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Pollution : "Un manque de vision politique qui confine à l'aveuglement", déplore Alba Ventura

ÉDITO - "Gouverner c'est prévoir : cet épisode de pollution c'est la démonstration par l'absurde qu'en France on en est décidément incapable", regrette la journaliste.

Un nuage de pollution au-dessus de Paris
Un nuage de pollution au-dessus de Paris
Crédit : SIPA
Alba Ventura sur la pollution : "Un manque de vision politique qui confine à l'aveuglement"
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Pollution : "Un manque de vision politique qui confine à l'aveuglement", déplore Alba Ventura
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Alba Ventura & Loïc Farge

Paris connait le plus long épisode de pollution depuis dix ans. le moins que l'on puisse dire, c'est que la circulation alternée n'a pas eu beaucoup d'effet. Certes, 5 à 10% de pollution en moins c'est mieux que rien. Mais bon, ce n'est pas terrible. D'ailleurs la circulation alternée ce n'est tellement pas terrible qu'on a déjà prévu le dispositif d'après : les vignettes colorées. On peut déjà prévoir qu'il y aura là aussi de belles polémiques.

Vous pouvez prendre tous les dispositifs que vous voulez. Si vous n'anticipez pas, si vous ne pensez pas, si vous ne voyez pas au-delà de votre bout de nez, les mêmes causes produiront les mêmes effets. Il ne s'agit pas de minorer le fait qu'il s'agit d'un sujet de santé publique avant tout.

À Paris, la gauche est au pouvoir depuis 2001. Avec Bertrand Delanoë d'abord, puis Anne Hidalgo. Cela fait donc quinze ans. La région parisienne a été à gauche jusqu'à l'année dernière, avec Jean-Paul Huchon, pendant dix-sept ans.

La gauche a donc dirigé et Paris et la région avec des alliés écologistes obsédés par la pollution et les transports. Et que s'est-il passé en quinze ans ? Rien, ou pas grand-chose. Ah si ! On a construit des voies de bus dans lesquelles on a même fait rouler des bus au diesel. On a installé des Vélib' et des Autolib' pour les Parisiens.

Paris a préféré décréter plutôt que d'organiser

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Mais qu'a-t-on fait réellement pour faire réduire dans la durée, et donc progressivement le taux de pollution ? En 15 ans, on aurait pu en faire des choses. Non ! À Paris on a préféré tout faire, tout de suite : fermer les voies sur berges, réduire des axes de deux voies à une seule voie. Comme si Paris était une île. Mais on ne peut pas prendre des décisions pour 2 millions de personnes en ignorant que ça en concerne 12 millions.

Il aurait fallu anticiper. C'est ça, la politique. Il y avait des moyens de faire des espaces de stationnement en  bordure de Paris pour les habitants de la banlieue et des quartiers périphériques. Il a été fait le choix de faire des logements. C'est un choix peut-être plus rentable. Il y a des grandes villes européennes où l'on trouve des infrastructures tout autour, avec des navettes pour circuler vers le centre.

Mais on n'est pas obligé d'aller si loin. Prenez Montpellier : vous avez des parking partout, couplés aux lignes de tramway, pour 7 euros par personne la journée. Plus personne n'entre en voiture dans la ville où l'on respire. Anticiper. Mais non, à Paris on a préféré décréter plutôt que d'organiser.

Quinze ans qu'on voit le mur

De manière plus globale dans notre pays, il y a un manque de vision qui confine à l'aveuglement. On a vécu mardi 6 décembre en région parisienne la théorie de l'emmerdement maximum : la pollution, la circulation alternée et des transports qui ne fonctionnent pas (ce vendredi 9 décembre ce sera à Lyon, avec la pollution, la circulation alternée et des grèves dans les transports, tout ça sur fond de Fêtes des Lumières).

On n'a pas appris la semaine dernière que la population était en augmentation, que les gens migraient vers la périphérie et que l'air ambiant se dégradait. On n'a pas appris non plus, en milieu de semaine, qu'une partie des lignes du RER ou de la SNCF étaient vétustes. Cela fait quinze ans que les associations disent : "Attention on est en seuil d'alerte", et on n'a pas mis en place une stratégie. Cela fait quinze ans qu'on voit le mur.

Mais bon, on est content d'apprendre qu'il y aura samedi 10 décembre un Conseil des ministres exceptionnel où Ségolène Royal, que l'on n'a pas entendu pendant trois jours, va proposer des mesures. Comme on n'a pas entendu la ministre de la Santé, Marisol Touraine, trop occupée sans doute à proposer ou pas sa candidature à la primaire. Gouverner c'est prévoir : cet épisode, c'est la démonstration par l'absurde qu'en France on en est décidément incapable.

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