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Ramadan 2021 : que célèbrent les musulmans ?

ÉCLAIRAGE - Plus qu'un jeûne, le ramadan est une fête qui mise sur les bonnes actions et le souvenir de la révélation du Coran confié par l'archange Gabriel au Prophète.

Un Français de confession musulmane prie pendant le Ramadan dans la mosquée Ennour, au Havre, en mai 2018.
Un Français de confession musulmane prie pendant le Ramadan dans la mosquée Ennour, au Havre, en mai 2018. Crédit : CHARLY TRIBALLEAU / AFP
Aymeric Parthonnaud
Aymeric Parthonnaud
et AFP

Le ramadan est le mois saint le plus important pour les musulmans. Un mois de jeûne, de prières et de repas familiaux qui est particulièrement emblématique. La France compte entre cinq et six millions de musulmans pratiquants et non-pratiquants, selon plusieurs études sur le sujet (Pew Research Center, institut Montaigne, Insee, Ined), ce qui fait de l'islam la deuxième religion du pays. Et fait de la communauté musulmane française la première en Europe.

Mais d'où vient cette pratique longue et parfois difficile ? Quelle est son origine historique et sa signification spirituelle ? Tout d'abord, le ramadan n'est pas qu'un jeûne alimentaire. Durant le ramadan, pilier de l'islam, les croyants sont invités à s'abstenir de boire, de manger, de fumer et d'avoir des relations sexuelles, de l'aube - dès que l'on peut "distinguer un fil blanc d'un fil noir" dit le Coran - jusqu'au coucher du soleil. Le jeûne est prescrit aux musulmans pubères, mais il n'est pas absolu. Des dispenses sont prévues pour les voyageurs, les malades, les personnes âgées, les femmes enceintes ou venant d'accoucher. Des compensations sont possibles pour les personnes empêchées ou dispensées (jeûne effectué ultérieurement, dons aux nécessiteux...). Lors de périodes caniculaires, les imams recommandent toujours aux travailleurs par exemple de continuer à s'hydrater. Si le jeûne est une épreuve, il ne doit en aucun cas être une souffrance ou représenter un danger.

Le mot "ramadan" vient directement des anciens calendriers arabes. Elle marque, d'après plusieurs spécialistes, une période estivale. La racine arabe "ar-ramad" signifie "chaleur accablante". Du côté de la théologie, le ramadan est une célébration importante car elle permet de se souvenir de la révélation du Coran au prophète Mahomet. Un événement fondateur. En l'an 610, l'ange Gabriel serait apparu au prophète et lui aurait révélé le texte sacré. Cette révélation baptisée "Nuit du Destin" aurait eu lieu pendant le mois du ramadan. Les musulmans jeûnent ainsi au cours de ce mois pour commémorer la révélation du Coran. Des dattes dont souvent consommées pour rompre le jeûne quotidien avant le lever du soleil en mémoire de ce récit. D'après la légende, Mahomet rompait son jeûne avec ces fruits et de l'eau.

Le ramadan doit aussi être une période de piété et de solidarité. Ce n'est pas une période où la passivité règne. Les croyants sont invités à cesser de pêcher au sens large, c’est-à-dire de médire, mentir ou d'agir égoïstement pour se tourner vers les autres, les plus pauvres ou moins chanceux et, bien sûr, vers Dieu. 

Adapter le ramadan à la crise

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Le mois de ramadan commencera mardi 13 avril en France. Cette période s'achèvera par l'Aïd el-Fitr, la "fête de la rupture du jeûne" qui aura lieu le 13 mai. Comme l'année dernière, ce mois de jeûne, de prières et de partage sera marqué par le contexte de la crise sanitaire. En raison du couvre-feu et de la fermeture des lieux de culte à 19h, il n'y a pas de "tarawih" - ces prières nocturnes spécifiques au ramadan - possibles à la mosquée. Les autorités religieuses déconseillent fortement de se regrouper au-delà du foyer ou entre voisins au moment de l'"iftar", le repas quotidien de rupture du jeûne, alors que c'est habituellement une composante sociale, conviviale voire festive de ce mois.

Le CFCM comme la Mosquée de Paris ont par ailleurs prévenu les fidèles qui pourraient s'interroger sur le caractère licite ou non de la vaccination, que cette dernière n'était pas considérée comme "nutritive". De ce fait, "l'injection" d'un vaccin anti-covid "n'invalide pas le jeûne". La mosquée de Paris a d'ailleurs imprimé un flyer à destination des fidèles plaidant pour la vaccination : "la vaccination est un acte de préservation de la vie recommandé en islam", peut-on y lire.

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