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Présidentielle 2017 : Cécile Duflot, une candidature en riposte à Manuel Valls

DU GOUVERNEMENT À LA CAMPAGNE (2/4) - D'abord soutiens du Président au sein du gouvernement, certains anciens ministres de François Hollande ont désormais leur carte à jouer en vue de la présidentielle de 2017.

Cécile Duflot et Manuel Valls, le 10 mai 2015
Cécile Duflot et Manuel Valls, le 10 mai 2015 Crédit : CHARLY TRIBALLEAU / AFP
Marie-Pierre Haddad
Marie-Pierre Haddad
Journaliste RTL

Le tournant Valls aura été fatal pour Cécile Duflot. Entrée au gouvernement en mai 2012 au ministère du Logement, la députée claquera la porte lors de la nomination de Manuel Valls à la tête du gouvernement de François Hollande. Ce geste marquera la fin de l'alliance entre le Parti socialiste et Europe Écologie-Les Verts car aucun ministre vert ne sera présent après le remaniement. Depuis, Cécile Duflot n'a de cesse de clamer son opposition envers la politique mise en place par François Hollande et Manuel Valls. L'ancienne secrétaire nationale d'EELV a donc logiquement annoncé sa candidature à la primaire écologiste le 20 août dernier.

Les tensions entre Cécile Duflot et l'exécutif seront cristallisées lors du débat très controversé sur la déchéance de nationalité. L'ancienne ministre subit les foudres de l'Assemblée nationale pour avoir évoqué le régime de Vichy. En réponse, elle dénonce les "bouledogues aboyeurs" que le Premier ministre aurait lâchés sur elle. "Non seulement, mes mots sont le reflet exact de ma pensée, qui est une analyse historique sur ce qu'est la déchéance de nationalité, mais je les maintiens. Je n'ai pas invoqué Vichy, j'ai rappelé l'histoire, Manuel Valls a falsifié mes propos. il l'a fait volontairement pour laisser planer le doute. C'est indigne. S'il l'a fait c'est parce qu'il était embarrassé", assure Cécile Duflot au Grand Jury RTL/ Le Figaro/ LCI en février dernier.

Une candidature dans un parti au bord de l'agonie

Cécile Duflot doit tenter le pari risqué de se démarquer sans laisser les divisions au sein d'Europe Écologie-Les Verts affecter sa candidature à la présidentielle - à condition de l'emporter face à Yannick Jadot, Michèle Rivasi, Karima Delli, fin octobre. Depuis le 19 mai dernier, le parti n'est plus représenté à l'Assemblée nationale. Six députés écologistes ont décidé de rejoindre le groupe socialiste. Autre coup dur pour les Verts : les caisses du parti sont vides, ce qui complique le financement d'une campagne présidentielle. Selon les informations de Challenges, "les dettes pour 2015 avoisine les 3 millions d'euros (...) Seulement 20.000 euros ont été budgétés" pour envoyer un candidat écologiste dans la course à la présidentielle. Cette somme qualifiée de "dérisoire" par l'hebdomadaire ne peut "financer que la primaire interne fixée au mois d'octobre prochain". 

Initialement contre l'idée de participer à une primaire écologiste, l'ancienne ministre a finalement changé d'avis : "Je sais d'expérience que la primaire chez les écologistes a toujours été un moment très difficile (...) voire un des éléments de fragilisation des écologistes. Donc si les conditions de la primaire permettent (...) de la transmuter, de ne plus en faire un boulet mais un point d'appui pour une campagne présidentielle qui porte les idées de l'écologie et qui nous emmène plus loin que ce que nous avons fait jusqu'alors, alors oui, bien sûr, j'aurai envie d'y aller", expliquait-elle sur France Info le 8 août dernier, moins de deux semaines avant d'annoncer sa candidature.

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Cependant, la députée de Paris ne peut s'empêcher de constater la complexité d'une primaire pour son parti. Elle rappelle ainsi que "les trois dernières ont été des expériences funestes pour (sa) famille politique. Et justement, je souhaite que nous franchissions un palier, que nous n'en restions plus à cette petite famille qui se regarde en chiens de faïence, qui se coupe les cheveux en quatre et qui n'est pas à la hauteur des enjeux. Je ne veux pas que nous reproduisons cette expérience".

Une bataille sans répit contre Manuel Valls

L'ancienne ministre du Logement n'a pas quitté le gouvernement sans fracas. Le débat sur la déchéance de nationalité, mais aussi la loi Travail, illustreront une profonde division. Elle signera d'ailleurs les deux motions de censure initiées par les frondeurs après l'utilisation du 49.3 par Manuel Valls. Autre épisode de cette guerre : Cécile Duflot dévoile, dans les médias, une scène qui s'est déroulée la veille des élections départementales. Alors qu'elle annonce qu'elle a décidé de faire alliance avec le Front de gauche, plutôt qu'avec le Parti socialiste, la veille du scrutin, elle reçoit un SMS : "Un ami du Premier ministre accuse carrément la députée verte de 'mettre en danger le pays'. Rien n'y fait, pas même ce texto menaçant venu de l'Élysée", écrit France Info.

Cécile Duflot tient Manuel Valls pour responsable de l'éclatement du Parti socialiste. Dans un entretien à Paris Match datant de février dernier, elle livre un réquisitoire très tranchant sur sa vision du gouvernement : "Comme c'est lui le plus fort, il faudrait s'aligner sur le plus fort ? Il a tort dans l'analyse, tort dans l'idée que la tactique et l'habileté vont leur permettre de sortir de cette situation, tort dans la manière d'exprimer quelque chose qui s'apparente à une autorité virile dans un moment où on a besoin d'intelligence, de souplesse, de réactivité, d'avantage que de postures". 

Cécile Duflot et Manuel Valls, le 10 mai 2015
Cécile Duflot et Manuel Valls, le 10 mai 2015 Crédit : CHARLY TRIBALLEAU / AFP

Elle poursuit : "À force de trianguler et de reprendre toutes les thématiques de la droite, voire aujourd'hui de l'extrême droite avec la déchéance, Manuel Valls a fait disparaître la gauche (...) Le mot même est abîmé, il n'est plus synonyme de justice sociale et de liberté, preuve que la gauche va très mal". Mais Cécile Duflot estime que François Hollande doit aussi prendre ses responsabilités. Et d'ajouter : "Autour de lui, il y a un gouvernent qui fait silence, des parlementaires qui votent le contraire de ce qu'ils pensent. Tout ça participe de la glissade que l'on connaît".

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2016-08-25 15:00:00
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