2 min de lecture Manuel Valls

Pour Manuel Valls, "la lutte des classes disparaît au profit de la guerre entre 'races'"

"La mort d'Adama Traoré est un drame", qui est "instrumentalisé par (sa) soeur, Assa, et le collectif de soutien", affirme l'ancien premier ministre.

L'ancien premier ministre, Manuel Valls
L'ancien premier ministre, Manuel Valls Crédit : PHILIPPE WOJAZER / POOL / AFP
Marie-Pierre Haddad
Marie-Pierre Haddad
et AFP

Une instrumentalisation de la mort d'Adama Traoré ? Manuel Valls estime que "la lutte des classes disparaît au profit de la guerre entre 'races'". Dans une tribune publiée dans les colonnes de Valeurs Actuelles, il dénonce aussi l'émergence d'une "logique de la victimisation".  

"La mort d'Adama Traoré est un drame", qui est "instrumentalisé par (sa) soeur, Assa, et le collectif de soutien", affirme l'ancien premier ministre, après les manifestations des 2 et 13 juin. "J'établis évidemment une distinction entre les organisateurs de (ces) manifestations et ceux qui s'y rendent en toute bonne foi, qui sont indignés par le racisme et veulent le dénoncer. C'est un mouvement planétaire qui est plutôt sain", ajoute-t-il. 

Mais "les comparaisons avec le meurtre raciste et ignoble de George Floyd (aux États-Unis) sont inacceptables car elles servent à accuser la France d'être raciste, à démontrer un supposé racisme d'État". "La police, comme la gendarmerie, est profondément républicaine", soutient l'ancien ministre de l'Intérieur. 

Un "cocktail explosif"

Selon lui, "cette logique de la victimisation est renforcée grâce aux liens entre le mouvement indigéniste et une partie de la gauche : le NPA, des écologistes, une frange de La France insoumise, du PC, voire une minorité du Parti socialiste".  Pour Manuel Valls, "la lutte des classes disparaît au profit de l'affrontement, de la guerre entre 'races'. Cette guerre est terrible, car elle essentialise en fonction de la couleur de peau. Elle s'agrège mais elle est aussi en concurrence avec l'islam politique. C'est un cocktail explosif". 

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L'ancien chef du gouvernement estime également que "l'idée de l'existence d'un privilège blanc est absurde et dangereuse. Il n'est pas question de nier qu'il est plus facile d'être blanc que noir dans certains pays ou quartiers. La faute à qui ? Au racisme, aux discriminations, aux inégalités... C'est une question d'égalité et de droits, pas de privilège". 

À la tête du Parti socialiste, Olivier Faure se dit "consterné par cette phrase". "Comment peut-on dire cela, comment peut-on ne pas voir que la réalité sociale est une réalité qui s'impose à nous aujourd'hui", explique-t-il en rappelant la crise des "gilets jaunes". "Je ne vois pas bien ce à quoi Manuel Valls veut en venir. C'est une thèse, habituellement portée par l'extrême droite", ajoute-t-il.

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