1. Accueil
  2. Actu
  3. Politique
  4. Puteaux : un préfet, multipropriétaire, logé en HLM
3 min de lecture

Puteaux : un préfet, multipropriétaire, logé en HLM

Alain Gardère loge dans un appartement de 75 mètres carrés pour 2.000 euros de loyers mensuel. Il gagne un salaire mensuel net de 9.800 euros.

Alain Gardère
Alain Gardère
Crédit : AFP
Marie-Pierre Haddad & AFP

Alain Gardère, préfet proche de la droite déjà mis en examen pour corruption passive, est au centre d'une nouvelle polémique car il habite un logement HLM à Puteaux, dans les Hauts-de-Seine, attribué dans des conditions douteuses. "Alain Gardère a obtenu un gros piston de l'office HLM de Puteaux, présidé par la maire de Puteaux", a commenté samedi auprès de l'AFP l'opposant Christophe Grébert (MoDem), après avoir soulevé la question en conseil municipal mardi. 

Le préfet loge actuellement dans un appartement de 75 mètres carrés pour 2.000 euros de loyer mensuel, situé dans un ensemble nouvellement construit du quartier du Théâtre à Puteaux. Il lui a été attribué par l'Office public de l'habitat (OPH) de la ville, présidé par la maire Joëlle Ceccaldi-Raynaud, membre du parti Les Républicains. Or, le préfet disposerait de revenus largement au-dessus des plafonds de ressources nécessaires pour bénéficier d'un logement social.  

Un salaire mensuel net de 9.800 euros

Il aurait reconnu devant un juge toucher un salaire mensuel net de 9.800 euros, une prime annuelle de 18.000 euros et 55.000 euros de revenus fonciers, selon un article de Mediapart publié le 30 juin. Il serait même propriétaire avec son épouse, dont il est aujourd'hui séparé, de 10 appartements en région parisienne, selon le site d'informations. 

Le plafond pour le logement social concerné est fixé à 45.000 euros de revenus annuels pour un couple, lors de l'entrée dans les lieux, selon Le Monde. Et un HLM ne peut en principe pas être attribué à une personne qui possède déjà un logement correspondant à ses besoins. "Cette situation (...) déroge aux règles d'attribution des logements sociaux, et est à ce titre totalement inacceptable", a dénoncé vendredi la ministre du Logement, Emmanuelle Cosse, dans un communiqué. 

À lire aussi

La ministre a promis "toute la lumière" sur cette attribution. L'Agence nationale de contrôle du logement social (Ancols) doit publier un rapport le 13 juillet, qui présentera les conclusions d'une enquête sur le fonctionnement de l'office HLM de Puteaux. À la mairie de Puteaux, on souligne que le logement a été attribué "sur contingent préfectoral". Autrement dit, la décision viendrait de la préfecture des Hauts-de-Seine, et non de l'office HLM. Joëlle Ceccaldi-Raynaud a aussi précisé à l'AFP qu'en tant que présidente de l'office HLM, elle "n'assure pas la direction de l'établissement, que la loi confie au directeur général", et qu'elle n'était "pas présente le jour de l'examen de ce dossier", car elle "ne préside pas la commission d'attribution des logements".

Il paye un prix supérieur au marché pour cet appartement, qu'il n'a pas négocié

Me Jean Veil

Mais la préfecture a publié un communiqué assurant que "M. Gardère n'a jamais figuré sur les listes d'allocataires proposés par les services de l'État". Et réclame à la maire de Puteaux "de prendre les dispositions nécessaires pour mettre fin à cette situation". Joëlle Ceccaldi-Raynaud a demandé à la directrice générale de l'office HLM de "réexaminer le dossier". Si le préfet Gardère n'a pas droit à son logement social, elle réclamera "avec la plus grande fermeté que toutes les voies de droit soient mises en oeuvre pour mettre un terme à ce bail", a-t-elle annoncé. 

Contacté par l'AFP, Me Jean Veil, l'avocat de Alain Gardère, a assuré que le haut fonctionnaire "ne bénéficie d'aucun avantage sur le plan pécunier" car "il paye un prix supérieur au marché pour cet appartement, qu'il n'a pas négocié". Les autres appartements dont il serait propriétaire "sont loués pour pouvoir les payer", a-t-il expliqué, sans vouloir en confirmer le nombre. Alain Gardère, ancien "grand flic" qui fut membre du cabinet de Claude Guéant au ministère de l'Intérieur, est interdit de tout emploi public depuis janvier, et est mis en examen notamment pour corruption passive, pour des faits commis lorsqu'il exerçait au Conseil national des activités privées de sécurité (Cnaps), instance chargée entre autres de délivrer des agréments aux entreprises de sécurité privée.

La rédaction vous recommande

L’actualité par la rédaction de RTL dans votre boîte mail.

Grâce à votre compte RTL abonnez-vous à la newsletter RTL info pour suivre toute l'actualité au quotidien

S’abonner à la Newsletter RTL Info

Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires.
Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Signaler un commentaire

En Direct
/

Bienvenue sur RTL

Ne manquez rien de l'actualité en activant les notifications sur votre navigateur

Cliquez sur “Autoriser” pour poursuivre votre navigation en recevant des notifications. Vous recevrez ponctuellement sous forme de notifciation des actualités RTL. Pour vous désabonner, modifier vos préférences, rendez-vous à tout moment dans le centre de notification de votre équipement.