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Régionales : Claude Bartolone ne quittera pas l'Assemblée, mais...

Le président de l'Assemblée nationale, pressé de démissionner par certains à droite, depuis l'annonce de sa candidature, lâche du lest. Pendant sa campagne, il laissera sa place au perchoir à ses vice-présidents.

Claude Bartolone à l'Assemblée (archives).
Claude Bartolone à l'Assemblée (archives). Crédit : PATRICK KOVARIK / AFP
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Sa double casquette agace dans les rangs de l'UMP. Claude Bartolone en tire les leçons. Le président de l'Assemblée nationale a annoncé mardi 12 mai qu'il se retirerait du perchoir au plus fort de la campagne.

En butte aux critiques de la droite sur son double rôle depuis sa candidature comme chef de file socialiste aux régionales en Île-de-France, il a assuré dans la matinée que sa "seule règle de conduite" pendant la campagne serait "toute la loi, rien que la loi", notamment sur le financement. 

Le président de l'Assemblée a ajouté dans l'après-midi que, "lorsqu'on entrera dans le temps de la campagne", il demandera aux vice-présidents de le "remplacer au perchoir pendant les travaux, notamment pendant les moments où ils sont télévisés, pour assurer cette différence" de rôles.

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Bartolone promet une séparation "rigide"

Claude Bartolone préside actuellement lui-même les séances de questions au gouvernement, télévisées, ainsi que les votes solennels sur les textes de loi. Il est assisté de six vice-présidents (trois PS, deux UMP et un écologiste), qui dirigent la plupart des autres séances. Il était toutefois resté au perchoir pendant la totalité du débat difficile sur le mariage des homosexuels en 2013.

Au lendemain de l'annonce surprise de sa disponibilité à mener la campagne des socialistes franciliens, le quatrième personnage de l'État avait promis qu'il entretiendrait une séparation "rigide" entre ses deux casquettes et vivrait pendant quelques semaines "une schizophrénie stricte".

Pécresse lui a demandé de démissionner

Mais la candidate UMP aux régionales Valérie Pécresse en demande plus. Dans le sillage de plusieurs de ses soutiens, comme le député du Val-d'Oise Jérôme Chartierelle plaide pour la démission du président de l'Assemblée en raison de cette campagne. Outre la nécessité pour les habitants de la région la plus riche et la plus peuplée de France d'"un candidat à 100%", l'ancienne ministre appelle à "éviter la suspicion des mélanges des genres". 

"Saura-t-on quand il recevra pour remettre une légion d'honneur à l'Hôtel de Lassay des centaines de personnes autour d'un buffet s'il le fait comme président ou comme candidat ?", interroge la députée des Yvelines. 

Pas d'unanimité à l'UMP

Plusieurs ministres ou responsables socialistes et écologistes ont défendu Claude Bartolone en rappelant que Valérie Pécresse avait fait campagne en restant ministre, comme d'autres membres du gouvernement Fillon. Ils arguent aussi que le président de l'Assemblée est tenu par sa fonction même à une certaine neutralité. Et nombre de présidents de l'Assemblée ont fait campagne par le passé en restant au perchoir, rappelle l'entourage de l'élu de Seine-Saint-Denis. 

Le président UMP du Sénat Gérard Larcher, également président du comité de soutien de Valérie Pécresse, trouve "nullement incompatible", mais "un peu difficile", d'être candidat aux régionales, "un enjeu politique majeur", en restant président d'une assemblée, "une fonction d'arbitre".

Quant au chef de file des députés UMP Christian Jacob il a souhaité des garanties écrites de "transparence" du président de l'Assemblée sur sa façon de mener campagne. Son argument : cette candidature "pose un problème institutionnel et un problème de bon fonctionnement de notre assemblée". Mais ce député de Seine-et-Marne n'exige pas de démission. Il appelle le président de l'Assemblée à se décider au regard de "règles éthiques"

"Parachute doré" en politique

"En tant que président de l’Assemblée nationale", Claude Bartolone "n’a eu de cesse de promouvoir l’éthique et la transparence de cette institution. Son travail ni partisan, ni sectaire, est salué sur tous les bancs du Palais Bourbon", a riposté par communiqué le sénateur PS francilien Luc Carvounas, proche de Manuel Valls, dénonçant "un combat démagogique".

Des responsables socialistes ont affirmé à l'AFP que "Claude Bartolone a négocié (avec l'Élysée) la certitude de pouvoir rester au perchoir tout en étant candidat", mais aussi après, s'il perdait le scrutin. Invention du "parachute doré en politique", a taclé l'UMP Geoffroy Didier, l'un des porte-parole de campagne de Valérie Pécresse

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Le président de l'Assemblée nationale, pressé de démissionner par certains à droite, depuis l'annonce de sa candidature, lâche du lest. Pendant sa campagne, il laissera sa place au perchoir à ses vice-présidents.
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2015-05-12 19:23:04
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