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Réforme des institutions : "La droite fait semblant de se fâcher", juge Alba Ventura

ÉDITO - Édouard Philippe a annoncé, mercredi 4 avril, les arbitrages sur la réforme emblématique des institutions promise par Emmanuel Macron. La droite est vent debout. Comme si ce projet n'était pas dans ses promesses depuis longtemps déjà !

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Réforme des institutions : "La droite fait semblant de se fâcher", juge Alba Ventura Crédit Image : CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP | Crédit Média : RTLnet | Date :
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Alba Ventura
Alba Ventura et Loïc Farge

Trente pour cent de parlementaires en moins, 15% de proportionnelle. Le premier ministre Édouard Philippe a dévoilé, mercredi 4 avril, les grands axes de la réforme constitutionnelle qui ne sera pas votée avant l'année prochaine. La droite est vent debout. D'ores et déjà, elle annonce qu'elle ne votera pas cette réforme.

Ils me font rire à droite. Parce que si on revient un tout petit peu en arrière, en octobre 2016, au moment de la primaire de la droite, François Fillon voulait organiser un référendum pour réduire le nombre de parlementaires. Il tablait lui aussi sur 30% de parlementaires en moins.

Alain Juppé, lui, proposait carrément une réduction de 50% des députés et sénateurs. Et pardon, mais en 2012 c'était aussi dans les promesses de Nicolas Sarkozy.

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Alors je veux bien que ce soit compliqué pour la droite en ce moment, qui a bien du mal à se positionner sur la réforme de la SNCF, mais on ne peut pas dire il y a un an et demi : "Il faudra donner plus de moyens aux députés, il faudra limiter les temps de parole qui ne servent à rien - bref il faudra un Parlement plus efficace" -, et dire aujourd'hui que finalement cela va affaiblir les élus et pénaliser les territoires. Un peu de cohérence ne nuirait pas !  

Les Français archi-favorables à la réforme

Autre argument : on entend dire que c'est "une réforme démago". On entend l'idée que cette révision constitutionnelle c'est encore plus de concentration des pouvoirs dans la main d'un homme. Je crois que pour le Président et le Premier ministre, c'est surtout une réforme qui ne coûte pas cher.

Ça ne fait pas polémique chez les Français. Ils sont archi-favorables. Ils veulent moins de parlementaires (c'est le cas de neuf Français sur dix) et ils trouvent que la proportionnelle c'est démocratique (ils sont plus des deux-tiers à le penser, selon un sondage Odoxa).

Par ailleurs, sur la limitation à trois mandats successifs, l'exécutif a pris soin d'épargner les maires des communes de moins de 9.000 habitants. Sans compter que cette mesure-là n'entrera pas en fonction avant 2032. Ça laisse du temps.

Là encore, les Français estiment à 86% que limiter à trois le nombre de mandats dans le temps c'est bon pour le renouvellement. Je vais vous dire en vérité : au mieux les Français approuvent, au pire ils s'en contre-fichent.

Tout va se jouer au moment des débats, mais il y a de fortes chances pour que cette réforme soit votée. Surtout, il y a de fortes chances pour que Macron ne se hasarde pas à un référendum à mi-mandat. Mais vous savez, on est dans le compromis.

Prenez la proportionnelle à 15%. C'est "Je te donne ça et toi tu me donnes ça", "Je prends à Bayrou qui voulait 25% et je donne un peu raison à Larcher (le président de droite du Sénat) qui ne voulait que 10%". Et puis surtout "Je joue Larcher contre Wauquiez, histoire de fracturer encore un peu la droite".

Comment l'exécutif pourrait-il échouer ?

Alors c'est vrai que le MoDem de François Bayrou est déçu, mais il y a peu de chance pour qu'il s'y oppose. Et puis les petits partis, comme la France insoumise ou le Front national, font la fine bouche. Notamment Marine Le Pen. Mais c'est inespéré pour elle, 15% de proportionnelle. Cela veut quand même dire qu'elle peut avoir un groupe parlementaire la prochaine fois.
 
Quant aux socialistes, ils disent que ce n'est pas la réforme qu'ils attendaient. Mais du temps de François Hollande, ils y étaient prêts. Je ne vois pas comment le Président et le Premier ministre peuvent échouer sur ce texte. Un texte qui, rappelons-le, ne fera pas faire beaucoup d'économie et qui ne changera pas la face la Ve République, ni le rapport des Français aux politiques.

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