3 min de lecture La République En Marche

Municipales : "Cela révèle les trois péchés originels de la macronie", dit Sportouch

ÉDITO - Benjamin Sportouch estiment que la campagne pour les élections municipales de l'année prochaine font surgir "les trois péchés originels de la macronie".

RTL Soir On Refait le monde - Sotto RTL Soir Thomas Sotto iTunes RSS
>
"Les municipales révèlent les trois péchés originels de la macronie", dit Sportouch Crédit Image : bertrand GUAY / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
La page de l'émission
245x300_Sportouch
Benjamin Sportouch édité par Eléanor Douet

Les élections municipales, qui auront lieu l'année prochaine, donnent le tournis à La République En Marche, le parti du président. Cela révèle au grand jour ce qu'on pourrait appeler les trois péchés originels de la macronie.

Le premier d'entre eux, c'est l'arrogance et pourtant on se souvient que le mot d'ordre dans la majorité ces derniers temps c'était de gommer ce défaut qui colle toujours à la peau d'Emmanuel macron et de ses lieutenants.

Sauf qu'on a vu resurgir ce défaut - de jeunesse diront certains mais qui commence à durer - dans les investitures pour les municipales. Et notamment par rapport à l'allié principal d'En Marche : le MoDem. Car dans plusieurs grandes villes, des marcheurs vont se lancer face à des sortants soutenus par le parti de François Bayrou. On a connu plus fair-play.

Faut-il rappeler qu'Emmanuel Macron doit son élection au ralliement de François Bayrou en 2017 ? Sauf que maintenant, comme le confiait un ténor de la majorité goguenard le patron du MoDem ne risque pas de se représenter en 2022. Autrement dit, la concurrence politique étant passée, les égards ne sont plus de mise.

Il y a aussi les petites moqueries du quotidien

À lire aussi
Aurore Bergé sur le perron de l'Élysée, le 17 octobre 2017 réforme des retraites
Retraites : "Mélenchon, Le Pen et la CGT" sont "main dans la main", estime Aurore Bergé

Il faut aussi souligner les petites moqueries du quotidien. Par exemple, ce séminaire de La République En Marche pour des candidats aux municipales qui se tenait à huis clos la semaine dernière, comme le révèle Le Parisien. Il y avait des jeux de rôle, où là encore des élus MoDem ont le mauvais rôle.

Alors les marcheurs plaideront la maladresse, mais dans maladresse il y a mal, le mal est donc fait et il est aussi révélateur d'une forme de mépris dont le parti présidentiel n'arrive décidément pas à se départir.

L'ancien monde rattrape le nouveau monde

Le deuxième pêché originel de la macronie, c'est de croire que la forme du parti traditionnel est bonne à mettre à la poubelle au profit d'un mouvement où tout le monde serait au même niveau - une sorte d'horizontalité égalitariste. Sauf que sur le terrain, cela se transforme en anarchie. Chacun se voit calife à la place du calife.

Par exemple les référents locaux, qui sont l'échelon de base des marcheurs, ne voient souvent aucune hiérarchie entre eux et le député du coin et autant vous dire qu'à l'occasion des municipales, ils se voient tous candidats à la mairie ou faiseurs de maires. Tous pensent aussi ne devoir leur mérite qu'à une seule personne : au chef suprême, Emmanuel Macron.

Une structure pyramidale qui montre ses limites, au point que certains caciques d'En Marche voudraient construire un vrai parti, moins "gazeux" comme ils le disent eux-mêmes, plus structuré. Bref sur le modèle du PS ou des Républicains. Voilà le nouveau monde rattrapé par l'ancien.

Un manque de démocratie déploré

Enfin, la troisième faille macronienne est liée à l'hyper centralisation du pouvoir autour d'Emmanuel Macron : c'est le manque de démocratie interne. Par exemple, à Paris, la situation s'envenime. L'ancien porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux, qui était et qui est peut être toujours le candidat de l'Élysée, doit faire face à une fronde de ses deux principaux concurrents qui se coalisent. C'est peut-être d'ailleurs le premier acte de rébellion de ce quinquennat contre le chef de l'État.

Il serait franchement plus simple d'organiser une primaire à la rentrée de septembre. La transparence y gagnerait. Cela éviterait qu'à l'arrogance, au culte du chef s'ajoute, en macronie, une coupable opacité !  

La rédaction vous recommande
Lire la suite
La République En Marche Élections municipales Emmanuel Macron
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants