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Violences policières : "Les abus ne sont pas acceptables", souligne Mazerolle

ÉDITO - Alors que le procureur de Paris a indiqué que des policiers allaient être renvoyés en correctionnel, Olivier Mazerolle rappelle que les violences et "abus ne sont pas acceptables".

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Violences policières : "les abus ne sont pas acceptables" rappelle Olivier Mazerolle Crédit Image : AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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Olivier Mazerolle
Olivier Mazerolle édité par Marie Sasin

Le procureur de Paris, Rémy Heitz, a mis les choses au point dans une interview au Parisien ce vendredi 31 mai. Des policiers vont être renvoyés en correctionnel d'ici la fin de l'année pour des violences commises contre les "gilets jaunes". Une nécessité car il en va de la crédibilité de la justice et de la réputation de la police.

C'est évidemment un sujet délicat. La police est un rempart pour la nation, quand il s'agit de défendre la démocratie, pour l'État quand il s'agit de maintenir l'ordre, pour chacun d'entre nous qui sommes bien contents de trouver des policiers face aux délinquants.

Pour autant les abus ne sont pas acceptables. C'est normal, facile à dire, plus difficile à appliquer dans la fièvre des événements. Rémy Heitz annonce que sur 174 enquêtes concernant les forces de l'ordre, 57 ont été transmises au parquet et huit informations judiciaires ont été ouvertes.

Des enquêtes plus longues

Le procureur justifie un temps d'enquête beaucoup plus long pour examiner les agissements des policiers que pour ceux des manifestants. Il explique que les policiers, au contraire des manifestants, disposent du droit légal de recourir à la force. Il faut donc mener une enquête scrupuleuse en décortiquant les vidéos et entendant de multiples témoignages pour déterminer s'ils se trouvaient, ou pas, en état de légitime défense.

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En droit, il a tout à fait raison. Sa parole aurait sans doute plus de force si dans le passé la justice n'avait pas lambiner. Il a fallu, par exemple, attendre trois ans pour qu'un CRS soit renvoyé aux assises, accusé pour avoir lancé, sans raison apparente, en 2016 une grenade de désencerclement. Un geste qui avait alors coûté l'usage d'un œil à un manifestant.

Des policiers mobilisés de façon intensive

La psychologie compte beaucoup dans ce genre d'affaires. Autant les abus sont inadmissibles, autant il est compliqué de réprimander, ou pire encore de poursuivre des policiers surmenés, fatigués et nargués pendant des heures par des manifestants qui parfois recherchent la confrontation.

Les syndicats protestent contre ces mises en cause. Au-delà des protestations publiques, les policiers savent que certains parmi eux ont pu commettre des fautes. Les abus doivent être sanctionnés. Les policiers sont les dépositaires de l'ordre public et assermentés. Ils se doivent d'être exemplaires en toutes occasions.

C'est la raison pour laquelle on les respecte mais il ne suffit pas de réprimer. Il faut tout passer en revue et notamment se demander s'il est normal d'équiper des hommes avec des LBD alors qu'ils ne sont pas formés pour les utiliser.

Les violences policières dans les banlieues

Il s'agit d'un sujet encore plus délicat. Les policiers sont victimes d'agressions inadmissibles. Ils y laissent parfois la vie. La tension est extrême mais ils le disent eux-mêmes : dans les contrôles d'identité ils sont souvent livrés à eux-seuls. Ils oublient la retenue qu'on leur enseigne à l'école de police. Ils tutoient.

Faute de temps, il n'y a plus de réunions régulières dans les commissariats sur ces sujets, cela ne justifie en rien le comportement des voyous mais l'impolitesse et parfois les brutalités policières à l'occasion de contrôles plus musclés contribue à aggraver un climat déjà tendu. Ces sont des questions qui mériteraient d'être traitées avec beaucoup de vigilance et en amont pour le bien de tous.

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ÉDITO - Alors que le procureur de Paris a indiqué que des policiers allaient être renvoyés en correctionnel, Olivier Mazerolle rappelle que les violences et "abus ne sont pas acceptables".
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2019-05-31 21:02:00
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