1. Accueil
  2. Actu
  3. Politique
  4. Présidentielle 2022 : pourquoi la route est encore longue pour Bertrand (et LR)
4 min de lecture

Présidentielle 2022 : pourquoi la route est encore longue pour Bertrand (et LR)

DÉCRYPTAGE - Xavier Bertrand a remporté une première bataille en échappant à la primaire ouverte et en soumettant la désignation du candidat au vote des militants LR. Si en théorie, la stratégie du candidat de droite est tracée comme une ligne droite, dans les faits la route est plus escarpée.

Xavier Bertrand, le 14 septembre 2021
Xavier Bertrand, le 14 septembre 2021
Crédit : Ludovic MARIN / AFP / POOL
Marie-Pierre Haddad

Plus dans le même parti, mais dans le même bateau. Initialement lancé pour faire campagne l'un sans l'autre, les chemins de Xavier Bertrand et des Républicains finissent par se recroiser. Les adhérents ont fini par trancher le sujet qui a agité la droite depuis plusieurs mois : il n'y aura pas de primaire ouverte, mais un vote des militants réunis en congrès pour désigner leur candidat pour la présidentielle de 2022.

Ce qui pourrait s'avérer être un pas de plus dans la campagne peut aussi ouvrir une nouvelle boîte de Pandore. Valérie Pécresse, Michel Barnier, Éric Ciotti et Philippe Juvin ont annoncé leur candidature. À en croire Christian Jacob, cette solution pourrait permettre de ramener Xavier Bertrand dans le giron des Républicains. Il serait "prêt à se soumettre" à ce congrès, explique le président du parti. Selon nos informations, l'ancien ministre ne devrait pas se prononcer sur sa participation au congrès, avant d'en connaitre ses modalités exactes.

Le président des Hauts-de-France souhaite une nouvelle fois faire bande à part, et veut que seul son nom soit soumis au vote des militants. Une étape supplémentaire à franchir qui n'assurera pas pour autant un long fleuve tranquille au candidat de droite.

Un mode de désignation qui inquiète

L'option du vote des militants en congrès ne ravit quasiment personne chez Les Républicains, excepté Xavier Bertrand. "Il ne voulait pas du vote ouvert. Et il sait pertinemment que s'il continue à être dehors, il perd tout, observe un membre des Républicains. Aucun candidat LR ne peut faire campagne sans LR".

En charge d'organiser la primaire, Jean Leonetti ne cache pas son amertume. Dans les colonnes du Journal du Dimanche, le maire LR d'Antibes se dit "inquiet". "Nous avons choisi une procédure fermée à double tour : vis-à-vis des sympathisants comme des partis du centre, nos alliés historiques. On ne gagnera pas l'élection présidentielle sans le centre droit, qui représente un tiers de notre électorat", rappelle-t-il.

À lire aussi

Jean-François Copé craint que cette méthode de désignation "donne une légitimité plus réduite à celui qui emporte le congrès". L'inquiétude se fait aussi ressentir chez le maire LR de Meaux, interrogé sur Franceinfo. "Je regarde tout cela avec quand même un peu d'inquiétude, parce que je pense qu'il est capital que la droite ait un candidat unique et qu'il est surtout capital que ce candidat soit désigné au moment où les intentions de vote commencent un peu à se cristalliser, c'est à dire au mois de janvier, a-t-il déclaré. S'il y en a un ou une qui fait la différence, au vu des sondages", il faudra "se plier derrière" lui ou elle.

Les militants adouberont-ils Xavier Bertrand ?

C'est justement l'ambition de Xavier Bertrand : s'imposer dans les sondages et donc au sein de son ancienne famille politique. Selon un sondage Ifop pour Le JDD, les sympathisants de droite sont 63% à estimer que le candidat est en mesure de battre Emmanuel Macron. Michel Barnier recueille 11% et Valérie Pécresse 8%. Quant au sondage commandé par Les Républicains, Xavier Bertrand est là aussi le mieux placé pour accéder au second tour, toujours selon les sympathisants de droite. Mais cette fois-ci, Valérie Pécresse et Michel Barnier ont réduit l'écart. 

Les militants n'ont pas oublié la mauvaise manière qu'il a eue à l'égard de la droite

Un proche de Laurent Wauquiez

Rien n'est gagné pour Xavier Bertrand qui doit désormais convaincre le socle électoral des Républicains. "Les militants n'ont pas oublié la mauvaise manière qu'il a eue à l'égard de la droite", aime rappeler un proche de Laurent Wauquiez. Le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes devient par la même occasion une pièce importante de la stratégie des candidats. Chacun souhaite obtenir son soutien, dans l'espoir que cela déclenche le soutien des militants au congrès.

En filigrane, la crainte de "l'implosion" de LR

Autre obstacle apparaît à l'horizon pour Xavier Bertrand : Valérie Pécresse et Michel Barnier accepteront-ils de retirer leur candidature au profit de la sienne ? Tout dépendra de l'écart dans les sondages. Un point commun lie cependant les entourages de Xavier Bertrand, Valérie Pécresse et Michel Barnier : la nécessité de se qualifier au second tour de l'élection présidentielle, "sinon LR implose", prévient un député Les Républicains. 

"Il faut sortir la tête haute de tout cela et que tout le monde soit à l'aise", sinon la suite de la campagne pourrait leur être fatale, ajoute un ténor du parti. Un élément dont un député de l'opposition est bien au fait. "S'ils ne sont pas au second tour, que vont-ils faire ? Ils se retrouveront sous assistance respiratoire", dit-il d'un ton lapidaire.

La rédaction vous recommande

Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires.
Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Signaler un commentaire

En Direct
/