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"Pandora papers" : pourquoi le nom de DSK apparaît-il dans cette affaire ?

ÉCLAIRAGE - Selon l'enquête, l'ex-directeur général du Fonds monétaire international (FMI), devenu consultant et conférencier, a fait transiter plusieurs millions de dollars d'honoraires par une société marocaine exempte d'impôts.

Dominique Strauss-Kahn en septembre 2018
Dominique Strauss-Kahn en septembre 2018
Crédit : JOEL SAGET / AFP
Marie-Pierre Haddad & AFP

11,9 millions de documents. 600 journalistes. 14 sociétés de services financiers, et la mise au jour plus de 29.000 sociétés offshores. L'affaire est tentaculaire et l'enquête, baptisée, "Pandora Papers" est colossale. 

Plusieurs dirigeants, dont le premier ministre tchèque, le roi de Jordanie ou les présidents du Kenya et d'Équateur, ont dissimulé des avoirs dans des sociétés offshore, notamment à des fins d'évasion fiscale, selon une enquête publiée dimanche 3 octobre par le Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ).

Dominique Strauss-Kahn, l'ancien ministre français et ex-directeur général du Fonds monétaire international (FMI), a fait transiter plusieurs millions de dollars d'honoraires de conseil à des entreprises par une société marocaine exempte d'impôts, selon les documents examinés par l'ICIJ. 

2,4 millions d'euros

L'ancien patron du Fonds monétaire international a implanté dans des pays à la fiscalité avantageuse les sociétés via lesquelles il se fait rémunérer pour ses activités de conférencier et de consultant, selon l'émission Cash Investigation de la chaîne France 2 qui a participé à l'enquête journalistique des "Pandora Papers". 

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Parmi les documents étudiés, Cash Investigation s'est penchée sur des éléments comptables de la société Parnasse International, créée par l'ex-ministre socialiste français en mai 2013. Celle-ci est établie dans une zone franche du Maroc, la Casablanca Finance City (CFC), ce qui lui a permis une exonération totale d'impôt sur les sociétés pendant cinq ans puis d'un plafonnement à 8,75% par la suite.
 
D'autres documents montrent que Dominique Strauss-Kahn est par ailleurs intervenu comme consultant auprès du Maroc en 2012-2013 pour "peaufiner le cadre juridique de la CFC" et a été rémunéré 2,4 millions d'euros pour cela, rapporte Cash Investigation qui ne parle à aucun moment d'illégalité. 

Des impôts à hauteur de 23,8%

Dans un tweet, DSK a rejeté ces mises en cause. "Quand la méchanceté devient mensonge. Vos équipes de professionnels auraient pu vérifier que je suis résident fiscal marocain depuis 2013 et que j'y paye mes impôts à hauteur de 23,8% de mes bénéfices, soit 812.000 euros pour les années 2018, 2019 et 2020", écrit-il. 

Sollicité par l'AFP, son avocat, Me Jean Veil, n'a pas fait de commentaire. Après avoir été placé pendant plusieurs années sous surveillance, le Maroc est sorti début 2021 de la liste grise de l'Union européenne relative aux juridictions non coopératives à des fins fiscales. L'enquête de Cash Investigation pointe également la création de Parnasse Global Limited en avril 2018 aux Émirats arabes unis. Dans ce pays où il n'y a pas de registre public des entreprises, un élément d'opacité favorable à l'évasion fiscale rappelle Cash Investigation, l'entreprise de DSK ne paie aucun impôt. 

Ces deux sociétés reçoivent les honoraires de DSK pour les conférences qu'il donne dans le monde entier et ses conseils aux entreprises et aux dirigeants. Documents à l'appui, Cash Investigation affirme qu'il a notamment conseillé le président congolais Denis Sassou-Nguesso pour plaider la cause du Congo, pays très endetté, auprès du FMI. 

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