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Paris, Marseille, Lyon, Limoges : les maires "demandent des comptes" au gouvernement après "un déchaînement de violence"

Après les violences, pillages et dégradations en marge de la mobilisation du 17 octobre, les maires de Paris, Lyon et Marseille demandent des explications au gouvernement. Ils seront reçus par Sébastien Lecornu, à leur demande.

  • Une voiture incendiée et des commerces dégradés à Paris au lendemain de la mobilisation du 17 octobre.

    Crédits : Jérémy Descours/RTL

  • Des magasins vandalisés et pillés à Marseille en marge de la manifestation du 17 octobre 2026.

    Crédits : Thibaud MORITZ / AFP

  • Un kiosque incendié sur la place de la République à Paris en marge des manifestations du 17 octobre 2026.

    Crédits : GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP

  • La résidence préfectorale de Bordeaux, le 18 octobre 2026

    Crédits : RTL

  • Le magasin "Cycle Laurent" a été assiégé ce samedi 17 octobre en marge des mobilisations.

    Crédits : FRANCK FIFE / AFP

  • Un incendie s'est déclaré dans la mairie de Limoges samedi 17 octobre.

    Crédits : Pascal LACHENAUD / AFP

  • Le 17 octobre 2026, à Lyon, dans le sud-est de la France, l'office du tourisme est incendié par des manifestants lors d'une manifestation

    Crédits : Jeff PACHOUD / AFP

Juliette Vignaud & AFP

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Ils demandent des comptes au gouvernement. Plusieurs maires montent au créneau ce dimanche 18 octobre, au lendemain de la mobilisation contre la vie chère qui a laissé place à des scènes de chaos et de pillages. "Des rues entières ont été méthodiquement ravagées", a déploré le maire de Paris Emmanuel Grégoire (PS). Avec ses homologues de Lyon et Marseille, il a demandé à être reçu en début de semaine par le Premier ministre Sébastien Lecornu. Une demande acceptée par Matignon, selon les informations de RTL, sans précision.

"Nous exigeons qu'un diagnostic précis soit établi, expliquant l'enchaînement d'événements ayant abouti à cette situation. Cela ne peut et doit pas se reproduire", ont écrit dans une déclaration commune Emmanuel Grégoire (PS), Benoît Payan (DVG) et Grégory Doucet (écologiste). Les trois édiles disent associer à leur démarche l'ensemble des "maires des villes touchées". 

À Paris, la mairie déplore un "manque de moyens" policiers

Dans la capitale, la première adjointe au maire de Paris, Lamia El Aaraje, a déploré "un manque de moyens" policiers pour mettre un terme aux pillages. Le bras droit du maire socialiste Emmanuel Grégoire a évoqué sur franceinfo "un niveau de violence que nous n'avons, je crois, jamais vu" dans la ville.  

"À l'évidence", a relevé la première adjointe, "les forces de l'ordre hier ont été débordées, notamment à certains endroits". Des habitants et commerçants ont interpellé la mairie samedi en disant "mais où sont les forces de l'ordre ?", a-t-elle rapporté. "Pour le coup il y a eu clairement, je dirais, un manque de moyens hier soir sur la capitale", "ce n'est pas acceptable de voir à l'image des gens saccager des commerces et s'en prendre physiquement" à des bâtiments, a-t-elle ajouté. 

"Une seule compagnie de CRS" à Marseille, "ridicule" pour Benoît Payan

Le maire de Marseille, Benoît Payan (DVG), a dès samedi "demandé des comptes". "Je veux savoir ce qui s'est passé. Je veux savoir pourquoi, dans cette ville, des gens ont pu impunément casser", a déclaré l'élu. Dans la cité phocéenne, de nombreux incidents ont émaillé le début de la journée de protestation, notamment l'intrusion de force d'un groupe dans l'entrée de la mairie historique sur l'emblématique Vieux-Port, ou l'attaque du commissariat central de la police municipale sur la célèbre Canebière, à quelques centaines de mètres de là.

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"C'est un déchaînement de violence sans aucune revendication. Je ne peux pas accepter qu'on s'en prenne à des symboles de la République", a regretté l'édile au micro de RTL, pointant des dysfonctionnements dans la préparation de cette journée. 

À écouter

Benoît Payan, après les 17 octobre : "On ne peut pas assurer, dans ce pays, la sécurité des manifestations ?"

00:00:44

Il a dénoncé le manque, selon lui, de forces de l'ordre prépositionnées, assurant devant la presse que "ce [samedi] matin, il y avait une compagnie de CRS pour Marseille, Marseille c'est la deuxième ville de France, Marseille c'est cinq fois Lyon en surface, c'est deux fois et demie Paris... Une compagnie de CRS". "C'est ridicule", a-t-il dénoncé sur notre antenne.

Le maire de Lyon demande des aides pour les commerçants

Du côté de Lyon, une antenne de l'office de tourisme place Bellecour a été saccagée et incendiée. "Quand je vois cet office du tourisme incendié, pris d'assaut, quand je vois les commerçants qui ont pour certains tout perdu parce qu'ils ont été attaqués, parce qu'ils ont été pillés, j'ai eu à plusieurs reprises une émotion très forte ce matin", a regretté le maire Grégory Doucet, face à la presse, ce dimanche. 

Il a évoqué le "chaos qui a régné dans la ville pendant plusieurs heures", le jugeant "abominable". "Notre priorité notamment, une bonne partie de la soirée, a été de faire en sorte que l'hôtel de ville ne soit pas attaqué", a-t-il ajouté. 

Rappelant qu'il avait demandé à être reçu par le Premier ministre avec les maires de Paris et Marseille, il a ajouté : "on a besoin que les institutions, je pense bien sûr à l'État, à la région et à la métropole, se mobilisent aussi très très vite pour venir en aide aux commerçants".

Pour le maire de Limoges, "les policiers ont été obligés de reculer faute de munitions"

Les grandes villes ne sont pas les seules à avoir été le théâtre de ces scènes de violences. Dans la Haute-Vienne, l'hôtel de ville de Limoges, édifice du 19e siècle, a été incendié par des individus radicaux samedi en fin de manifestation. Il est "très lourdement endommagé" et "en grande partie perdu", ont estimé dans la soirée le maire de la commune et le préfet de Haute-Vienne. 

"On est dans l'aberration la plus totale, dans l'abomination la plus totale", a réagi l'édile Guillaume Guérin sur RTL, dénonçant "une volonté de détruire, mais aussi une volonté de tuer". 

Le maire dit en vouloir "aux criminels", mais aussi à "l'État" et au ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, qui avait lui-même assuré que le dispositif policier n'avait pas été sous-estimé pour cette journée de mobilisation. "C'est faux", affirme-t-il. "Les policiers nationaux de ce pays ont été obligés de reculer faute de munitions. Hier, la France a vécu les conditions d'un pays du tiers-monde."

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