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Audiovisuel public : le président de la commission d'enquête va proposer le maintien des vidéos et comptes rendus, quelle que soit l'issue du vote des députés sur le rapport

Le député Horizons Jérémie Patrier-Leitus évoque une question de transparence, alors que les députés doivent se prononcer sur la publication ou non du rapport issu des travaux.

Le député UDR Charles Alloncle (à gauche) et le député Horizons Jérémie Patrier-Leitus (à droite), respectivement rapporteur et président de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public à l'Assemblée nationale à Paris, le 2 février 2026.

Crédit : Thomas SAMSON / AFP

La rédaction de RTL

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Le rapport parlementaire sur l'audiovisuel public sera-t-il publié ? Les membres de la commission d'enquête doivent trancher à huis clos, ce lundi 27 avril à partir de 14h30, pour rendre public ou non ce rapport très commenté... et dont les débats menés par le rapporteur, Charles Alloncle, élu du parti d'Éric Ciotti, ont été très suivis sur les réseaux sociaux.

Alors pour éviter les tensions, et les soupçons de censure, le député Horizons Jérémie Patrier-Leitus, président de la commission, va proposer de maintenir en ligne les vidéos largement relayées sur les réseaux sociaux et les comptes rendus. 

"Les Français ont suivi cette commission d'enquête parce que j'ai souhaité que les auditions se tiennent publiquement et ils ne comprendraient pas que l'ensemble des vidéos, des comptes rendus disparaisse et qu'on fasse comme si rien n'avait existé", commente-t-il auprès de RTL, confirmant une information de Politico. Il s'agirait là d'une première sous la Ve République, selon le député. 

Parmi les motivations de cette demande, l'élu avance "un souci de transparence vis-à-vis des Français et de cohérence".

Un contenu jugé "dérangeant" par plusieurs députés

Le rapport n'a pourtant pas fait l'unanimité. Le député MoDem Erwan Balanant n’a pas mâché ses mots à l'encontre du rapport au micro de RTL : "Ce rapport n'est pas bon. À l'image des auditions, il y a des mises en cause personnelles qui n'ont rien à faire dans un rapport parlementaire. Des manipulations de chiffres qui sont complètement éhontées. Il y a plein de choses qui sont très dérangeantes dans ce rapport." Malgré cela, il a exprimé voter en faveur de sa publication. "Il vaut mieux pouvoir le faire exister et contre-argumenter point par point", a-t-il justifié auprès de RTL.

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D’autres élus ont dénoncé un "ton" problématique, évoquant des "attaques ad hominem", des "insinuations" voire des "mensonges". La députée macroniste Céline Calvez a expliqué auprès de l'AFP ainsi hésiter, refusant de “laisser passer ce qui est faux”, tout en craignant d’alimenter l’idée d’un rapport dissimulé.

À l’inverse, pour certains élus, publier un document jugé biaisé reviendrait à cautionner ses méthodes. Le député RN Laurent Jacobelli a prévenu : "Ce serait une forme de censure qui serait très significative sur les liens qui unissent les partis au pouvoir depuis des décennies et le service public. Il montrerait que ce qui est dit dans le rapport est réel en fait." Charles Alloncle, lui, avait mis en garde : "Enterrer ce rapport serait une faute démocratique".

Des propositions radicales pour réformer l’audiovisuel public

Le rapport contiendrait près de 80 propositions visant à réaliser plus d’un milliard d’euros d’économies. Parmi les pistes avancées : la suppression de France 4 et de France TV Slash, la fusion de France 2 et France 5 en une grande chaîne généraliste, ou encore le regroupement de franceinfo et France 24. Côté radio, la disparition du Mouv’, antenne dédiée au hip-hop, est également évoquée.

Le député a aussi proposé de réduire fortement les budgets des divertissements et du sport, ainsi que de revenir à une nomination des dirigeants de l’audiovisuel public par l’Élysée, une mesure dénoncée par certains comme un "retour à l’ORTF". Les économies générées seraient affectées au désendettement de l’État et à l’entretien du patrimoine public.

Lancée le 25 novembre dernier, la commission d’enquête aura été particulièrement mouvementée. En quatre mois, 67 auditions et 234 intervenants se sont succédé, dans une atmosphère souvent électrique. Parmi les personnalités entendues : Delphine Ernotte, Vincent Bolloré, Xavier Niel, Léa Salamé ou encore David Pujadas. Plusieurs échanges tendus et accusations ont largement été partagés sur les réseaux sociaux.

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