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Élections régionales 2015 : quelles sont les consignes de vote des partis pour le second tour ?

ÉCLAIRAGE - Fusions, consignes de vote, soutiens, retraits de liste... Coup d’œil sur les différentes stratégies des partis politiques pour le second tour.

Des bulletins de vote le 6 décembre lors du premier tour des élections régionales (illustration).
Des bulletins de vote le 6 décembre lors du premier tour des élections régionales (illustration). Crédit : AFP
James Abbott
James Abbott

À l'aube du deuxième tour des élections régionales dimanche 13 décembre, de nombreuses tractations ont eu lieu durant l'entre-deux tours entre les différents partis politiques. Le chef de file du parti Les Républicains, Nicolas Sarkozy, reste dans sa position traditionnelle du "ni-ni", en refusant tout retrait de liste et toute fusion avec les listes de gauche, au risque de laisser l'extrême remporter quelques régions.

Pas de stratégie à avoir pour le Front national qui s'est maintenu dans toutes les régions où il a présenté une liste en France métropolitaine (échecs en Guadeloupe (1,5%) et à la Réunion (2,5%)). Le Parti socialiste en revanche, troisième parti en nombre de voix au niveau national, a souhaité retirer ses listes arrivées en troisième position afin de "faire barrage" au Front national, comme l'a répété le Premier ministre Manuel Valls, très virulent envers l'extrême droite durant la campagne.

Les écologistes entre barrage au FN et pragmatisme

En Bretagne, comme en 2010, la liste d’Union de la gauche menée par Jean-Yves Le Drian n’a pas trouvé d’accord avec Europe Écologie Les Verts pour la triangulaire du second tour. Emmanuelle Cosse, secrétaire générale du parti, a dénoncé le “sectarisme” du ministre de la Défense. Néanmoins la consigne nationale du parti reste de "faire barrage au FN en soutenant les candidats garants des principes républicains" dans les régions où le Front National est en position de l’emporter.

Dans les régions Île-de-France, Midi-Pyrénées-Languedoc-Roussillon, Auvergne-Rhône-Alpes, Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes, Centre-Val-de-Loire, Normandie et Pays de la Loire, EELV est parvenu à trouver un accord avec les listes d’Union de la Gauche qui se sont maintenues au second tour. Dans les autres régions où le score ne dépasse pas 5%, ce qui empêche donc une fusion des listes, EELV appelle à voter pour les listes menées par les Parti socialiste.

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L’Alliance écologiste indépendante (AEI) s’est également positionnée pour le deuxième tour en restant fidèle à son credo (ni gauche, ni droite). Le parti a signifié qu’il soutiendrait Christian Estrosi (Union de la droite) en PACA après l’avoir rencontré. Le maire de Nice aurait, selon AEI, “validé” le projet “d’institut pour l’écologie et la qualité de la vie” qu’ils réclamaient. En Île-de-France, le parti soutient Claude Bartolone (Union de la gauche) “pour des raisons programmatiques (sic)” et appellent à voter pour lui.

Pour qui voteront les 900.000 électeurs de Debout la France ?

Le mouvement Debout La France, mené par Nicolas Dupont-Aignan, a réalisé un des meilleurs scores de son histoire au premier tour des élections régionales, réunissant près d'un million de voix au niveau national. L’ancien membre du RPR ne veut donner “aucune consigne de vote pour le second tour”. Une ligne politique qui est inflexible au point que Gaël Nofri, ancien conseiller de Marine Le Pen et tête de liste dans les Alpes-Maritimes qui avait recueilli 1,77% des voix, a été contraint de démissionner du parti après avoir appelé à voter pour Christian Estrosi en région PACA. 

À part Masseret, les candidats PS perdants respectent les consignes nationales

Le PS avait appelé les têtes de listes qui sont arrivées en troisième position derrière le FN et les listes d’Union de la droite à se retirer pour le second tour afin de “faire barrage” à l’extrême droite. Seul Jean-Pierre Masseret dans la région du Grand-Est a refusé d’appliquer cette consigne, et s’est maintenu malgré le désistement de près de 70 colistiers et le retrait de l'investiture du PS.

Un front républicain malléable pour la gauche radicale

Jean-Luc Mélenchon, député européen du Parti de gauche, a expliqué mercredi 9 décembre qu'il ne donnera pas de consigne de vote en PACA et Nord-Pas-de-Calais-Picardie, où les candidats de gauche se sont retirés du second tour des élections régionales pour contrer le FN.

De nombreux accords de fusion entre les listes EELV et Front de Gauche avaient été trouvés pour le premier tour. Ces listes ont ensuite rejoint les listes PS pour le second tour là où la gauche s'est maintenuesauf en Bretagne, où Jean-Yves Le Drian conserve sa liste initiale PS-PRG. Dans les autres régions où le Front de Gauche n'a pas obtenu les 5% nécessaires, le parti soutient tout de même la liste de gauche face à la droite et l'extrême droite.

Néanmoins lors de sa déclaration d’entre-deux-tours, le parti de Gauche a fustigé la “politique antisociale et anti-écologique qui a divisé la gauche et désespéré le peuple”, menée par François Hollande et Manuel Valls qui “portent une énorme responsabilité” concernant les résultats du premier tour.

Du côté du PCF, les communistes ont appelé, après le premier tour, à "construire des listes de second tour qui rassemblent les différentes listes de gauche" du premier tour et demandé, par la voix de leur leader Pierre Laurent, à faire barrage au Front national.

Pas de front républicain en PACA pour le PRG

Le parti radical de gauche, qui a présenté une liste commune avec le Parti socialiste dans la majorité des régions lors du premier tour, n’a pas été satisfaite du retrait imposé en PACA de la liste de Christophe Castaner par les instances nationales du PS. Le parti présidé par Jean-Michel Baylet n’a ainsi pas appelé à voter pour Christian Estrosi (LR) dans cette région, contrairement à la région Grand-Est, où le PRG fait front républicain face au FN en appelant à voter pour Philippe Richert (LR).

En Corse, seule région où le PRG a présenté une liste seul, le parti de centre-gauche soutient Paul Giaccobi (DVG) qui est arrivé en tête au premier tour. Dans le reste des régions Jean-Michel Baylet a appelé à “l’unité et la mobilisation” en réclamant un vaste rassemblement nécessaire pour que la gauche emporte une majorité de régions.

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