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Couacs à répétition à l'Assemblée : pourquoi Ferrand et de Rugy sont si discrets

DÉCRYPTAGE - En pleine période de tensions à l'Assemblée nationale, certains députés de l'opposition trouvent que le président de l'Assemblée et le président du groupe REM sont bien discrets.

Richard Ferrand à l'Assemblée nationale, le 4 juillet 2017
Richard Ferrand à l'Assemblée nationale, le 4 juillet 2017 Crédit : Martin BUREAU / AFP
MariePierreHaddad75
Marie-Pierre Haddad
Journaliste RTL

L'un est président du groupe La République En Marche, l'autre est président de l'Assemblée nationale. Richard Ferrand et François de Rugy ont fait l'objet de nombreuses critiques de la part des députés. Pourquoi ? Parce que, d'après eux, ils brillent par leur absence. Le tout dans une période de confusion à l'Assemblée nationale et de couacs à répétition. Le point d'orgue de leurs critiques a été atteint lors de la séance de débats de la loi Confiance le 28 juillet 2017. 

Après un départ du groupe la France insoumise en pleine séance, le chef de file des Républicains, Christian Jacob, a demandé au président de séance de s'expliquer : "Nous n'avons pour discuter ni le président de l'Assemblée, ni le ministre des Relations avec le Parlement, ni le chef du groupe majoritaire". Des critiques similaires ont également été faites par d'autres députés, comme André Chassaigne, qui a reproché à Richard Ferrand de ne "quasiment jamais" intervenir "en séance".

Les chefs, ils sont où ?

Delphine Batho
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Pour la députée socialiste, Delphine Batho, "la majorité n'est pas dirigée". Elle ajoute qu'il y a des "dysfonctionnements répétés du Parlement depuis le début de la semaine et encore cette nuit, qui sont inacceptables (...) Le problème qui est posé n'est pas de pointer du doigt des jeunes collègues, c'est-à-dire des nouveaux députés qui n'ont pas nécessairement une longue expérience des débats parlementaires, ce n'est pas à eux qu'il faut faire porter le chapeau". 

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L'ancienne ministre critique l’absence du président du groupe REM et du président de l'Assemblée : "Les chefs, ils sont où ? Ils sont où les chefs quand il y a des discussions à l’Assemblée nationale ? Président du groupe majoritaire, pas là. Président de l’Assemblée nationale, pas là. Ministre des Relations avec le Parlement, pas là. Tous les groupes de l’opposition participent à ce débat sur la confiance dans la démocratie avec la volonté d’être constructifs, d’être ambitieux". Le député Les Républicains, Philippe Gosselin, a quant à lui publié une "alerte enlèvement" ironique sur son compte Twitter.

Loi Confiance

Ni "surveillant général", ni "chien de berger"

François de Rugy explique dans un entretien à Franceinfo avoir "l'habitude de l'Assemblée nationale". "J'y ai siégé pendant deux mandats avant d'en devenir le président. Des séances honteuses, j'en ai vues. Des incidents de séances, j'en ai vus. Ils étaient provoqués volontairement par des députés de l'opposition, quelle que soit l'opposition. Malheureusement, cela fait partie d'une certaine tradition parlementaire que certains députés veulent entretenir". Par rapport aux remarques faites sur sa non-présence, il ajoute : "La bonne foi n'est pas toujours la qualité la mieux partagée dans les débats politiques et parlementaires. Christian Jacob n'a pas cherché à me joindre hier soir. S'il l'avait fait, il m'aurait joint sans aucun problème, de même qu'il m'a joint ce matin et que nous nous sommes parlés. J'ai suivi la séance avec le vice-président, il a fait respecter les règles". 

Et Richard Ferrand ? Le chef de file de La République En Marche reste très discret. Il "ne tient pas son groupe", juge un proche de la majorité dans Le Monde. "Sur cette loi de moralisation de la vie publique, je comprends que Ferrand se tienne à l’écart, c’est délicat pour lui", estime un poids lourd de l’Assemblée. Le journal cite un député REM qui reconnaît ne "pas savoir ce qu'il fait de ses journées, on le voit deux fois deux heures par semaine en réunion de groupe et ça s'arrête là". Le principal intéressé répond au quotidien : "J'ai été président de groupe majoritaire à la région Bretagne pendant six ans, je n'aurais pas aimé cette responsabilité passionnante (...) Mon rôle, c'est de permettre aux talents d'éclore, et aux compétences des uns et des autres de s'exprimer". Mais s'il y a une chose dans laquelle il ne se voit pas, c'est celui de "surveillant général" ou de "chien de berger"

Christophe Castaner monte au créneau

Reste encore Christophe Castaner. Le secrétaire d'État aux Relations avec le Parlement a été dépêché brièvement à l'Assemblée. Il a rappelé que "ce qui compte, c'est que les choses avancent. Bien sûr il y a des débats, des reportages, des commentaires, des incidents de séance, ce qui n'est pas très nouveau (...) Mais l'ensemble des textes que nous avions inscrits à la session extraordinaire de juillet se poursuivent dans de bonnes conditions et nous serons en avance sur le calendrier que nous avions envisagé".

Le porte-parole du gouvernement se défend en affirmant que "le ministre en charge des Relations avec le Parlement n'a surtout pas vocation à être en banc des ministres en lieu et place de ses collègues" et a mis en avant "un principe de base : jamais un ministre ne doit se prononcer sur l'indépendance du fonctionnement des chambres (...) Chaque groupe doit assumer son propre fonctionnement. On fera le moment voulu, on va laisser passer quelques semaines (...) le bilan de l'hyperprésence de tous les présidents de groupe. Vous verrez qu'au fond Richard Ferrand sera certainement parmi les plus actifs à l'Assemblée nationale.

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2017-07-29 10:00:00
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