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Évasion fiscale : qu'est ce que les "Pandora Papers" ?

ÉCLAIRAGE - Depuis ce dimanche, une enquête intitulée "Pandora Papers" mets en cause plusieurs célébrités et dirigeants politiques dans une affaire d'évasion fiscale. Qui dirige cette enquête ? Qui sont les personnes visées ?

Pandora Papers
Pandora Papers
Crédit : LOIC VENANCE / AFP
Romain Giraud & AFP

Plusieurs célébrités et dirigeants politique sont accusés depuis ce dimanche 3 octobre d'avoir dissimulé de l'argent dans des sociétés offshore (hors du pays de résidence de son titulaire), notamment à des fins d'évasion fiscale, selon une enquête publiée par le Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ). 

L'enquête baptisée "Pandora Papers", en référence à la légendaire boîte de Pandore et à laquelle ont collaboré environ 600 journalistes, s'appuie sur quelque 11,9 millions de documents, qui proviennent de 14 sociétés de services financiers. Elle révèle notamment l'existence de plus de 29.000 sociétés offshores à travers le monde. Si cette enquête a un écho retentissant, le ICIJ, ce comité de journalistes d'investigation n'est pas connu du grand public. Mais alors, qui compose ce collectif ?

Créé en 1997 par le Centre américain pour l'intégrité publique, l'ICIJ est une entité indépendante depuis 2017. Son réseau compte 280 journalistes d'investigation dans plus de 100 pays et territoires, ainsi que quelque 100 médias partenaires (en France, Le Monde, la société de production Premières Lignes, productrice de l'émission Cash Investigation sur France 2, et la cellule investigation de Radio France font partie du comité). 

L'ICIJ s'est fait connaître, début avril 2016, avec la publication des "Panama Papers", une enquête appuyée sur quelque 11,5 millions de documents provenant d'un cabinet d'avocats panaméen. Cette publication avait déjà provoqué une onde de choc mondiale, entraînant notamment la démission du Premier ministre islandais, Sigmundur David Gunnlaugsson puis du Premier ministre pakistanais Nawaz Sharif.

Qui est mis en cause ?

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De la politique à la musique, en passant par le sport, des personnalités de tous milieux sont citées. Près de 300 dirigeants politiques actuel ou passé sont visés, dont des Français, à l'image de Dominique Strauss-Kahn. L'ex-Premier ministre britannique Tony Blair, le roi Abdallah de Jordanie, le Premier ministre et milliardaire tchèque Andrej Babis ou encore des proches du président russe Vladimir Poutine sont particulièrement dans le viseur de cette enquête. 

Parmi les célébrités, on compte la chanteuse Shakira, la mannequin allemande Claudia Schiffer ou encore le footballeur argentin du Paris Saint-Germain Angel Di Maria, qui aurait créé une entreprise au Panama avant son arrivée au Real Madrid en 2014, pour exploiter ses droits à l'image sans les déclarer. 

Même si une bonne partie des révélations des  "Pandora Papers" ne sont cependant pas illégales, et que ces faits ne sont pas susceptibles de poursuites judiciaires dans la plupart des pays, le but de l'ICIJ est le mettre en évidence, entre autres, le décalage entre le discours pro-transparence de certains et leur placement dans des paradis fiscaux. 

Plusieurs démentis depuis la publication de l'enquête

Les réactions des principaux mis en cause ne se sont pas faites attendre. La Jordanie a dénoncé comme "déformées" des informations publiées sur des avoirs du roi Abdallah II dans des sociétés offshore à l'étranger, estimant qu'elles constituaient une "menace pour la sécurité du monarque et de sa famille". Dans un communiqué publié à Amman, le palais royal a reconnu qu'Abdallah II possédait des propriétés aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, mais affirmé qu'elles avaient été financées "personnellement" par le monarque

Le Kremlin, de son côté, a qualifié d'infondées les allégations, affirmant que plusieurs proches du président Vladimir Poutine possédaient des richesses dissimulées par des montages offshore. "Ici, nous avons simplement affaire à un ensemble d'allégations tout à fait infondées. Quand il y aura des publications sérieuses, fondées sur des choses ou faisant référence à des choses sérieuses, alors nous en prendrons connaissance avec intérêt", a dit à la presse le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov. 

Par ailleurs, les agents de Shakira et de Claudia Schiffer ont affirmé qu'il ne s'agissait pas d'évasion fiscale. Angel Di Maria ne s'est pas exprimé sur le sujet. 

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