4 min de lecture Remaniement ministériel

Remaniement : Bayrou, Royal, Valls, qu'en est-il de l'ancien monde ?

ÉCLAIRAGE - L'idée d'un gouvernement de concorde nationale avait émergé au plus fort de la crise contre le coronavirus. Au moment où les paris sont lancés sur la possibilité d'un remaniement, qu'en est-il de ceux qui incarnent l'ancien monde ?

Ségolène Royal et Manuel Valls, le 6 juin 2016
Ségolène Royal et Manuel Valls, le 6 juin 2016 Crédit : DOMINIQUE FAGET / AFP
Marie-Pierre Haddad
Marie-Pierre Haddad
et AFP

Au plus fort de la crise sanitaire, Emmanuel Macron n'avait pas hésité à désigner du bout du doigt la perspective de l'après-crise. Le président qui avait promis de se "réinventer" va multiplier les consultations afin de "faire des propositions aux Français". Le chef de l'État devrait les annoncer entre le 28 juin, date du second tour des élections municipales et le 14 juillet. 

Selon l'Élysée, Emmanuel Macron a décidé de charger Richard Ferrand (Assemblée), Gérard Larcher (Sénat) et Patrick Bernasconi (Conseil économique, social et environnemental) de lui remettre pour fin juin un diagnostic de sortie de crise. Autre possibilité pour amorcer une sortie de crise : un remaniement. Selon un sondage Odoxa publié ce jeudi 4 juin, 64% des personnes interrogées veulent un remaniement et 65% qu'Édouard Philippe demeure à Matignon

Sur la liste des éventuels successeurs à Matignon, Bruno Le Maire et Gérald Darmanin occupent les rôles de favoris. L'idée d'un gouvernement de concorde nationale avait émergé au plus fort de la crise contre le coronavirus. Qu'en est-il de François Bayrou, Ségolène Royal ou encore Manuel Valls ? 

La note de Le Gendre sur le remaniement

Déjà secoué par la constitution coup sur coup de deux nouveaux groupes parlementaires à l'Assemblée, le chef de file des députés LaREM Gilles Le Gendre est fragilisé par une fuite dans la presse qui lui attribue une "note" sur un remaniement ministériel.  

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Il semble regretter qu'Édouard Philippe se "garde bien d'intervenir dans les affaires de la majorité". Et évoque deux "favoris" pour lui succéder : le ministre des Affaires Etrangères Jean-Yves Le Drian qui "saura gérer la majorité" mais "appuiera peu l'élan que nous souhaitons donner", et le ministre de l'Économie Bruno Le Maire, qui "porterait parfaitement la reconstruction" malgré un "faible charisme". 

Dans le groupe LaREM, il n'y aurait en revanche "aucun candidat crédible" pour Matignon. Aux autres postes, il cite "le cas complexe" d'un retour éventuel de Manuel Valls, aux Affaires étrangères.

Proche d'Emmanuel Macron, François Bayrou cultive sa place d'électron libre

Proche du président de la République, François Bayrou milite pour que l'exécutif "se réinvente". "Il faut qu'il réinvente le lien entre la société et l'État, entre le pays dans ses communautés, dans sa vie, depuis les associations jusqu'aux entreprises et les collectivités locales. Il y a une sève qui ne circule plus venant de la base avec le sommet du pays", a-t-il affirmé.

Interrogé sur LCI pour savoir s'il pourrait faire partie du gouvernement en cas de remaniement, François Bayrou a répondu "non". "Ça n'est pas une hypothèse et ça n'est pas mon hypothèse", a affirmé celui qui fut brièvement ministre de la Justice au début du quinquennat avant de quitter le gouvernement sur fond d'affaire des assistants parlementaires européens du MoDem.

"Je suis maire de Pau, candidat au renouvellement de ce mandat", et "je suis à la tête d'une famille politique qui compte dans la vie politique française et je n'ai pas l'intention d'entrer dans des spéculations gouvernementales", a-t-il développé.

Critique à l'égard de l'exécutif, Royal se veut loin des spéculations

"Ce n'est plus le moment de critiquer" le gouvernement. Cette phrase de Ségolène Royal a ouvert la porte à une multitude de spéculations concernant le rôle qu'elle pourrait avoir dans le cas d'un remaniement. "Tout a été dit à la fois sur les choses positives qui ont pu être faites, notamment sur les décisions économiques, et sur les failles et les manquements", a poursuivi l'ancienne candidate socialiste à la présidentielle de 2007, rappelant au passage qu'elle avait pointé tôt dans la crise du coronavirus le manque de masques disponibles en France.

Mais le naturel de l'ancienne ambassadrice des pôles a vite repris le dessus. Sur Cnews, l'ancienne ministre de l'Environnement a fustigé le manque d'anticipation du gouvernement. "Si nous avions eu tous ces équipements, il n’y aurait pas eu de confinement, c’est-à-dire qu’il n’y aurait pas eu tous ces dégâts psychologiques, humains et économiques", a-t-elle indiqué. 

Ségolène Royal cultive l'art de l'entre-deux en critiquant, puis ménageant Emmanuel Macron et le gouvernement. Progressivement de plus en plus critique de l'exécutif après avoir jugé favorablement l'élection d'Emmanuel Macron à l'Élysée, Ségolène Royal avait évoqué en début d'année l'hypothèse d'une candidature présidentielle en 2022, au nom d'une "troisième voix" entre "l'élite mondialisée" qu'incarnerait Emmanuel Macron et l'extrême droite.

Soutien du président, Manuel Valls mise sur la patience

Le 16 avril dernier, Manuel Valls, grand soutien d'Emmanuel Macron, a estimé que "ça n'avait aucun sens" d'entrer dans un gouvernement d'union nationale "aujourd'hui" alors que la France est "en pleine guerre" contre le coronavirus.

"Si je comprends bien, on irait chercher les gens qui sont partis très loin, l'une à New York (l'ancienne ministre sarkozyste Nathalie Kosciusko-Morizet, ndlr) et l'autre à Barcelone. Honnêtement je pense que tout cela est indécent à ce niveau-là", a affirmé sur RMC l'ancien socialiste, parti en vain en 2018 à la conquête de la mairie de Barcelone, où il est aujourd'hui conseiller municipal.

Mais alors qu'Emmanuel Macron planche sur l'après-crise du coronavirus, la situation pourrait changer dans l'esprit de Manuel Valls. "J'ai dit que ma patrie c'est la France, que j'avais la chance d'avoir des identités différentes (…) Évidemment si je pouvais à un moment ou l'autre aider mon pays, je peux le faire de mille manières". Dans un entretien au Monde début mars, l'ancien candidat à la primaire socialiste en 2017 déclarait : "Je considère qu'à 57 ans je ne suis pas totalement terminé"

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