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Port du voile dans le sport : ce qui pourrait changer

L'autorisation du port du voile dans le sport est un combat que mène un groupe de footballeuses de confession musulmane, nommée les "Hijabeuses". Si le gouvernement y est plutôt favorable, l'opposition la rejette.

Les "Hijabeuses", des footballeuses qui militent pour le port du voile dans le sport
Les "Hijabeuses", des footballeuses qui militent pour le port du voile dans le sport
Crédit : Sarah Witt / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
Romain Giraud & AFP

C'est une question épineuse, sur fond de laïcité, une thématique éminemment sensible à trois mois de l'élection présidentielle : le port du voile dans le sport. Elles sont plusieurs dizaines en région parisienne, plutôt jeunes, et depuis plusieurs mois ces "Hijabeuses" se dressent contre la Fédération française de football (FFF) qui leur interdit de jouer voilées en compétition, une interdiction que les sénateurs veulent étendre à l'ensemble des fédérations sportives. 

Jusque-là, ce sont en effet les fédérations qui avaient le pouvoir de décider d'accorder aux joueuses la pratique de leur sport avec le voile. Mais la question s'est invitée dans le débat politique. Le gouvernement, par l'intermédiaire de la ministre déléguée chargée des Sports Roxana Maracineanu, s'est montré favorable sur la question, pas certains partis de l'opposition.

Le 19 janvier dernier lors de l'examen de la proposition de loi sur le sport au Sénat, les parlementaires ont en effet adopté un amendement proposée par le groupe LR interdisant "le port de signes religieux ostensibles" lors "d'événements sportifs et compétitions sportives organisées par les fédérations sportives". Pour les parlementaires LR il y a un "vide juridique" entourant cette question. 

Les "Hijabeuses" en action

Après le vote de cet amendement, le 19 janvier, les "Hijabeuses", ce collectif crée en mai 2020 pour permettre aux filles voilées d'évoluer en compétition, ont relevé le gant et se sont invitées brièvement dans le jardin du Luxembourg, au pied du Sénat, pour échanger quelques passes avec une banderole "Le football pour toutes", avant d'être invitées à partir par les gendarmes. 

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Pendant plusieurs mois, elles disent avoir dialogué avec des représentants de la FFF, avec parfois même des oreilles attentives, "mais à un moment le dialogue s'est fermé", raconte Founé Diawara, l'une d'elles. Du coup, elles ont changé d'approche et ont décidé de saisir le Conseil d'État en novembre 2021, visant l'article 1 du règlement de la FFF qui interdit "tout port de signe ou tenue manifestant ostensiblement une appartenance politique, philosophique, religieuse ou syndicale". 

L'un de leurs arguments tient notamment à la position de la FIFA, l'instance mondiale du football, qui autorise elle depuis 2014 les joueuses à évoluer en compétition internationale avec leur voile. 

Le règlement sportif pourrait-il aussi poser problème ?

Plus récemment, l'avocate du collectif Me Marion Ogier, a envoyé une lettre à Roxana Maracineanu, que s'est procuré l'Équipe dans laquelle elle lui demande de maintenir "un avis défavorable à cet amendement :"Le port du hijab n'excède pas les limites sociales du vivre-ensemble et du pacte républicain. Il ne constitue pas un comportement susceptible d'être qualifié de séparatiste", écrit-elle.

Si le Conseil d'État a récemment rejeté l'action que le collectif avait intenté en référé, l'instruction sur le fonds "continue", assure Me Ogier :"Le principe de neutralité porte atteinte à la liberté de culte, un droit fondamental, résume-t-elle, limiter un droit fondamental ne peut se faire que si l'on montre qu'il y a un trouble. Or la FFF ne justifie d'aucun trouble, elle considère que le principe de neutralité doit s'appliquer partout. Seul le législateur a le pouvoir de prendre une telle décision", a-t-elle dit. 

Si la loi française impose la neutralité aux salariés et agents travaillant pour des fédérations délégataires d'un service public, c'est en revanche bien plus flou pour ses usagers. Dans le règlement de l'IFAB, qui régis les loi du football à l'échelle mondiale, il est indiqué que "lorsqu'un couvre-chef est porté, celui-ci doit être en accord avec l'apparence professionnelle de l'équipement du joueur et ne doit constituer aucun danger pour le joueur". Une question qui se pose pour une adversaire qui voudrait attraper le voile pour commettre une faute, par exemple. 

Quoi qu'il en soit, une nouvelle lecture du texte de projet de loi va avoir lieu devant l’Assemblée le 9 février prochain, puis le 16 février devant le Sénat. C'est en tout cas les députés qui auront le dernier mot. 

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