3 min de lecture Panama Papers

"Panama papers" : LSK, l'ancien fonds d'investissement de Dominique Strauss-Kahn, ciblé par les révélations

Le nom de la société LSK, un temps dirigée par l'ancien président du FMI, refait surface dans un nouvel article consacré aux révélations des "Panama papers".

DSK à Paris, le 26 juin 2013. (Archives)
DSK à Paris, le 26 juin 2013. (Archives) Crédit : MARTIN BUREAU / AFP
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Clémence Bauduin
Journaliste

En octobre 2013, Dominique Strauss-Kahn devient le président de Leyne, Strauss-Kahn & Partners (LSK), un fonds d’investissement luxembourgeois créé par son associé, Thierry Leyne. Ce 6 avril 2016, Le Monde révèle que ce même fonds a permis à des clients d'ouvrir des sociétés offshore dans des paradis fiscaux. Le quotidien français s'appuie sur les "Panama papers", 11,5 millions de fichiers issus des archives du cabinet panaméen Mossack Fonseca, spécialiste de la domiciliation de sociétés offshore, auxquels il a eu accès avec 108 autres rédactions de 76 pays.

Les "Panama papers" révèlent qu’outre des milliers d’anonymes, "de nombreux chefs d’État, des milliardaires, des grands noms du sport, des célébrités ou des personnalités sous le coup de sanctions internationales ont recouru à des montages offshore pour dissimuler leurs actifs". Ce qui, depuis le 3 avril, est connu comme la plus grosse fuite de documents jamais traitée par les médias, rappelle Dominique Strauss-Kahn au bon souvenir des autorités financières.

Assya Asset Management Luxembourg, la filiale utile

C'est précisément une filiale de LSK, Assya Asset Management Luxembourg (AAML) qui a créé et administré pas moins de 31 sociétés offshore enregistrées aux Seychelles, aux îles Vierges britanniques, au Panama et à Hongkong, selon les informations du Monde. Ces sociétés auraient permis d'ouvrir des comptes dans des paradis fiscaux - Suisse, Panama, Luxembourg ou Hongkong - en préservant l'anonymat des bénéficiaires. Parmi eux, Le Monde souligne la présence "de riches particuliers français, des producteurs audiovisuels asiatiques, un important groupe d’aménagement parisien qui se développe en Asie". "Il ne fait guère de doute qu’AAML, filiale de LSK, était directement impliquée dans cette activité offshore", poursuit le quotidien.

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Selon les précisions du Monde, l’activité offshore d’Assya Asset Management Luxembourg a largement précédé l’arrivée de Dominique Strauss-Kahn à la présidence du groupe LSK. À l'époque, AAML s’appelait encore MZ Finance : "M" pour Jean-Christophe Montant et "Z" pour Fabien Zuili, les cofondateurs français de la société. Ensemble, ils ont enregistré des sociétés offshore auprès de Mossack Fonseca dès 2007, "tantôt pour ouvrir un compte en banque, tantôt pour un coffre-fort en Suisse". Les malversations se sont poursuivies au fil des fusions, en 2010, 2012, puis en octobre 2013, lorsque Anatevka est devenue LSK et que Dominique Strauss-Kahn en a pris les rênes, avec pour objectif de "développer une activité de banque d’affaires internationale".

Une opacité "déstabilisante" selon DSK

Le consortium de journalistes d'investigation travaillant sur les "Panama papers" a pu examiner des échanges électroniques de la société LSK avec Mossack Fonseca qui étayent ces soupçons. "Les noms de plusieurs employés d’AAML, dont son patron, Jean-Christophe Montant, et son numéro deux, Alain Gaignage", y figurent bel et bien, d'après Le Monde

De son côté, l’entourage de Dominique Strauss-Kahn assure que l'ancien ministre de l'Économie "n’était pas au courant de cette activité de domiciliation offshore de LSK et ne connaît pas Fabien Zuili". Le Monde fait pourtant remarquer que la "griffe" de DSK a nécessairement été apposée sur certains documents. Ironique, le quotidien invite à se remémorer le temps où DSK condamnait les "conséquences injustes" des paradis fiscaux. C'était en juin 2013, lors de son audition par la commission d’enquête sur le rôle des banques et des acteurs financiers dans l’évasion fiscale, à retrouver ci-dessous. "C’est cette opacité-là, renforcée par les territoires offshore, qui est très déstabilisante", lançait-il alors à son auditoire.

>
Audition de Dominique Strauss-Kahn sur le rôle des banques dans l'évasion fiscale
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2016-04-06 11:58:30
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