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Pensions de réversion : 3 questions pour comprendre le débat

ÉCLAIRAGE - Emmanuel Macron l'assure : "Aucun bénéficiaire actuel ne verra sa pension de réversion diminuer ne serait-ce que d’un centime". Néanmoins le gouvernement mettre en place un système "plus juste".

Une maison de retraite (Image d'illustration)
Une maison de retraite (Image d'illustration) Crédit : GEORGES GOBET / AFP
MariePierreHaddad75
Marie-Pierre Haddad
Journaliste RTL

Pour les futurs retraités, les pensions de réversion pourraient "baisser", "pour certains", "augmenter", "pour d'autres". Cette déclaration signée Christophe Castaner fixe un peu plus le cadre de la réforme des retraites voulue par le gouvernement. 

Le secrétaire d'État aux Relations avec le Parlement a assuré, ce jeudi 28 juin, sur LCI que le gouvernement "ne toucher(ait) pas" aux pensions de réversion des retraités actuels et qu'elles "sont aujourd'hui garanties". Il a évoqué un "emballement" autour de ce sujet alors que des organisations syndicales ainsi que l'opposition s'est inquiétée de la possibilité d'un coup de rabot, voire d'une suppression de ces pensions

Le gouvernement assure que "le principe (des pensions de réversion, ndlr) restera parce qu'il est essentiel, mais ensuite on veut une réforme profonde, plus juste", pour "faire en sorte qu'un euro cotisé génère les mêmes droits", a ajouté Christophe Castaner. Le délégué général de La République En Marche cherche ainsi à calmer la grogne de l'opposition.

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1. Qu'est-ce que les pensions de réversion ?

Selon le site du service public, "la pension de réversion correspond à une partie de la retraite dont bénéficiait ou aurait pu bénéficier l'assuré décédé. Elle est versée (...) à l'époux ou l'épouse survivant et aux orphelins". 

Ce système a ainsi été fait à l'origine pour "les veuves des agents de la fonction publique : puisqu'elles ne touchaient pas de retraite, une partie de celle de leur mari leur était reversée pour prolonger le 'devoir d'entretien' du conjoint", explique Le Monde

Dès 1945, ce système a été étendu au secteur privé, puis aux hommes veufs. "La pension était d’abord réservée aux personnes qui ne percevaient aucune retraite. À partir de 1975, il a été possible de le cumuler avec une pension personnelle, sous conditions de ressources", ajoute le journal.

2. Qui est concerné ?

Actuellement, la pension de réversion peut aller de 286,14 euros par mois à un maximum de 893,97 euros. Le montant moyen s’établit à 499 euros. Selon Le Parisien, "quelque 3,9 millions de femmes et un demi-million d’hommes, veufs, bénéficient actuellement de cette ressource". Ainsi, sur les 4,4 millions de retraités percevant une pension de réversion, 90% sont des femmes pour lesquelles c'est une ressource vitale.

3. Quelle est la position du gouvernement ?

Lors de la campagne présidentielle, Emmanuel Macron avait pris l'engagement de réformer les retraites. Objectif : instaurer un "système universel". Lors du Grand Jury, RTL, Le Figaro, LCI, Agnès Buzyn avait assuré que "tout est sur la table" dans le cadre de la réforme des retraites, y compris la question des pensions de réversion, même si leur suppression "n'est pas la question". 

Lors des concertations et sur la plateforme consultative, "toutes les questions sont posées", a-t-elle expliqué. Bruno Le Maire a dit dimanche "accorder une importance majeure" aux pensions de réversion, soulignant toutefois qu'elles doivent être revues pour être "plus justes et plus efficaces". Le ministre a indiqué au passage que sa mère faisait partie des 4 millions de Français, dont 90% de veuves, qui sont concernées. "Quand vous êtes veuve, la vie est objectivement plus difficile", a souligné le ministre de l'Économie. 


L'idée du gouvernement est, cependant, "d'avoir des pensions plus justes, qui aillent aux personnes qui en ont réellement le plus besoin" et que ces pensions "soient efficaces". Emmanuel Macron a quant à lui fait "une mise au point" sur Twitter : "Mise au point sur les pensions de réversion : aucun bénéficiaire actuel ne verra sa pension de réversion diminuer ne serait-ce que d’un centime. Il n’est pas question de supprimer les pensions de réversion pour les futurs retraités, qui bénéficieront des mêmes prestations pour chaque euro cotisé".

Édouard Philippe insiste à son tour. Invité sur RTL le 2 juillet, le Premier ministre s'est dit agacé par ce débat : "Je vais vous le dire de la façon la plus claire possible parce tout ça m'insupporte depuis que le débat est né". Et d'ajouter : "Aucun projet du gouvernement tendant à changer les règles qui s'appliquent aujourd'hui en matière de pensions de réversion n'est en cours. Il y a une réflexion qui a été engagée de façon extrêmement sérieuse et concertée avec tous les acteurs, notamment les syndicats". 

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2018-06-28 14:57:00
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