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Réforme des retraites : à quoi vont ressembler les simulations ?

Info RTL INFO RTL - RTL a eu accès à la série des "cas types", des exemples de ce que toucheront des salariés ou des fonctionnaires dans le futur système universel. Une cinquantaine de cas-types seront mis en ligne ce jeudi 19 décembre. Un simulateur plus complet sera progressivement accessible au grand public.

Illustration de la réforme des retraites
Illustration de la réforme des retraites
Crédit : AFP / PHILIPPE HUGUEN
Réforme des retraites : à quoi vont ressembler les simulations ?
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Anaïs Bouissou - édité par Cassandre Jeannin

Emmanuel Macron l’avait expressément demandé au gouvernement : il voulait un simulateur d’ici au 18 décembre. Depuis, en coulisses, les équipes travaillent jours et nuits à la publication d’exemples concrets pour "que chacun se fasse sa propre idée du futur régime." Ce simulateur permet d'abord de répondre à la question : suis-je concerné par la réforme ? Il est disponible sur le site https://www.reforme-retraite.gouv.fr.

En parallèle, une cinquantaine de simulations, que RTL et Le Parisien se sont procuré, sera mis en ligne ce jeudi 19 décembre. Parmi les "cas types", des enseignants, des aides-soignants, des secrétaires, cadres supérieurs ou encore des artisans.

À chaque fois, un tableau fait la comparaison entre une personne qui part dans le système actuel à la retraite à 62-64-65-67 ans, et la même personne qui aura passé une partie de sa carrière en accumulant des points dans le futur système.

Le nombre de "cas types" est censé progresser de jour en jour, pour atteindre 150 exemples différents d’ici au 22 janvier prochain, jour de la présentation du projet de réforme au conseil des ministres. La finesse des simulations doit également augmenter pour permettre à ceux qui le souhaitent d’entrer un maximum d’informations sur eux (date de naissance, nombre d’enfants, carrière dans le public, dans le privé, etc.) et de connaître ce que changerait le futur régime pour eux.

Une méthode qui a voulu neutraliser l’effet "âge pivot"

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"Nous avons voulu rester neutres sur la question actuellement en discussion de l’âge pivot" c’est ce qu’expliquent les techniciens qui ont travaillé aux "cas types". C’est pourquoi les différences de pensions avant/après réforme sont calculées, selon la même durée de travail. 

Dans les deux cas, l’âge auquel les personnes partent à taux plein est le même : une personne qui commence à travailler à 22 ans, garde le même âge de départ à taux plein, 65 ans, soit 43 années de cotisation. Ces simulations restent donc théoriques, car les paramètres ne seront pas forcément ceux qui seront choisis in fine.

Parmi les hypothèses utilisées pour mettre au point les simulations, les experts ont également choisi une croissance économique de long terme de 1,3% et des salaires qui augmentent au même rythme que la croissance dans le privé comme chez les indépendants. Dans la fonction publique, l’hypothèse retenue est une valeur du point d’indice qui évolue au même rythme que l’inflation.

Selon ces hypothèses, qui y gagnera ?

À carrière égale, un aide-soignant gagnerait une pension supérieure dans le futur système, quel que soit son âge de départ à la retraite.

Aide Soignant by RTLfr on Scribd

Étonnamment selon les exemples retenus par le secrétariat d’État aux Retraites, même une salariée qui aurait une "carrière ascendante", c’est-à-dire, qui gagnerait bien plus en fin de carrière, y gagnerait. Par exemple : Lisa, née en 1990. Elle toucherait en fin de carrière, 10.000 euros brut par mois.

Lisa aurait un gain de pension, en partant à la retraite à 62 ans, avoisinant les 640 euros brut par mois (4.739 euros brut de pensions dans le futur système, contre 4.101 euros dans le système actuel). Une différence énorme qui s’explique aussi par le fait que Lisa cotisera davantage qu’aujourd’hui au cours de sa carrière.

Cas Type - Salarié Non Cadre Devenu Cadre Supérieur by RTLfr on Scribd

Les faibles revenus pas toujours gagnants

Enfin, concernant la situation d’une personne au Smic toute sa vie, bénéficiaire donc de la promesse d’une "pension à 1.000 euros minimum", à l’heure actuelle les résultats sont contrastés.

Prenons le cas-type de Leïla, née en 1980. Elle touche tout au long de sa carrière, 1.520 euros brut par mois. Dans le futur système si elle part à 62 ans (âge légal à partir duquel elle a droit à la retraite) elle pourrait perdre 23 euros par mois. En revanche, Leïla, à partir du moment où elle partirait à l’âge du taux plein (65 ans, hypothèse retenue) serait largement gagnante. Sa pension serait de 1.398 euros par mois contre 1.175 euros dans le système actuel.
 
En l’état actuel des choses, les enseignants seraient les grands perdants de la réforme.
La simulation concernant le cas type d’un professeur des écoles est particulièrement parlante. Il s’agit de Martin, né en 1980, il aura donc 40 ans en 2020. Entre le système actuel et le futur système, si rien ne change, à moins de partir très tard à la retraite (à 67 ans), Martin y perdrait entre 120 et 130 euros brut de pension tous les mois.

Professeur Des Écoles by RTLfr on Scribd

Pire encore, le cas d’Agnès : née en 1990, elle a 10 ans de moins que Martin. Agnès, si elle commence à enseigner à 22 ans et qu’elle fait toute sa carrière dans la fonction publique, pourrait y perdre  – sans les revalorisations en cours de négociation - près de 200 euros par mois en partant à la retraite à 62 ans. Elle gagnerait dans le système actuel 2.350 euros brut de pension et dans le futur système 2.159 euros.

Des pertes énormes donc, qui justifient la volonté affichée du gouvernement de corriger le tir et de garantir que les niveaux de rémunérations vont d’abord augmenter pour absolument garantir qu’aucun professeur ne soit floué une fois à la retraite.

Des cas types qui oublient les enfants et les carrières heurtées

Le gros manque des "cas types" que nous avons pu consulter, à l’heure actuelle, c’est l’absence de l’effet "enfants" sur les pensions. Aucun exemple ne reprend l’incidence d’une, deux, trois grossesses dans le futur régime. C’est un défaut dans le sens où le gouvernement insiste sur l’effet bénéfique pour les familles, du futur système.

De même, l’effet "carrières heurtées" sera au moins ce jeudi, très peu représenté. Tout au plus, il y aura l’exemple d’un chômeur très longue durée et d’un salarié qui travaille 80% du temps toute sa carrière. Mais la situation assez classique, de périodes courtes de chômage au cours d’une carrière ne sera, dans un premier temps, pas appréhendée.

Reste beaucoup de questions sans réponses : quel sera l’effet du futur système sur les pensions des carrières longues ? Des personnes en situation de handicap ? Quels seront les effets d’un changement d’entreprise ? D’un passage du public au privé au cours de sa carrière ? Enfin qu’en sera-t-il des retraites des cheminots ? Tous ces exemples risquent de manquer. Et c’est d’autant plus problématique qu’à l’heure actuelle, sans les améliorations négociées avec le gouvernement, il se pourrait que les futurs retraités des régimes spéciaux de la SNCF ou de la RATP y perdent.

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