2 min de lecture

"On récupère ce qu'on paye toute l'année" : sur RTL, un casseur justifie les pillages en marge de la mobilisation, les manifestants dénoncent des dégradations qui "décrédibilisent" leur cause

Au moins 600 commerces ont été dégradés et pillés dans les régions situées en zone police. Certains casseurs, qui n'ont pas hésité à se servir dans les magasins vandalisés, tentent de justifier leurs actions.

Des magasins vandalisés et pillés à Marseille en marge de la manifestation du 17 octobre 2026.

Crédit : Thibaud MORITZ / AFP

Hugo Amelin & Raphaël Vantard - édité par Laurène Rocheteau

Je m'abonne à la newsletter « Infos »

Mettre RTL en favori sur Google

Des vitrines brisées, des rayons dévalisés... C'est l'image de désolation devant laquelle beaucoup de grandes villes se réveillent au lendemain des manifestations du 17 octobre. Au moins 600 commerces ont été dégradés et pillés ce samedi dans les régions en zone police hors préfecture de Paris, a appris RTL, tandis que les autorités dénoncent des violences inadmissibles en marge de la mobilisation.

À Marseille notamment, des commerces ont été dégradés, et les casseurs et certains passants n'ont pas hésités à se servir au passage. "On essaye de récupérer ce qu'on paye toute l'année", justifie auprès de RTL un casseur déguisé en Spider-Man. "En fait, on est taxés toute l'année quand on achète un truc. Et là, on saisit l'occasion de récupérer un petit peu, que ce soit des paires de baskets, des habits, des bijoux..."

Le casseur reconnaît que "normalement, quand on vole, on a un minimum de culpabilité, un minimum de regrets" mais admet que dans le contexte de tensions sociales actuelles, "ce n'est même pas le cas". 

"Vous le voyez, toute la ville est en train de se servir", affirme-t-il, assurant qu'il "ne voit pas quelqu'un en train de dire qu'il faut arrêter ça, c'est qu'il y a un ras-le-bol". 

Les manifestants dénoncent les violences et les pillages

Le sociologue Jean-François Amadieu explique sur RTL une notion de pillage "qui paraît tout à fait légitime" pour les casseurs, qui s'attaquent aux symboles du capitalisme dans cette mobilisation. "À dire vrai, ça fait déjà pas mal d'années qu'on se demande quand ça finira par arriver", rappelle le sociologue, qui se demande "ce qu'il va se passer le 5 novembre ou lors des prochaines manifestations", puisque la mobilisation de samedi "a créé une sorte de précédent assez important". 

Le maire de Marseille, Benoît Payan, a déploré un dispositif policier insuffisant pour empêcher les pillages en marge des manifestations, dénombrant une seule compagnie de CRS pour la deuxième ville de France, et affirmant qu'il a dû personnellement appeler le président de la République, le Premier ministre et le ministre de l'Intérieur afin d'obtenir des renforts. 

Malgré tout, il fait bien la différence entre les casseurs et les manifestants venus défendre leurs droits : "Les manifestants ne sont pas des casseurs", rappelle l'élu, qui demande à ce que "les casseurs, eux, soient en prison". 

Les manifestants déplorent quant à eux des actions violentes qui desservent la cause pour laquelle ils ont voulu se mobiliser ce samedi. "Ça décrédibilise la vraie cause qu’il y a derrière", dénonce Mathias, 23 ans, qui a défilé avec le cortège lyonnais. "De casser, de voler... Ce n'est pas ça, le but. Le but, c'est d'exprimer notre mécontentement en manifestant, en essayant de faire comprendre que ce n'est pas normal, ce qu'il se passe". Samedi soir, Sébastien Lecornu annonçait 1.200 interpellations à travers le pays en marge des mobilisations, un chiffre qui pourrait augmenter d'ici les prochains jours. 

La rédaction vous recommande

L’actualité par la rédaction de RTL dans votre boîte mail.

Grâce à votre compte RTL abonnez-vous à la newsletter RTL info pour suivre toute l'actualité au quotidien

S’abonner à la Newsletter RTL Info

Ne laissez pas Google décider de vos sources.

Ajouter RTL comme source préférée