran a d'ores et déjà promis des représailles, se disant "préparé à tous les scénarios". 

La carte de l'apaisement sur le dossier nord-coréen

À l'occasion de cet appel, le chef de l'État avait également abordé le dossier nord-coréen, après sa visite d'État en Chine. Il a jugé lors de cet entretien que "la récente reprise des contacts intercoréens constituait un signal positif" et que "le maintien de la politique de fermeté engagée par le Conseil de Sécurité des Nations Unies devait permettre de faire émerger une solution politique et de progresser vers la dénucléarisation de la péninsule coréenne".

Emmanuel Macron a insisté sur "le rôle tout particulier" de la Chine dans la pacification des relations avec la Corée du Nord. "Je pense que la Chine a un rôle tout particulier pour aider à pacifier cette situation, a-t-il ajouté. Nous poursuivrons ainsi avec vigueur la recherche d'une solution politique mettant un terme aux provocations de la Corée du Nord et ouvrant la voie à la dénucléarisation de la péninsule coréenne". 

"Il est indispensable aujourd'hui, par des pressions graduées, que nous parvenions à recréer des canaux de discussions avec la Corée du Nord et un retour à une normalisation et un encadrement du processus", a-t-il insisté. Et d'ajouter : "La Corée du Nord nous éclaire sur le sujet de la prolifération nucléaire et nous montre que l'absence de dialogue et de cadre international ne règle rien au problème et c'est à la lumière de cet enseignement que la France s'est positionnée sur le sujet iranien", a-t-il dit en référence à l'accord sur le nucléaire iranien signé en 2015 par l'Iran et le Groupe des Six (Allemagne, Chine, États-Unis, France, Grande-Bretagne et Russie) et remis en cause par le président américain Donald Trump

Visite en Israël prévue pour 2018

Donald Trump a reconnu Jérusalem comme capitale d'Israël. Emmanuel Macron a réaffirmé à une délégation du Conseil central palestinien la position française et européenne en faveur des deux États israélien et palestinien, mais aussi "encouragé les dirigeants palestiniens à poursuivre leur appel au calme et au dialogue", a indiqué l'Élysée. 

La rencontre avec cette délégation conduite par Azzam Al-Ahmada, président du groupe Fatah au sein de ce conseil, précède la réunion du Conseil central palestinien du 15 janvier, qui se penchera sur la situation régionale après la décision américaine sur Jérusalem, dénoncée par les Palestiniens, selon un communiqué de la présidence. 

"La délégation palestinienne, saluée par le président de la République française, a remercié la France pour son soutien et rappelé ses positions en faveur d'une paix juste et négociée avec Israël", a rapporté l'Élysée. Et le président de la République, qui doit se rendre en Israël et dans les territoires palestiniens en 2018, a "réaffirmé la position française et européenne en faveur des deux États et la nécessité de faire émerger les conditions d'une feuille de route politique dans les semaines à venir, comme évoqué avec le président Abbas". 

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