2 min de lecture Réforme territoriale

Rouen : pourquoi l'État paye-t-il 100.000€ de loyer pour un immeuble vide ?

INTERVIEW - Le bâtiment "Concorde" était censé regrouper plusieurs services de l'État pour la région Haute-Normandie. La réunion des deux régions normandes a mis entre parenthèse ce projet amorcé en 2011.

L'immeuble Concorde de Rouen
L'immeuble Concorde de Rouen Crédit : Capture d'écran Google Street View
Geoffroy Lang
Geoffroy Lang

L'intention des pouvoirs publics était certainement bonne à l'origine : regrouper plusieurs services de l'État en Haute-Normandie dans un bâtiment unique à Rouen, le "Concorde", pour réaliser des économies. Mais depuis 2011, le projet est dans l'impasse. Les travaux entrepris pour aménager les 12.000m² de bureaux ont pris du retard et la réforme territoriale qui entrera en vigueur en janvier 2016 a complètement rebattu les cartes. Alors que la préfecture de Haute-Normandie planche encore sur l'avenir du bâtiment, l'État paye 100.000€ de loyer chaque mois depuis la prise du bail, en février 2014.

La note commence à être salée pour un projet qui était censé permettre de réaliser des économies. Près de 2 millions d'euros ont été déboursés pour s'acquitter du loyer d'un bâtiment jusqu'à présent vide. La future fusion des Haute et Basse-Normandie a mis un point d'arrêt au projet de centralisation des Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi (DIRECCTE), Direction Régionale de la Jeunesse, des Sports et de la Cohésion Sociale (DRJSCS), Direction départementale de la protection des populations (DDPP) et de l'Agence régionale de Santé (ARS). L'avenir du super-centre administratif est dans le flou mais il est désormais certain que le projet initial ne verra jamais le jour : le nouveau siège de l'ARS Normandie sera à Caen.

Vers une rupture de bail ?

"On essaye de trouver une solution qui convienne au propriétaire et à l'État", commente sobrement Agnès Bouty-Triquet, la secrétaire générale adjointe de la préfecture de Haute-Normandie. La nouvelle répartition des compétences et des services au sein de la future région remet complètement en cause l'avenir du bâtiment Concorde, dont la capacité est désormais démesurée par rapport au besoin de l'État. "La rupture du bail fait partie des scénarios possibles mais c'est encore l'objet d'une discussion", temporise-t-elle.

Le retard des travaux, notamment en raison d'une opération de désamiantage, explique la situation actuelle. Mais la préfecture ne souhaite pas jeter la pierre au gestionnaire de l'immeuble fantôme, la SCI 95 Bretagne : "Il n'y a pas de coupable dans cette affaire", souffle-t-on avec un certain fatalisme.

L'État paie son loyer mais le reste ne me regarde pas.

Michel Yaouanc, gestionnaire du Concorde, à Rouen
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Pour Michel Yaouanc, le représentant de la SCI 95 Bretagne, l'État représentait pourtant un locataire idéal depuis que France Télécom avait quitté le bâtiment en 2009, comme le rappelle le quotidien Paris Normandie. Le gestionnaire du Concorde assure qu'il ne sait pas du tout de quoi l'avenir sera fait : "L'État paye son loyer mais le reste ne me regarde pas". Michel Yaouanc reconnait qu'une rupture de bail serait éventuellement une solution envisageable. Mais au vue du montant du loyer et des sommes engagées dans les travaux pour adapter le bâtiment, la note risque d'être salée. Cela s’élèverait "à plusieurs millions c'est sûr", avance-t-il pudiquement.

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