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Salon de l'Agriculture 2018 : pourquoi les agriculteurs sont en colère

ÉCLAIRAGE - S'il a tenté de déminer le terrain en recevant des agriculteurs à l'Élysée, Emmanuel Macron est attendu au tournant samedi 24 février porte de Versailles.

Le candidat Macron en visite au Salon de l'Agriculture 2017
Le candidat Macron en visite au Salon de l'Agriculture 2017 Crédit : AFP / Archives, Lionel BONAVENTURE
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Ludovic Galtier
et AFP

Moins d'un mois après la Corse, où il était attendu au tournant par les nationalistes, Emmanuel Macron va vivre son premier Salon de l'Agriculture dans le costume de président de la République. Un nouveau rendez-vous à couteaux tirés, tant la souffrance des agriculteurs et du monde rural sont palpables et la crise persistante. On se souvient des combats récents des agriculteurs pour être payés au juste prix (lait, viande...), contre le nouveau plan loup ou la sortie annoncée du glyphosate.

En prévision de l'événement de la porte de Versailles, chaque année ultra médiatisé, Emmanuel Macron a reçu, jeudi 22 février, à l'Élysée un millier de jeunes agriculteurs pour les rassurer. Le chef de l'État a notamment annoncé un dispositif de prêts garantis pour la nouvelle génération à hauteur d'un milliard d'euros. 

Si le Président, parfois présenté comme le Président des villes, se défend d'une quelconque opération déminage, il veut "chouchouter" et ménager les agriculteurs. Pour éviter un nouvel incident - le candidat Macron avait pris œuf sur la tête l'an passé - le chef de l'État a missionné son Premier ministre, Édouard Philippe, d'y passer trois jours. L'objectif étant de démontrer au monde agricole que ses inquiétudes sont prises au sérieux.

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La réforme des zones défavorisées

Premier point de crispation : la nouvelle carte des zones agricoles défavorisées, qui remplacera à partir du 1er janvier 2019 la carte actuelle, datant de 1976. Ce sont soit des terres montagneuses, soit des parcelles peu fertiles où les rendements sont faibles. Dans le cadre de la révision de cette carte, qui recense pas moins de 14.000 communes françaises, 1.400 pourraient être privées de l'indemnité compensatoire de handicap naturel.

Deux-Sèvres, Aude, Aveyron...
 Des centaines d'agriculteurs ont protesté dans toute la France ces dernières semaines contre une carte qui subventionnera paradoxalement plus d'agriculteurs (de 55.000 à plus de 60.000).

Illustration des inquiétudes à Pau. Mercredi 21 février, des agriculteurs à bord d'une centaine de tracteurs manifestaient pour dénoncer le projet européen. "Elles auraient pour conséquences, si rien n'était fait, d'entraîner une régression notable de l'élevage dans des zones intermédiaires" et "des pertes significatives d'emplois en milieu rural", écrit Alain Rousset, président de la région Nouvelle Aquitaine.

Un accompagnement financier pendant deux ans

Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement
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Ce redécoupage "exclut encore trop de zones du dispositif et les solutions pour les accompagner ne sont pas suffisantes. Les agriculteurs qui vont perdre les aides ne peuvent se contenter de réflexion ou de promesses d’engagements. Ils attendent du concret", ont prévenu la FNSEA et les Jeunes agriculteurs dans un communiqué.

Pour tenter de rassurer les agriculteurs, le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, avait annoncé le 15 février que les agriculteurs exclus des aides européennes bénéficieraient d'un "accompagnement" financier pendant deux ans. Cet accompagnement, "c'est 80%, pour la première année, du montant qui a été touché l'année d'avant", a-t-il affirmé. "C'est seulement 20% l'année d'après", a-t-il poursuivi. "Après, il faut sans doute un accompagnement renforcé", a dit le ministre. 

L'accord de libre-échange avec le Mercosur

Autre point de crispation : l'accord de libre-échange avec le Mercosur, l'alliance économique d'Amérique du Sud (Brésil, Argentine, Paraguay et Uruguay). Ils craignent l'importation chaque année en Europe de 70.000 tonnes de viande bovine sud-américaine, sans droits de douane.

Quelque 20 000 agriculteurs se sont mobilisés dans près de 90 départements, ont affirmé les organisateurs dans un communiqué. "Le gouvernement français nous abandonne. On nous promet des choses, des revalorisations dans le cadre des États généraux de l'alimentation (clos en décembre, ndlr) et de l'autre côté, on signe des accords pour importer de la viande de pays où les normes ne sont pas les mêmes", a déploré auprès de l'AFP Sébastien Poncet, président des Jeunes Agriculteurs de l'Isère, au péage de Vienne.

Christophe Castaner, secrétaire d'État aux Relations avec le Parlement, a indiqué que les discussions se poursuivaient car les inquiétudes des agriculteurs et des consommateurs étaient "légitimes". "Il nous faut toutes les garanties, nous ne les avons pas aujourd'hui", a-t-il précisé sur BFMTV. La France souhaite "faire en sorte que ce contingent de 70.000 tonnes soit bien séparé entre viande fraîche et viande congelée, d'une part", a déclaré le ministre. 

Il a également souhaité que des conditions soient posées sur les standards de qualité et sanitaires en vigueur en France.

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