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"C'est épuisant de devoir tout calculer" : en dehors des violences, de nombreuses revendications dans les cortèges lors de la mobilisation du 17 octobre

Loin des violences qui ont émaillé la mobilisation du 17 octobre, les manifestations, qui se sont déroulées dans le calme, ont fait émerger des slogans variés sur le pouvoir d'achat, les conditions d'étude des lycéens ou encore le délabrement du service public.

Des manifestations ont eu lieu en France samedi 17 octobre.

Crédit : Kiran RIDLEY / AFP

"J'ai fait mai 68, moi je n'ai jamais vu ça" : une manifestante choquée par les tirs de grenades entendus au début des manifestations

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Mathilde Piqué & Léna Ménager - édité par La rédaction numérique de RTL

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Malgré les gaz lacrymogènes, les fumées noires des véhicules et vélos incendiés, les affrontements et les innombrables pillages qui ont secoué Paris, des milliers de manifestants ont défilé dans le calme pour tenter de faire entendre leur soutien aux jeunes et leurs revendications sur le pouvoir d'achat samedi 17 octobre.

Martine, 70 ans, venue manifester avec son gilet jaune, n'a pas lâché la main de son mari, choquée par les tirs de grenades entendus au début des manifestations. "On a été nassés depuis le début, on nous laisse rentrer, on ne peut pas manifester. C'est un scandale ! On n'a pas le temps de dire ouf, qu'ils sont déjà en train de taper. J'ai fait mai 68, moi je n'ai jamais vu ça", a confié la retraitée à RTL.

Ce samedi après-midi, il y avait autant de revendications que de manifestants à Paris. Stella, travailleuse sociale, payée 1.900 euros net par mois, a dénoncé "un salaire de misère", au micro de RTL. "Je galère, je suis toute seule, je dois payer un appart, tout ce qui va avec. Ça peut être assez stressant. Dans un quotidien, c'est assez épuisant de tout le temps devoir tout calculer."

"Le lycée s'écroule, on a des fuites d'eau, les toilettes sont régulièrement bouchées"

Dans le cortège, il y avait de très nombreux jeunes, comme Prune, lycéenne en banlieue parisienne, qui a participé au blocage de ces dernières semaines. "C'est pitoyable dans notre lycée, témoigne-t-elle. Il manque déjà deux professeurs depuis le début de l'année. Le lycée s'écroule, on a des fuites d'eau, les toilettes sont régulièrement bouchées. Ce n'est pas possible, on ne peut pas nous demander d'exceller dans ces conditions-là."

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Juste à côté d'elle, sa mère, Marie, était venue manifester en soutien. Mais cette psychologue à l'hôpital dénonce aussi un manque de moyens pour les services publics. "C'est dur, très dur. On ne peut plus travailler. L'État ne fait pas ce qu'il devrait faire, c'est-à-dire soigner les gens. Il n'y a rien qui va."

Ces manifestants pacifiques ont craint toutefois que les violences en marge du cortège ne fassent oublier leurs revendications comme Sophie, fonctionnaire. "La grande majorité des gens qui sont là, ils dansent, ils font la fête, ils revendiquent. Ils sont contre les violences, quelles qu'elles soient d'ailleurs, mais particulièrement quand on est armé."

La journée de mobilisation a rassemblé 550.000 personnes en France, selon le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez, et 800.000, selon les organisateurs.

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