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Primaire des Républicains : les vertus de la colère d'Alain Juppé décryptées par Alba Ventura

REPLAY - REPLAY / ÉDITO - La journaliste nous explique pourquoi le maire de Bordeaux a piqué une "bonne colère" contre "l'abaissement du débat public" et "la sottise qui inspire la caricature d'une France de race blanche".

Alba Ventura
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Primaire des Républicains : les vertus de la colère d'Alain Juppé décryptées par Alba Ventura
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Primaire des Républicains : les vertus de la colère d'Alain Juppé décryptées par Alba Ventura
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Alba Ventura & Loïc Farge

Ce week-end sur son blog, Alain Juppé s'en est pris àceux "qui abaissent le débat public" et "qui font la course à la vulgarité". L'ancien Premier ministre sulfate large. Il disperse, il ventile, il éparpille façon puzzle ! Sans jamais citer aucun nom. C'est une tribune contre Nadine Morano lorsqu'il dénonce "la sottise qui inspire la caricature d'une France de race blanche" ; contre Nathalie Kosciusko-Morizet, accusée de rechercher "le gros mot qui fera la une  des médias" après avoir traité les climato-sceptiques de "connards" ; contre Marine Le Pen, contre Jean-Luc Mélenchon, lorsqu'il fustige les "partis qui jouent sur les peurs" ; mais aussi contre Nicolas Sarkozy, lorsqu'il dénonce "l'arrogance des biens-pensants qui se réclament bruyamment des racines chrétiennes de la France sans y être vraiment fidèles".

Quand on parle de colère en politique, on pense à la "saine colère" de Ségolène Royal en 2007 lors de son débat face à Nicolas Sarkozy. À l'époque d'ailleurs, cette colère n'avait pas été mise à son crédit. Il faut toujours se méfier des colères. Celle de Ségolène Royal montrait qu'elle n'était pas maître de ses nerfs.

Si la politique se jouait un cran au-dessus, ce ne serait pas si mal

Alba Ventura

Pour Alain Juppé ce n'est pas ça. On sait qu'il peut être cassant, raide, acide, mais il n'est pas un colérique permanent. Ce coup de colère chez lui a deux vertus. D'abord ça réchauffe un peu son image, celle d'un homme qui a du tempérament, et qui n'est pas seulement un personnage froid. Attention : il ne faut pas être dupe. La colère c'est tendance : ça fait "chef" de se mettre en colère. Il y a la primaire en ligne de mire, il faut durcir le ton. Dans le journal L'Opinion, une étude montre que ceux qui sont certains d'aller voter à la primaire choisissent Nicolas Sarkozy devant Alain Juppé.

L'autre vertu, c'est de lui permettre de rappeler sur quelle ligne politique il évolue : l'anti-buzz, le fait qu'un homme politique doit s'exprimer correctement, éviter la surenchère et les gros mots.

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Alors soit, ça plait - à ceux qui estiment que la politique doit se faire à un certain niveau -, soit ça déplaît - il peut passer pour vieux schnock, qui fait de la politique de manière trop classique. On peut critiquer la méthode ou même ses cibles, mais sur le fond il n'a pas tort. Si la politique se jouait un cran au-dessus, ce ne serait pas si mal.

Les carnets du jour

Le téléphone de Jean-Louis Debré, le président du Conseil constitutionnel, n'arrête pas de sonner en ce moment. Des coups de fil tous plus aimables les uns que les autres. L'intéressé est sur le départ (il quittera son poste au mois de mars), et les postulants sont nombreux à vouloir prendre sa place. Mais il ne faudrait pas qu'ils s'imaginent qu'un président du Conseil constitutionnel passe son temps dans les colloques à l'étranger, à Marrakech, en Suisse ou à Venise. Non, ça c'était avant.

Jean-Louis Debré prévient : "Avant on rendait neuf décisions par an, aujourd'hui c'est 150 (...) On a fait en quatre ans plus de travail qu'en 49 ans". Fini le Club Med au Conseil Constit' !  

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