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Qui sont les royalistes en France en 2016 ?

INTERVIEWS - L'Action française, groupe monarchiste, a organisé durant le week-end des 7 et 8 mai un événement sous le signe de la fleur de lys.

Une personne porte le drapeau de l'Action française devant la statue de Jeanne D'arc, le 09 mai 2010 à Paris.
Une personne porte le drapeau de l'Action française devant la statue de Jeanne D'arc, le 09 mai 2010 à Paris.
Crédit : MEHDI FEDOUACH / AFP
Clémence Bauduin
Clémence Bauduin

Le weekend du 7 mai était un temps fort pour l'Action française. Samedi après-midi, l'association royaliste a organisé un colloque suivi d'un banquet. Parmi les invités, la député frontiste du Vaucluse, Marion Maréchal-Le Pen, a pris part au débat intitulé "Je suis royaliste, pourquoi pas vous ?" au côté, notamment, du maire de Béziers, Robert Ménard. Tout un programme, à décrypter à l'aune des sympathisants qui ont assisté à l'événement. 

Le lendemain, dimanche 8 mai, l'Action française a répondu présente, comme chaque année, au traditionnel défilé nationaliste. "C'est l'un des temps forts du mouvement avec la commémoration de la mort de Louis XVI (le 21 janvier, ndlr)", explique Antoine Berth, porte-parole de l'Action française, à RTL.fr. Parti de la France, Renouveau français, GUD... Depuis plusieurs années, le 8 mai est le rendez-vous des nationalistes radicaux. Une date immanquable pour l'Action française qui, si elle affirme ne pas avoir "plus d’accointances que cela" avec ces groupuscules, se dit "très contente que d’autres gens viennent défiler".

L’alternative à la République, qui nous a emmenés dans le mur, c’est la monarchie.

Robert de Prévoisin, délégué général d'Alliance royale

Nationalisme, royalisme, patriotisme... mais surtout pas de République

"Un roi pense à la prochaine génération alors qu’un président pense à sa réélection", résume pour RTL.fr Robert de Prévoisin, 70 ans, délégué général de l'Alliance royale, un autre mouvement monarchiste, pour défendre l'existence de son groupe. Joint par RTL.fr, Robert de Prévoisin illustre les convictions de son mouvement avec force politesse et modération. Pour lui, la partisanerie royaliste a, en 2016, plus que jamais, un sens. "Il s'agit de montrer aux Français que l’alternative à la République qui nous a emmenés dans le mur, c’est la monarchie", lance le délégué général d'Alliance royale, qui présente les sympathisants royalistes comme "des gens dégoûtés de ce qui se passe dans notre République".

Les monarchistes seraient-ils seulement une vague contestataire nostalgique du XVIIIe siècle ? L'Action française apparaît plus dure. Celle-ci se revendique nationaliste et royaliste. "Nationaliste, c'est aujourd'hui un gros mot connoté extrême droite mais nous sommes totalement décomplexés par rapport à cela", affirme Antoine Berth. "Nous voulons toucher tous les Français sans adapter notre discours. Nous avons des principes, des idées mais il n'est pas question de faire de compromis. Nous ne plions pas avec le sens du vent."

Qui sont les royalistes du XXIe siècle ?

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"Malgré une majorité d’hommes, l'Alliance royale touche tous les milieux - des chômeurs, chefs d’entreprise, professions libérales, agriculteurs, etc.", s'enorgueillit Robert de Prévoisin. Selon un sondage BVA pour France-Soir publié à l'occasion de la présidentielle 2007, 3% de Français se disaient "tout à fait favorables" à un roi en France et 14% "plutôt favorables". 20% de l'échantillon d'électeurs interrogés affirmaient enfin être susceptibles de voter pour un candidat royaliste au premier tour de la présidentielle de 2007.

Le projet de refaire un sondage pour la prochaine campagne est évoqué par l'Alliance royale, seul mouvement royaliste politisé, qui propose régulièrement un candidat aux élections nationales depuis 15 ans. Un candidat pour 2017 n'est pas à exclure, selon les confidences de Robert de Prévoisin. Le cas échéant, son nom sera dévoilé à l’université d’été, les 3 et 4 septembre prochains. L'Alliance royale possède des délégués "répartis sur toute la France" et quelques élus depuis les municipales. Robert de Prévoisin est lui-même conseiller municipal à Cussay, en Touraine. "C'est moins le résultat qui compte que d’exprimer notre présence auprès des Français", fait savoir celui-ci.
À l'Action française (AF) comme à l'Alliance royale, les portes-paroles se satisfont d'une représentation, dans leurs rangs, "de l’ensemble de la population française". L'Action française revendique 3.000 sympathisants en France. "C'est un nombre en constante augmentation depuis 5 ou 6 ans. Depuis les manifestations anti-Mariage pour tous en 2013 - l'Action française est à l'origine du Printemps français -, de jeunes militants nous rejoignent. Ils ont entre 16 et 50 ans, nous sommes redevenus à la mode", se félicite Antoine Berth en riant. Ce dernier souligne également les succès en librairie de Philippe de Villiers ou Éric Zemmour qui, selon lui, sont "proches des idées d’AF" et traduisent un engouement pour les idées royalistes.

Le Front national, un allié ?

Marion Maréchal-Le Pen a donc participé au colloque de l'Action française. "Le Front national est peut être le plus monarchiste des partis français, en ce sens qu'il est le dernier à défendre les fonctions régaliennes de l'État", a affirmé samedi 7 mai la benjamine de l'Assemblée nationale, chaleureusement applaudie par l'Action française, selon Le Figaro qui relaie ses propos. 

Pour autant, Marion Maréchal-Le Pen se défend d'avoir des idées royalistes. Le porte-parole d'Action française, lui, n'est pas si tranché à l'égard de la député frontiste du Vaucluse. "Marion Maréchal-Le Pen, c’est un peu comme Charles de Gaulle ou Éric Zemmour, ce sont des gens qui partagent un corpus d’idées. La démarche philosophique est la même, à l’opposé du libéralisme ou du socialisme, le royalisme ne les dérange pas", croit savoir Antoine Berth. L'Action française se dit "proche de tous les mouvements souverainistes" et précise qu'il lui est arrivé d'"appeler à voter pour le FN, mais aussi Debout la France, le Mouvement pour la France de