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Richard Ferrand, un macroniste pur jus pour la présidence de l'Assemblée

PORTRAIT - Ce proche d'Emmanuel Macron est en passe de devenir le prochain président de l'Assemblée nationale. Ancien socialiste, il incarne aujourd'hui la vision macroniste.

Richard Ferrand à l'Assemblée nationale, le 4 juillet 2017
Richard Ferrand à l'Assemblée nationale, le 4 juillet 2017 Crédit : Martin BUREAU / AFP
Marie-Pierre Haddad
Marie-Pierre Haddad
et AFP

En marche vers la présidence de l'Assemblée nationale. Richard Ferrand a été élu par le groupe La République En Marche dès le premier tour, avec 64,26% des suffrages. Il dévance ainsi sa principale opposante, Barbara Pompili et, est en passe de devenir le prochain président de l’hémicycle. 

Le chef de file des députés de la majorité a tenu à préciser que "la campagne interne s'est déroulée dans un climat fraternel, dans la clarté, dans la transparence". Concernant le fait de voir une femme prendre la tête du Palais Bourbon, Richard Ferrand a déclaré : "Il y avait un choix entre quatre personnalités, deux femmes et deux hommes. Le choix s'est porté sur moi. Vous me pardonnerez de ne pas être une dame". 

Richard Ferrand fait partie du cercle très fermé des proches d'Emmanuel Macron. En effet, il a été avec Gérard Collomb, l'un des premiers membres du Parti socialiste, a apporté son soutien au candidat En Marche. Qualifié de "chouchou" du président de la République, le principal concerné n'approuve pas ce surnom. 

Futur président de l'Assemblée nationale ?

Parlementaire méconnu il y a encore deux ans et désormais futur quatrième personnage de l'ÉtatRichard Ferrand a émergé dans le sillage du météore Emmanuel Macron, dont il fut un des premiers soutiens. Son costume d'homme de confiance ne semble pas s'être élimé au fil des années, qu'il s'agisse en 2015 de ferrailler dans la peau du rapporteur général de la loi du ministre de l'Économie Macron, puis de structurer en 2016 le parti En Marche ! de l'ambitieux candidat, ou encore de prendre en 2017 la tête d'un groupe inexpérimenté de quelque 300 députés pour voter les réformes du nouveau président. 

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Son nom a donc émergé comme une évidence après le départ du Perchoir pour le ministère de la Transition écologique de François de Rugy. "Il faut quelqu'un qui soit solide à la tête de l'Assemblée", résume ainsi le patron des sénateurs REM François Patriat, en pensant à "l'année difficile", ponctuée de textes importants, qui se profile. 

Poser ses valises à l'hôtel de Lassay devrait néanmoins sonner comme une respiration pour Rcihard Ferrand, éprouvé par quinze mois parfois électriques à la tête du contingent REM de l'Assemblée. Gestion des premiers pas des uns, des égos des autres, des ambitions, des faux pas et des psychodrames ont rendu la vie dure à ce fumeur invétéré de 56 ans. "Il faut donner de sa personne quand on est président de groupe", souffle-t-il auprès de l'AFP. "François Patriat a une jolie formule : quand tu es président de groupe, tu n'engendres que des aigris, auxquels tu dis non, ou que des ingrats, à qui tu dis oui"

Contesté au sein de La République En Marche

Cet ancien socialiste aux 37 années de cotisation et au parcours d'élu plutôt modeste (conseiller général du Finistère de 1998 à 2011, conseiller régional depuis 2010 ndlr) avant de devenir en 2012 député du Finistère, a dû plusieurs fois affronter un vent de contestation au sein d'une frange minoritaire mais active parmi ses troupes

Des braises parfois attisées par son prédécesseur au Perchoir avec qui il a entretenu des relations conflictuelles. "Je pense que Richard Ferrand n'est pas bon pour le poste. Il ne parle à personne, ce n'est pas un bon manager", lançait la semaine dernière une députée REM, formulant des critiques maintes fois entendues dans d'autres bouches : trop distant, trop directif, trop absent... 

"Plus vous avez un groupe important, plus il faut passer du temps dans les vestiaires. Vous êtes moins en visibilité parce qu'il faut envoyer des gens en visibilité", plaide-t-il en retour, en pointant en privé avec "philosophie" le "volume d'emmerdements" lié à sa fonction. "Il y a du plaisir aussi, quand on négocie avec des ministres et on fait de très belles rencontres humaines, on voit des talents émerger", loue encore l'ancien journaliste.  

Éphémère ministre d'Emmanuel Macron

Son entourage comme ses détracteurs soulignent aussi que l'été lui a été plus propice. Richard Ferrand a tiré son épingle du jeu par son assise, dans les turbulences liées à l'affaire Benalla

L'Aveyronnais, fils d'un artisan du bâtiment et d'une employée de commerce, devenu Breton de circonstance en 1991, a surtout essuyé la tempête avec l'affaire immobilière le touchant.  
Ancien directeur général des Mutuelles de Bretagne de 1998 à 2012, il est toujours sous le coup d'une information judiciaire pour "prise illégale d'intérêts", après une première enquête classée sans suite.  

L'histoire, révélée en mai 2017, lui a coûté son éphémère portefeuille de ministre de la Cohésion des territoires, abandonné un mois plus tard pour la tête du groupe, et laissé des cicatrices personnelles importantes, notamment pour sa compagne, également mise en cause, et ses trois enfants de 28, 15 et 10 ans. Mais elle n'a semble-t-il pas entamé la fidélité du chef de l'État qui a dépêché des conseillers pour s'assurer de la bonne tournure de l'élection de lundi

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