2 min de lecture Réforme des retraites

Retraites : le blocage des raffineries est "illégal", juge le gouvernement

Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d'État à l'Économie, rappelle jeudi 2 janvier qu'il est "légitime que les Français aient accès à l'essence", alors que la CGT appelle à des blocages du 7 au 10 janvier.

Une station-service en rupture de carburants (Illustration)
Une station-service en rupture de carburants (Illustration) Crédit : Frédéric Scheiber / Hans Lucas
Félix Roudaut
Félix Roudaut
et AFP

Le gouvernement hausse le ton. Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d'État à l'Économie, a jugé jeudi 2 janvier "illégal" le blocage des raffineries souhaité par la Fédération CGT de la Chimie du 7 au 10 janvier pour obtenir le retrait du projet de réforme des retraites.

"C'est illégal, le blocage des raffineries. C'est pas le droit de manifester, c'est pas le droit de grève", a-t-elle affirmé sur BFMTV. "Aujourd'hui il est légitime que les Français aient accès à l'essence, c'est une pression qui n'est pas acceptable", a-t-elle souligné.

"Ce qui est important, c'est de dire qu'on n'attache pas des droits à un statut, c'est que demain vous pouvez changer de métier et continuer à avoir vos droits, c'est extrêmement important à un moment où deux tiers des métiers ne sont pas connus, ceux qui seront en 2050, on ne les connait pas", a-t-elle poursuivi.

Thierry Defresne, délégué syndical central chez Total, a indiqué mardi 31 décembre que la Fédération CGT de la Chimie appelait à un blocage de toutes les installations pétrolières - raffineries, terminaux pétroliers, dépôts - pendant 96 heures, du 7 au 10 janvier. "Ce gouvernement n'entend rien, il faut mettre davantage de pression", a-t-il expliqué, tout en précisant qu'il s'agit de bloquer la sortie des produits pétroliers et non d'arrêter la production.

"Je suis très confiante"

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Le secteur pétrolier veut "participer à la mobilisation, mais ne souhaite pas se retrouver isolé comme en 2016". Lors des mobilisations contre la Loi Travail en 2016, une grève reconductible de 24 jours avec arrêt des installations avait été décidée, a-t-il rappelé. "Ces annonces sont faites pour faire paniquer les Français et qu'ils se précipitent dans les stations ce qui peut ensuite causer des ruptures sur des carburants", a déploré pour sa part la ministre de la Transition écologique Élisabeth Borne.

"Je suis très confiante. Nos raffineries fonctionnent aujourd'hui, six sur sept expédient leurs produits. Il n'y a aujourd'hui aucun problème d'approvisionnement des stations et il n'y en aura pas demain. On a des stocks pour trois mois. La seule chose qui peut créer des difficultés, c'est s'il y a des pleins de précaution", a-t-elle assuré sur LCI.

Sur les huit raffineries françaises (en comptant la bio-raffinerie de La Mède), cinq dépendent du groupe Total, deux d'Esso (Exxon-Mobil) et une de Petroineos, celle de Lavera dans les Bouches-du-Rhône. L'appel concerne aussi les terminaux pétroliers de Dunkerque, Le Havre et Marseille, les dépôts et les avitailleurs (qui fournissent en carburant les avions).

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