1. Accueil
  2. Actu
  3. Politique
  4. Publicité sur l'alcool : "La filière viticole s'est laissé emberlificoter", estime Alba Ventura
3 min de lecture

Publicité sur l'alcool : "La filière viticole s'est laissé emberlificoter", estime Alba Ventura

REPLAY / ÉDITO - Des parlementaires ont donc réussi à remettre en cause la loi Évin. Dans cette affaire, les lobbies viticoles ont surtout œuvré pour les grandes marques d'alcool, plus que pour le vin.

Alba Ventura
Alba Ventura
Crédit : Alba Ventura
Publicité sur l'alcool : "La filière viticole s'est laissé emberlificoter", estime Alba Ventura
00:03:21
Publicité sur l'alcool : "La filière viticole s'est laissé emberlificoter", estime Alba Ventura
00:03:23
L'invité de RTL - Alba Ventura
Alba Ventura

La ministre de la Santé, Marisol Touraine, est furieuse après l'adoption d'un amendement qui met à mal la loi Évin. Les députés ont voté la possibilité d'élargir la publicité sur l'alcool. Le plus surprenant, c'est que le gouvernement aurait dû s'y opposer. C'est ce qui était prévu. Le ministre de l'Économie, Emmanuel Macron, devait déposer un amendement de suppression contre celui des députés. C'est curieux qu'il ne l'ait pas fait.

Est-ce qu'il faut en penser que c'est parce que le président de la République se rend dimanche 14 juin au grand salon du  vin Vinexpo à Bordeaux ? Dans les cabinets ministériels, on nous assure que cela n'a rien à voir. Est-ce qu'il faut y voir un enjeu électoral à l'approche des élections régionales ? Il ne faut pas oublier que des régions viticoles comme le Languedoc-Roussillon, l'Aquitaine ou encore la Bourgogne sont aujourd'hui des terres de gauche.

Contre-message

Ce qui est étrange c'est que le gouvernement ait pu laisser le sentiment de ne pas trancher entre intérêt de santé publique et intérêt économique. Comme s'il y avait un double discours.

Ce n'est pas un bon signal en matière d'alcoolisation. Le problème lorsqu'on touche à des lois pareilles, des lois de société, c'est qu'en tentant de les détricoter on envoie un contre-message. C'est de l'ordre du symbole. Mais c'est comme sur la sécurité routière : dès qu'on desserre un peu la bride, il y a du relâchement.

C'est comme sur la sécurité routière : dès qu'on desserre un peu la bride, il y a du relâchement

Alba Ventura
À lire aussi

Vous vous souvenez peut-être du débat qui avait eu lieu en 2010 sur l'assouplissement du permis à points. L'UMP avait été très en pointe. Xavier Bertrand, qui était à la tête du parti à l'époque, avait défendu la possibilité de récupérer un point au bout de six mois et non pas un an. Le nombre de tués sur les routes avait fait un bond exceptionnel de plus de 20% dans les six mois qui avaient suivi.

Évidemment, on ne sera jamais sûr à 100% de la relation de cause à effet. Mais il n'empêche que les mesures répressives ont un impact. En 1986, on comptait plus de 9.500 morts sur les routes. On est passé à plus de 6.500 en l'an 2000. On est aujourd'hui un peu au-dessus de 3.000. Parmi ces accidents mortels, un-tiers sont dûs à l'alcool. La moitié de ces accidents mortels concernent les moins de 25 ans.

Alcool+route+ jeunes : c'est un cocktail diabolique.

La loi Évin n'est pas une loi de prohibition

La loi Évin n'interdit pas tout. La publicité sur l'alcool est encadrée, mais pas interdite. L'information existe. Vous avez vu des suppléments "vin et Champagnes" dans les hebdomadaires, et on ne vous a pas mis en prison. En fait, ça dépend de quoi on parle. Si on parle des alcools durs, la loi Évin est une digue nécessaire. Sur le vin c'est un peu différent. Avec le vin, il y a une dimension de terroir, de culture française, qu'il ne faut pas négliger.

Les jeunes, lorsqu'ils vont en boîte de nuit, ne boivent pas du vin. Ils consomment de la vodka et du whisky. Le binge drinking, ce phénomène qui consiste à se saouler le plus rapidement possible chez les copains, ça ne se fait pas avec un Côte-du-Rhône, un Saint-Émilion ou un Mâcon-Villages (à consommer bien sûr avec modération !)

Le vin a une dimension de culture française qu'il ne faut pas négliger

Alba Ventura

Le problème d'ailleurs de cet amendement, c'est que la filière viticole s'est laissé emberlificoter par le lobby des alcools. Si d'aventure on ouvrait des espaces de publicité à la télévision, cela profiterait d'abord aux grands groupes de spiritueux et d'alcools forts, pas aux vignerons français.

Le problème de la loi Évin, c'est qu'elle a mis dans le même sac la tequila et le vin du petit producteur. Toutefois, elle n'est pas une loi de prohibition. Il faut sans doute réfléchir à tout cela, mais pas à coup d'amendements.

La rédaction vous recommande

L’actualité par la rédaction de RTL dans votre boîte mail.

Grâce à votre compte RTL abonnez-vous à la newsletter RTL info pour suivre toute l'actualité au quotidien

S’abonner à la Newsletter RTL Info

Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires.
Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Signaler un commentaire

En Direct
/