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Présidentielle 2022 : une candidature de Zemmour divise Les Républicains

DÉCRYPTAGE - Crainte infondée ou menace réelle ? La possibilité d'une candidature d'Éric Zemmour vient relancer la machine à spéculations au sein des Républicains.

Des affiches "Zemmour président", à Paris
Des affiches "Zemmour président", à Paris
Crédit : LUDOVIC MARIN / AFP
Marie-Pierre Haddad

Un "vrai sujet" Zemmour ? À l'heure où Les Républicains souhaitent éviter de tomber dans un bras de fer avec Xavier Bertrand avant l'élection présidentielle de 2022, un homme vient jouer les éléments perturbateurs à droite. Éric Zemmour, dont la candidature semble prendre forme dans son esprit, déclenche des avis très partagés chez Les Républicains. 

Certains l'envisagent comme une menace, d'autres estiment que le polémiste n'ira pas au bout de cette candidature. Un sondage Ifop pour Le Point datant du 6 juin dernier mesure les chances du polémiste pour 2022 : 5,5% au premier tour. Un score qui ne lui permettrait pas de se maintenir au second tour mais qui pourrait néanmoins mettre en difficulté Les Républicains

Invité de RTL ce jeudi 15 septembre, le président LR du Sénat Gérard Larcher relativisait une candidature polémiste. "Chacun peut être candidat. Encore faut-il avoir les parrainages et puis on verra", a-t-il expliqué.

Zemmour n'a "aucune chance", selon Morano

Dans les rangs LR, on minimise l'effet d'une candidature d'Éric Zemmour. Amie du polémiste, Nadine Morano juge que sa candidature n'est pas à l'ordre du jour. "Éric Zemmour est un ami. Même si je comprends qu'il veuille s'engager dans ce combat (la présidentielle, ndlr), je lui ai fortement déconseillé d'y aller, explique-t-elle à RTL.fr. Une campagne pour la présidentielle, c'est une énorme machine. Il n'a jamais fait de campagne et il est sans parti politique". À cela s'ajoute, selon elle, le fait qu'Éric Zemmour "ne serait pas en capacité de rassembler"

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"En toute amitié", la députée européenne affirme qu'il n'a "aucune chance". "C'est toujours gentil et facile de faire des affiches", mais cela est insuffisant pour mener une campagne présidentielle, estime-t-elle. Un petit tacle qui fait référence à la campagne d'affichage "Zemmour président", lancée dans plusieurs villes de France fin juin

Zemmour, ce n'est pas nous

Un poids lourd des Républicains

Un peu lassé par les questions suscitées par une hypothétique candidature d'Éric Zemmour, un député LR balaye l'idée d'une éventuelle menace pour Les Républicains. "Ce n'est pas à LR de se positionner par rapport à Éric Zemmour, mais à Éric Zemmour de se positionner pour réaliser une OPA à droite", juge-t-il. 

Même son de cloche chez un poids lourd LR : "Zemmour, ce n'est pas nous. Humainement, je l'adore. Il est cultivé, intelligent, mais je n'y crois pas un seul instant. Il fait monter le désir pour vendre ses livres. Il est de plus en plus extrême". Analyse pertinente ou technique de décrédibilisation ?

Des élus de droite tentés de rejoindre le polémiste

Le doute est instillé : et s'il y allait ? Et si un phénomène Éric Zemmour prenait forme ? Pour un parlementaire LR, il y a incontestablement "un vrai sujet" autour de cette possible candidature. D'après lui, le polémiste "va incarner la radicalité" et "peut avoir un gros socle au premier tour". "Éric Zemmour peut faire du mal aux Républicains et au Rassemblement national, analyse-t-il en notant une crainte particulière pour Les Républicains. Les digues contre le RN tiennent, mais celles avec Éric Zemmour, non"

Traduction : des élus de droite pourraient être plus facilement tentés de rejoindre Éric Zemmour que Marine Le Pen. Ceux-là auraient même commencé à s'organiser. Selon Le Parisien, des élus du parti seraient prêts à se ranger derrière Éric Zemmour si Les Républicains choisissent Xavier Bertrand pour les représenter en 2022. Le président des Hauts-de-France étant jugé trop à gauche.

Selon Le Figaro, Nicolas Sarkozy n'est pas emballé par une candidature d'Éric Zemmour. "Toute ma vie, j’ai voulu élargir la droite, je ne peux pas aujourd’hui soutenir quelqu’un qui veut la rétrécir. On ne renverse pas la tour Eiffel pour la poser sur un bout", confiait-il en privé. 

Derrière la question de la candidature du polémiste se pose surtout celle de l'incarnation d'une partie de l'électorat de droite qui avait voté pour François Fillon lors de la présidentielle de 2017. Une droite orpheline qui a le sentiment de ne plus être entendue au sein de LR. "LR préfère récupérer l'électorat de droite parti chez Emmanuel Macron, plutôt que l'électorat de droite qui a voté François Fillon", grince un membre des Républicains. 

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