3 min de lecture Élections municipales

Municipales : Marine Le Pen prête à "discuter" alliances avec les LR et les anti-Macron

La présidente du Rassemblement national a notamment lancé "un appel vibrant à tous ceux qui, chez LR, n'ont pas envie d'être embrigadés dans l'armée d'Emmanuel Macron".

Marine Le Pen en meeting à Villeblevin, dans l'Yonne, le 21 mai 2019
Marine Le Pen en meeting à Villeblevin, dans l'Yonne, le 21 mai 2019 Crédit : FRANCOIS GUILLOT / AFP
Léa Stassinet
Léa Stassinet
et AFP

Forte de sa victoire aux européennes, Marine Le Pen a déjà la tête aux élections municipales de l'an prochain. Depuis La Rochelle, où se réunissait ces 15 et 16 juin le conseil national du Rassemblement national, la présidente du parti s'est dite prête à "discuter" avec les Républicains et les anti-Macron. 

"Je lance un appel vibrant à tous ceux qui, chez LR, n'ont pas envie d'être embrigadés dans l'armée d'Emmanuel Macron. (...) Nous sommes prêts à discuter avec eux, à mettre en oeuvre des plateformes d'action communes", a déclaré la présidente du RN. Cet appel, qui s'adresse aussi aux anti-Macron, vise à construire une "grande force d'alternance qui devra voir d'ici trois ans la défaite d'Emmanuel Macron à l'élection présidentielle", a expliqué la leader du parti arrivé en tête aux européennes devant la majorité.

Rappelant qu'une municipale peut se gagner en duel mais aussi en triangulaire ou quadrangulaire, elle n'a pas voulu dire combien de listes son parti allait présenter. En 2014, le RN avait présenté près de 600 listes mais un tiers des conseillers municipaux ont démissionné depuis. Dans son discours, Marine Le Pen a défendu une stratégie "de maillage territorial" et "d'implantation". Les municipales sont "la première marche d'une séquence territoriale" qui mènera aux élections départementales et régionales en 2021. 

Le Rassemblement national sera présent "dans tous les départements" et va en "gagner", a-t-elle affirmé, en faisant valoir que son parti avait remporté les européennes dans 66 départements métropolitains. 

"Ne pas faire de figuration"

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Mais le RN ne va pas "aller faire de la figuration dans des villes où (il a) peu de chances d'être élu", a admis sur France Inter Sébastien Chenu, porte-parole du parti. Il y aura de fait "plus de maillage dans des endroits où nous sommes puissants électoralement", renforçant les fiefs du RN dans les régions Hauts-de-France, Provence Alpes-Côte d'Azur, Grand Est et Occitanie. 

Le RN entend regagner la dizaine de villes conquises en 2014 pour "irriguer" autour, comme près d'Hénin-Beaumont, dans le Pas-de-Calais, remportée dès le premier tour par Steeve Briois, 1er vice-président du parti. Suivant cette "stratégie de l'inondation", le parti mise sur des candidats aux municipales issus de cantons gagnables qui seront en capacité de se présenter aux élections locales suivantes. Il investira "plein" de jeunes, après le succès de sa tête de liste aux européennes Jordan Bardella, âgé de 23 ans, promu dimanche 16 juin 2e vice-président du parti. 

Perpignan convoitée par Louis Aliot

Le RN n'espère pas beaucoup de victoires dans l'ouest, et ne conduira pas de liste à Paris. 
La ville emblématique briguée sera Perpignan, 122.000 habitants, que le député Louis Aliot, compagnon de Marine Le Pen, convoite sans étiquette pour faciliter le "dialogue". À ce jour, la plus grosse ville tenue par le RN est Fréjus, 53.000 habitants, dans le Var. 

Quant aux candidats investis, un effort particulier va être mis sur leur formation et leur accompagnement pendant le mandat. Les conseillers municipaux ont "sous-estimé la difficulté d'être élus de l'opposition" et le parti ne les avait "peut-être pas assez suivis", concède le RN. 

Le Pen capable "de compromis" en cas d'alliances

En vue des alliances avec les Républicains, en crise profonde après leur débâcle aux européennes, Marine Le Pen a assuré être capable "de compromis" et que "chacun peut conserver très bien son identité, l'appartenance à sa formation, son parcours et en même temps travailler" avec le Rassemblement national. 

Pour ceux qui hésiteraient à franchir le pas d'une adhésion, l'ancien ministre sarkozyste Thierry Mariani, élu eurodéputé sur la liste du RN mais qui n'a pas sa carte au parti, va relancer en septembre son ancien courant Droite populaire, en "satellite" du RN, à l'instar du mouvement Agir, qui réunit d'anciens LR pro-Macron. Le RN est "incontournable dans l'opposition mais a besoin de forces d'appoint", explique Thierry Mariani, tout comme l'ancienne députée du Rassemblement national Marion Maréchal, qui brûle de bâtir des "coalitions" entre LR et le RN.

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