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Sébastien Lecornu a annoncé l"activation du plan Orsan niveau 3 le 25 juin 2026.
Crédit : STEPHANE DE SAKUTIN / AFP
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À Matignon, Sébastien Lecornu dresse une barrière quasiment étanche entre ses ministres et la présidentielle de 2027. Sa consigne : pas de candidat au gouvernement. Ses ministres n'ont pas le droit, non plus, d’avoir un rôle "opérationnel" dans une équipe de campagne.
Sébastien Lecornu est le Premier ministre qui avait voulu être moine. Dans sa jeunesse, il a songé à entrer dans les ordres. Des bénédictins, il a gardé la façon de se saluer : une forme de bise, front contre front. Mais aussi une maxime, car le chef du gouvernement s’est auto-proclamé : "moine soldat" et a fait vœu de profil bas.
Mi-avril, au Sénat, il jurait donc qu’il ne rejoindrait pas la cohorte des ambitieux : "Je vous le dis avec beaucoup de gravité. Je ne suis pas candidat à l'élection présidentielle. Donc n'ayez pas de problème avec ce gouvernement. On va faire tout ce qu'on peut pour faire avancer le pays pendant un an."
Malgré tout, le doute subsiste. Ne sera-t-il pas, comme tous les Premiers ministres ou presque, frappé par la malédiction de Matignon ? Quiconque franchit ces grilles se met à rêver du Palais suivant, l’Élysée.
Mais en petit comité, il martèle : "Je n’ai pas changé de réglage". "Il n’est pas candidat", jure un ministre. "Il faudrait vraiment une succession de circonstances inattendues et improbables pour qu’il le soit", explique-t-il.
Alors, quel rôle entend-il jouer ? Celui qui amène le paquebot au port en 2027 avant d’éteindre la lumière, sans se fracasser sur les récifs entre-temps, et assurer, à tout prix, un minimum de stabilité.
Mais sans majorité, cela coûte très cher, comme nous avons pu le constater l'année dernière, avec la suspension de la réforme des retraites.
Ses missions des mois à venir consisteront à gérer les crises, mais surtout à faire adopter le dernier budget du quinquennat. Mais là, le baromètre politique s’affole à nouveau. À six mois de l’élection présidentielle, chacun préférera jouer sa partition plutôt que de coopérer avec le gouvernement. Le risque de censure sera donc maximal.
Pour les ministres, le chef du gouvernement ne se consacrera dans les prochains mois qu'au Budget. Mais Sébastien Lecornu devra tout de même se mêler de la présidentielle, qu'il sera chargé d'organiser, de protéger des ingérences et des cyberattaques.
Sur le volet politique, n'oublions pas que Sébastien Lecornu est tombé à 16 ans... dans la marmite UMP. Militant depuis le plus jeune âge, il regardera forcément la présidentielle de très près. Sa réserve ne signifie pas, dans son esprit, rester les bras ballants face à la menace d'un second tour RN/LFI.
"S'il arrive à sortir du débat budgétaire, il aura ensuite les mains libres pour plus s'investir. Je ne pense pas qu'il soit contraint au silence jusqu'en avril" juge un ministre.
Sébastien Lecornu imagine plutôt une forme de soft power, un pouvoir d'influence tacite, notamment en défendant le bilan des quinquennats et en mettant de nouvelles mesures sur la table.
Le risque en cette année présidentielle pour le paquebot gouvernemental, c’est toutefois de terminer sa route dans l'indifférence générale.
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