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Sarkozy en garde à vue : le résumé de l'affaire tentaculaire du financement libyen

ÉCLAIRAGE - Nicolas Sarkozy a été placé en garde à vue, ce mardi 20 mars. L'ancien président de la République est interrogé dans le cadre de l'affaire sur les soupçons de financements libyens de sa campagne de 2007.

Mouammar Kadhafi et Nicolas Sarkozy, à Paris le 10 décembre 2007
Mouammar Kadhafi et Nicolas Sarkozy, à Paris le 10 décembre 2007 Crédit : Patrick HERTZOG / POOL / AFP
MariePierreHaddad75
Marie-Pierre Haddad
Journaliste RTL

Un dictateur a-t-il financé une partie de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007 ? Nicolas Sarkozy a été placé en garde à vue, ce mardi 20 mars, dans le cadre de l'enquête ouverte en 2013 sur les soupçons de financements libyens de sa campagne. 

Selon une source proche du dossier, citée par l'AFP, l'ancien président de la République est entendu par les policiers de l'Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales, à Nanterre. 

Proche de Nicolas Sarkozy, Brice Hortefeux a été entendu en audition libre. Selon l'AFP, "cette nouvelle étape marque un coup d'accélérateur dans ce dossier tentaculaire instruit par des magistrats du pôle financier. Les juges s'intéressent à des flux financiers impliquant des protagonistes liés au régime de l'ancien dictateur libyen Mouammar Kadhafi".

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1. L'arrestation de Takieddine au Bourget

En juillet 2011, tout part du témoignage de l'homme d'affaires franco-libanais Ziad Takieddine. Ce proche de Brice Hortefeux et de Jean-François Copé est arrêté au Bourget le 5 mars 2011, avec 1,5 million d'euros en espèce dans une valise. Plus tard, Mediapart publie un "document évoquant le rôle joué par Claude Guéant", rappelle Le Monde.

À cette époque directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy, il se rend plusieurs fois en Libye entre 2005 et 2007, afin d'y être reçu par de hauts dignitaires du régime de Mouammar Kadhafi. Divers documents dont des courriers rédigés par Nicolas Sarkozy et Claude Guéant évoquent la vente de prestations de services de "guerre électronique" d'une société française, basée à Tripoli.

Le rôle de Ziad Takieddine se précise petit à petit. Il apparaît que ce dernier aurait joué l'intermédiaire entre le régime libyen, Nicolas Sarkozy et même des grandes entreprises françaises comme Total

2. Deux notes révélées par "Mediapart"

En mars 2012, Mediapart publie un document laissant penser que le dirigeant libyen aurait financé la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy de 2007 à hauteur de 50 millions d'euros. Le site d'enquête publiera par la suite un autre document attribué à un ancien chef des renseignements extérieurs libyens. Il y affirme que la Libye a accepté en 2006 de financer pour 50 millions d'euros la campagne de Sarkozy, lequel porte plainte pour faux.  

Ce nouveau document "corrobore les déclarations de Saïf-al-Islam Kadhafi, le fils du dictateur. Émanant de Moussa Koussa, il évoque un "accord de principe pour appuyer la campagne électorale du candidat Nicolas Sarkozy, pour un montant d'une valeur de 50 millions d'euros", explique Le Monde. Ce montant est supérieur au plafond des dépenses de campagne, qui est de 18,5 millions d'euros.

En mai 2012, l'avocat de l'ancien premier ministre libyen, Baghadadi Ali Al-Mahmoudi, affirme que la Libye a bien financé la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007. "Nous l'avons subventionné d'un montant important, à peu près 50 millions d'euros, ou quelque chose qui s'en rapproche", explique-t-il. L'ancien président de la République n'est alors pas directement mis en cause dans cette affaire. 

3. Claude Guéant mis en examen

Ue information judiciaire contre X est ouverte par le parquet de Paris en avril 2013. Bachir Saleh, ex-directeur de cabinet de Kadhafi, dément avoir été destinataire du document, que le signataire présumé qualifie de faux. Le 30 avril, le parquet de Paris ouvre une enquête pour faux, usage de faux et publication de fausse nouvelle. Un non-lieu sera prononcé en 2016, confirmé en appel en 2017. Nicolas Sarkozy s'est pourvu en cassation

De son côté, Claude Guéant devait fournir les preuves d'achat et de vente de ces toiles. Les juges financiers parisiens avaient lancé une commission rogatoire internationale en Malaisie mais n'ont pas eu de réponse. Le 7 mars 2015, ce proche de Nicolas Sarkozy est mis en examen dans l'affaire des tableaux pour "faux" et "usage de faux" et "blanchiment de fraude fiscale en bande organisée". Ses biens immobiliers seront saisis en 2017. 

4. Un carnet, trois versements

Le 27 septembre 2016, le carnet d'un ex-dignitaire libyen, mentionnant trois versements en 2007 destinés à Nicolas Sarkozy pour au moins 6,5 millions d'euros, est transmis aux enquêteurs. Le 15 novembre, Ziad Takieddine affirme avoir remis à l'ex-chef de l'État et à son camp 5 millions d'euros provenant de Mouammar Kadhafi entre 2006 et 2007. De son côté, l'ancien président de la République dément.

"Le 8 janvier, l'homme d'affaires Alexandre Djouhri, personnage-clé de l'enquête, qui ne s'est pas présenté à une convocation de la justice française en 2016, est arrêté à Londres. Il est en détention provisoire depuis février et fait l'objet d'une demande d'extradition vers la France, qui sera examinée en juillet, rappelle l'AFP. Le 25 février, Bachir Saleh, exilé en Afrique du Sud, que la justice française souhaite aussi interroger, est blessé par balle".  

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